Convergences africaines

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Aziz

Aziz Je suis depuis mars 2008 conseiller municipal à la ville de Rouen

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Nouvelle Année !

Par Aziz :: 08/02/2012 à 21:22
je ne saurais commencer ce premier billet de 2012 sans vous adresser, et tout particulièrement à ceux d'entre vous à qui je n'ai pas encore eu l'occasion de le faire de vive voix ou sur les réseaux sociaux, mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. Puisse-t-elle apporter bonheur, santé et réussites à vous et à vos proches. Nous allons avoir, dans les prochains mois, fréquemment l'occasion de nous parler ici, vu l'importance et les enjeux des élections nationales qui se préparent en France. Elles portent d'ailleurs mal leur nom, en l'occurrence, tant la gravité de la crise que nous traversons leur donne naturellement une dimension européenne et internationale. Les résultats de la présidentielle et des législatives pèseront lourd en dehors de nos frontières : ils constitueront soit le tremplin pour une inflexion nette de la construction européenne, sociale et démocratique, et le point de démarrage pour une nouvelle dynamique de la gauche européenne ... soit une défaite supplémentaire de cette dernière. Défaite qui avaliserait de fait le directoire "sarko" et accélérerait un peu plus encore la fin de l’État Providence construit après guerre.

Joyeusses Fêtes!

Par Aziz :: 29/12/2011 à 23:00
A Noël je n'ai pas plus envie de rose que je ne voudrais de neige au printemps. J'aime chaque saison pour ce qu'elle apporte.

Shakespeare
 

Le Discours de SARKO à Dakar !

Par Aziz :: 29/12/2011 à 22:43

Je ne pouvais pas laisser un chef d'état Français  insulter les africains, je vous laisse découvrir Le discours inacceptable de Nicolas Sarkozy, par Boubacar Boris Diop

Il est peut-être écrit quelque part qu´entre Paris et ses anciennes colonies d´Afrique noire rien ne doit se passer selon les normes admises par le reste du monde. La brève visite de Nicolas Sarkozy au Sénégal aurait pu passer inaperçue : elle lui a au contraire servi de prétexte à un discours inacceptable, que jamais il n´aurait osé tenir hors du pré carré, devant le plus insignifiant de ses pairs. En Tunisie et en Algérie, il a bien compris qu´il ne lui serait pas permis de se comporter comme en pays conquis.

Par Boubacar Boris Diop, Intellectuel, Ecrivain et Journaliste sénégalais

 

 

 

 

Boubacar Boris Diop

Il n´a d´ailleurs pas eu droit au Maghreb à l´accueil populaire, folklorique à souhait et dégradant, qui lui a été réservé à Dakar. Dans cette atmosphère rappelant le temps des commandants de cercle, il a prononcé une sorte de discours sur l´état de l´Union… française, sans même qu´on puisse lui reprocher de s´être trompé d´époque. Car il ne faut pas s´y laisser prendre : bien qu'il ait prétendu s´adresser à l´Afrique entière, Sarkozy n´est pas naïf au point de s´imaginer que la voix de son pays porte aussi loin que Johannesburg, Mombasa ou Maputo. Si les intellectuels de cette partie du continent ont, pour une fois, prêté attention aux propos d´un président français, c´est parce qu´on leur en avait préalablement résumé le contenu. Depuis quelques jours, ils le découvrent par eux-mêmes avec stupéfaction en même temps que les réalités de la Françafrique.
On comprend leur colère : même dans les pays francophones où on croyait avoir touché le fond depuis longtemps, tout le monde est d´avis que cette fois-ci la mesure est comble.
Etre un chef d´Etat relativement jeune et inexpérimenté ne donne à personne le droit d´être aussi puéril. Lorsqu´on dirige un pays important, on ne peut pousser trop loin le jeu du “moi-je-ne-suis-pas-comme-les-autres”. Ce manque d´humilité d´un homme que l´on dirait encore choqué d´avoir si aisément atteint son but l´a amené à aligner, devant un auditoire particulièrement averti, les plus désolants clichés de l´ethnologie coloniale du dix-neuvième siècle. La science politique s´intéressera peut-être un jour à ce cas de figure unique : un président étranger faisant, du haut de son mètre soixante quatre, le procès de tous les habitants d´un continent, sommés d´oser enfin s´éloigner de la nature, pour entrer dans l´histoire humaine et s´inventer un destin. Remises au goût du jour par des auteurs français surtout soucieux de flatter la négrophobie ambiante, ces thèses servent à conforter une lecture révisionniste de la colonisation, du génocide des Tutsi du Rwanda et de la Traite négrière. La phrase “Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d´autres Africains” est d´une colossale ineptie, elle est tout simplement indigne d´un président de la République. C´est une insulte à la mémoire des victimes et une infâme relativisation de la violence fondamentale du commerce triangulaire. Jamais, dans toute l´histoire de l´humanité, une nation n´en a opprimé une autre sans avoir bénéficié de la complicité, voire du zèle des élites du pays conquis. Aux dires de Robert Paxton – dont le travail sur Vichy est une référence absolue – Adolf Hitler n´était pas spécialement intéressé par l´occupation totale de la France : il lui suffisait de la neutraliser et d´en faire une simple base arrière. Ce sont les autorités étatiques françaises de l´époque qui l´auraient vivement pressé de se montrer un peu plus ambitieux, que diable. Et qui donc, sinon l´écrivain Charles Maurras, a salué comme une “divine surprise” l´entrée des chars allemands dans Paris le 14 juin 1940 ? Le constat vaut pour d´autres parties du globe. Sans les coupables hésitations de Moctezuma – un homme de faible caractère à la tête du puissant empire aztèque – et le concours des caciques de nombreuses tribus indiennes, Hernàn Cortès et sa poignée de conquistadors n´auraient pas réussi à soumettre à leur loi la quasi-totalité de l´actuelle Amérique latine.
Le président français a dépassé les limites du tolérable et – bien au-delà des fameux “pays du champ “ – beaucoup de descendants d´esclaves vont se demander comment on en est arrivé à une situation oú un responsable européen peut se permettre de tenir publiquement, sur le lieu même du crime, de tels propos sur la Traite négrière. La référence à Césaire n´y changera rien. Comparaison n´est certes pas raison mais Sarkozy n´a pas de chance : au moment même où il évoquait avec une émotion feinte “ le bruit d´un qu´on jette à la mer”, un Nègre – ou un Arabe - était enchaîné et roué de coups à l´aéroport de Roissy.
A Dakar, le président de la République française a refusé d´appeler l´université par son nom, parce qu´il lui en coûtait sans doute de prononcer celui de Cheikh Anta Diop. Cette attitude ne le grandit pas, pour dire le moins. Elle met à nu les limites d´un homme pourtant visiblement décidé à montrer ce jour-là qu´il était capable de parler d´autre chose – et sur un autre ton – que de “racaille” et de “karcher”. Son désir de proximité avec un public qu´il devait savoir hostile l´a peut-être un peu perdu. Le rôle de composition qu´il s´est inventé (“Je suis jeune et je te parle à toi, jeune d´Afrique“) témoignait de toute façon – soit dit au passage – d´un réel manque de délicatesse à l´égard de son vénérable hôte.
On n´aura pas la cruauté de faire remarquer à Sarkozy que le tutoiement nous rappelle, a nous autres, de bien mauvais souvenirs. Cela importe en définitive moins que son recours répété a un “je” plein de présomption. Il en faut pour s´imaginer que ni la vie, ni leurs parents ou leurs professeurs n´ont jamais rien appris aux jeunes Africains, qu´il y a toujours eu un abîme entre la Vérité et eux et que, lui Nicolas Sarkozy, allait une fois pour toutes le combler ce 26 juillet 2007. Mais l´étudiant le moins averti de l´assistance avait déjà maintes fois décortiqué Discours sur le colonialisme et entendu Césaire y réfuter l´un après l´autre, avec clarté et précision, les arguments servis par Sarkozy. Ce dernier ne le sait peut-être pas mais son discours de Dakar est bien plus vieux que lui-même. On peut se croire résolument tourné vers l´avenir alors qu´on a seulement les yeux rivés sur le rétroviseur de sa propre histoire.
Nicola Sarkozy a en outre cru devoir inviter son auditoire à distinguer entre les “bons” et les “mauvais” colonisateurs. Admettrait-il qu´un Allemand applique la même grille de lecture à l´histoire de son pays ? La France n´a été occupée par l´Allemagne que pendant cinq ans – et dans des conditions infiniment moins cruelles que la colonisation – mais on attend le jour où, au lieu de réfléchir sur un système de domination étrangère, violent et illégitime par sa nature même, quelqu´un aura l´audace de faire le tri entre les nazis de bonne volonté et les autres.
Dressant la liste des fléaux du continent, Sarkozy fait une discrète mention, “des génocides” dont la colonisation n´aurait en rien été “responsable”. Il faut s´y arrêter, comme chaque fois que l´on voit le mot “génocide” utilisé au pluriel par un représentant de l´Etat français. Le nouveau président est arrivé au pouvoir dans un contexte de très forte tension entre Paris et Kigali. L´implication de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda est si avérée que l´on sent parfois chez certaines autorités de l´Hexagone comme une tentation de passer aux aveux. C´est en réalité la seule option rationnelle dans ce difficile dossier. Malheureusement Paris court le risque, en créant un tel précédent, de voir s´ouvrir la boîte de Pandorre des sanglantes dérives de la Francafrique. Pour se tirer d´affaire, on essaie d´accréditer l´idée que le Rwanda n´était, tout bien considéré, qu´un génocide africain de plus et qu´on aurait tort d´en faire une grosse histoire. Avant Sarkozy, François Mitterrand et Dominique de Villepin – pour ne citer que ces deux-là – avaient essayé de se débarrasser, d´un haussement d´épaules désabusé, du million de morts rwandais. Or, cette étrange théorie des solutions finales quasi routinières en Afrique ne résiste pas à l´examen. Il se trouve en effet que le génocide, perçu comme le crime absolu par la communauté des nations, a été défini de manière particulièrement stricte par la Convention de Genève de 1948. Et au sens où l´entend celle-ci, le seul génocide sur le continent, au vingtième siècle, est celui des Tutsi du Rwanda en 1994. Les deux autres – la Shoah et le génocide arménien – ont eu lieu en Europe et le quatrième au Cambodge. Sarkozy ne pouvait ignorer cela. C´est donc à dessein qu´il a tenté de semer la confusion sur ce sujet douloureux, qui mérite mieux qu´un dérisoire traitement politicien.
Plus soucieux, curieusement, d´évoquer notre passé le plus lointain que le présent, l´orateur s´est gardé de la moindre allusion à la Françafrique, “le plus long scandale de la République”, selon le mot du regretté Francois-Xavier Verschave. Sarkozy était pourtant très attendu sur le sujet, car il aurait eu bien des choses à dire sur la politique africaine de la France depuis le début des années soixante. Il sait bien qu´après des independances de façade Paris a continué, entre coups d'Etat, soutien à des régimes dictatoriaux et contrôle total des leviers économiques et du personnel dirigeant, à faire la loi dans ses anciennes colonies. Il en est ainsi depuis le temps du général de Gaulle et ses successeurs, de gauche ou de droite, s'en sont toujours tenus à une ligne de conduite en fin de compte si profitable : langue de bois lénifiante sous les ors des palais et, dans l'ombre, le langage de la force avec son lot de coups tordus de divers réseaux et services, d'interventions militaires et d'assassinats ciblés de personnalités politiques.
On n'attendait certes pas de Nicolas Sarkozy qu'il regrette publiquement l´implication de son pays – qui ne fait plus l'ombre d'un doute – dans le génocide des Tutsi du Rwanda ; il n'allait pas non plus, dans un brusque accès de sincérité, se laisser aller à des états d'âme sur le rôle d'Elf et de certains grands groupes financiers – auxquels on le dit très lié – dans le pillage des ressources du continent. Personne, même dans ses rêves les plus fous, n'a jamais espéré le moindre aveu de cette nature : dans le monde tel qu'il va, les choses ne se passent pas ainsi. Qui ne s´est malgré tout surpris à guetter, ces dernières semaines, l´indice d´un début de changement ? La relation françafricaine a atteint, au sommet, un tel degré de putréfaction qu´elle se sait condamnée à terme. Du Rwanda à la Côte d´Ivoire – en passant par les péripéties de la succession d´Eyadéma – les avertissements n´ont pas manqué depuis bientôt quinze ans. Il eût été habile pour Sarkozy de se donner une aura de réformateur hardi en faisant de nécessité vertu. Mais même ce petit pas en avant, dicté par une prise en compte lucide des réalités du monde et des mutations de l´Afrique dite francophone, a paru d´une audace inouïe aux parrains de la Françafrique. Le candidat Sarkozy avait cru pouvoir déclarer que “la France n'a pas besoin de l'Afrique” mais il n´a pas dû être difficile de démontrer au président l´imprudence de tels propos. Son mutisme remarqué sur la Francafrique montre clairement qu´il n´a pas l´intention d´opérer une rupture qui mettrait dans l´embarras Idriss Deby, Sassou Nguesso et surtout son vieux complice Omar Bongo. Sans parler des amis qu´il ne va pas tarder à se faire : présidents en poste et jeunes dauphins encore imberbes se bousculent, paraît-il, au portillon…
Ceux-là l´ont entendu écarter toute idée de repentance le soir même de son élection et ils n´oseront jamais le fâcher par l´évocation de ce sujet, délicat entre tous. De toutes les anciennes puissances européennes, la France est la seule à avoir ce rapport quasi obsessionnel à son passé colonial. Le parlement y vote, avec une incroyable candeur, des lois négationnistes et sa classe politique semble faire de la question de la repentance une affaire d´Etat d´une importance exceptionnelle. On a envie d´inviter toutes ces personnes à plus de sérénité. Regretter les crimes de ses ancêtres est un acte que seule sa conscience peut dicter à un être humain. C´est, par ce fait même, un acte qui perd toute valeur s´il résulte d´une injonction extérieure. Il ne pourra certes jamais ressusciter les morts ou même guérir complètement les blessures de jadis mais il peut grandir celui qui est capable de s´élever à une telle hauteur et aider, parmi les nouvelles générations, à la réconciliation des coeurs et des esprits. Mais si on n´a pas la force de se repentir, on doit au moins avoir la décence de se taire. Lorsque Nicolas Sarkozy lance : “Jeunes d'Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance”, il commet une grave inversion des rôles. C´est le privilège de la victime et non du bourreau de décider s´il faut évoquer ou non des crimes si abominables. La réaffirmation constante par le second de son refus du repentir est une véritable maladie de l´âme. Une société dont les dirigeants et tant de citoyens n´ont avec leur passé que ce rapport de dénégation, compulsif et grimaçant, révèle à son insu le malaise qui le tenaille et mérite, en vérité, plus de compassion que de haine.
A entendre Nicolas Sarkozy en prendre ainsi à son aise avec la Traite négrière, on peut perdre de vue qu´elle a fait, sur plusieurs siècles, au moins deux cents millions de victimes. Ce dernier chiffre est donné par Senghor - dans l´important ouvrage qui lui est consacré par l´universitaire américaine Janet G.Vaillant. Peu porté à l´exagération en la matière, l´ancien président sénégalais explique très sobrement dans une lettre à sa biographe en quoi le “trafic de bois d´ébène” continue à peser à la fois sur le présent et sur le destin de l´Afrique.
Le poète de Joal a été cité à plusieurs reprises par Nicolas Sarkozy en des termes élogieux. Le plus ironique c´est que, quoi que l´on puisse penser de Senghor, il n´est pas certain qu´il aurait laissé un invité du Sénégal dire de telles énormités ce 26 juillet sans lui porter la réplique d´une façon ou d´une autre. Etre un habile politicien ne l´empêchait pas d´avoir, lui, de la fierté et le sens de l´Histoire.
Au-delà des rapports de suzerain à vassal que Sarkozy peut entretenir avec ses obligés de la Françafrique, ce qui est arrivé à Dakar interpelle aussi une certaine intelligentsia africaine francophone. Les désillusions nées des Indépendances – partis uniques, Guides-Infaillibles-de-la-nation. épidémie de coups d´Etat militaires et corruption – ont amené certains auteurs à soumettre l´Afrique à une critique sans complaisance. A partir de la fin des années 80 de nombreux textes ont été publiés par nos sociologues, historiens ou philosophes, avec l´intention louable de diagnostiquer le mal africain et de susciter les conditions psychologiques d´un sursaut. De façon moins élaborée mais souvent mus par la même volonté de favoriser un électrochoc, les romanciers faisaient de leur côté, avec la démesure et les effets de dilatation que seule autorise la fiction, le procès des systèmes politiques post-coloniaux. Les uns et les autres avaient malheureusement tendance à confondre Etat africain et société africaine. Celle-ci était soupconnée de couver, par le simple fait qu´elle restait elle-même, les germes de sa propre destruction, plusieurs fois annoncée à l´époque – puis aussitôt reportée sine die. C´était là l´exemple achevé d´une vision purement essentialiste de la réalité africaine, tournant autour d´elle-même, comme le serpent qui se mord la queue, avec une lassante monotonie. Négligeant les rapports de force politiques réels et l´impact décisif de l´Etat francais sur les luttes de pouvoir dans chaque pays de son ex-Empire d´Afrique subsaharienne, la réflexion se polarisait, avec une singulière obstination, sur les effets visibles du désastre au détriment de ses causes profondes, moins spectaculaires il est vrai. Cette littérature, en principe destinée aux Africains, a été en fait beaucoup plus lue par les Occidentaux. Ceux-ci en ont fait leurs délices et elle leur a procuré un exquis sentiment d´innocence. Ces auteurs balisaient à leur insu la voie à une négrophobie que l´on voit chaque jour un peu plus paisible et décomplexée mais qui sait être vulgaire et injurieuse à l´occasion. En quelques années, l´afro-pessimisme a été pour ainsi dire racialisé et vidé de l´énergie libératrice dont elle était potentiellement porteuse. En France et dans le reste de l´Occident, des essayistes africanisants s´en sont largement servis pour donner une seconde vie aux préjugés les plus incongrus sur le continent. Et très souvent ils se sont abrités derrière ces ouvrages pour convaincre de la pureté de leurs intentions un public assez peu averti. Il était en effet difficile de les accuser de racisme puisqu´ils ne faisaient que reprendre les analyses de leurs homologues de Dakar, Yaoundé ou Abidjan.
Les propos de Nicolas Sarkozy viennent en droite ligne de cet univers vaguement africanisant, si prompt à fustiger la concurrence mémorielle et une soi-disant tendance des Nègres à se présenter comme d´éternelles victimes des autres. Son meeting d´Agen le 25 juin 2006 est particulièrement révélateur de cette intime filiation. Sarkozy y avait été très dur contre : « ceux qui ont délibérément choisi de vivre du travail des autres, ceux qui pensent que tout leur est dû sans qu'eux-mêmes doivent rien à personne, ceux qui veulent tout tout de suite sans rien faire, ceux qui, au lieu de se donner du mal pour gagner leur vie, préfèrent chercher dans les replis de l'histoire une dette imaginaire que la France aurait contractée à leur égard et qu'à leurs yeux elle n'aurait pas réglée, ceux qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires, pour exiger une compensation que personne ne leur doit, plutôt que de chercher à s'intégrer par l'effort et par le travail, ceux qui n'aiment pas la France, ceux qui exigent tout d'elle sans rien vouloir lui donner, je leur dis qu'ils ne sont pas obligés de rester sur le territoire national.» Quatre jours plus tôt, il était l´invité de Franz-Olivier Giesbert à l´émission “Culture et dépendances”. Il y disait textuellement ceci : « J'ai reçu le père malien et le frère [d'un des deux jeunes électrocutés dans un transformateur EDF, origine des émeutes de novembre 2005]. Le père, qui est depuis trente ans en France, ne parlait pas français. Le fils, qui est né en France et va au Mali seulement pour les vacances, était en boubou.»
Que ce leader politique ait pu en vouloir à des émigrés maliens en train de faire le deuil de leur enfant d´être “en boubou” ou de ne pas parler français, donne la mesure de son mépris pour les Africains et pour leur culture. On aurait cependant tort d´oublier que cette façon de penser est aujourd´hui assez répandue en France. La sortie dakaroise de Sarkozy a retenu l´attention parce qu´il est un chef d´Etat mais il n´a rien dit que l´on n´ait lu ou entendu, au cours de la décennie écoulée, de la part de nombre d´intellectuels européens mais aussi, il faut bien le dire, de la part des penseurs africains eux-mêmes. Pour l´afro-pessimisme, qui a d´ailleurs toujours été un courant philosophique diffus et quasi insaisissable, l´heure devrait être à une révision déchirante. D´une partie de l´Afrique à une autre, voire d´un pays à un autre, des processus historiques singuliers et complexes sont à l´oeuvre. Il n´est pas raisonnable de s´en interdire l´examen minutieux, loin des a priori réducteurs. Autrement dit, le choix n´est pas seulement entre une glorification béate du continent africain et sa diabolisation à outrance. Ce sont là deux façons identiques de s´enfermer dans un tête-à-tête pernicieux avec un monde occidental trop souvent pris à témoin – au nom de quoi ? – de nos “temps glorieux” ou de notre “malédiction”. Instruire le procès des sociétés africaines est légitime mais il est essentiel de savoir très précisément à qui l´on parle. Et si l´on ne trouve pas un moyen sûr de s´adresser en priorité aux Africains, les choses resteront encore longtemps en l´état, au grand dam de nos populations.
On aimerait bien connaître le bilan que le président francais lui-même a fait, en son âme et conscience, de sa visite à Dakar. Se peut-il qu´il n´ait pas compris à quel point nous nous sommes sentis insultés ? D´un point de vue rigoureusement politique, son discours est une faute. Il ne tardera pas à s´en rendre compte : les Africains et les Nègres de la diaspora ne le lui pardonneront jamais. La bonne vieille langue de bois aurait mieux servi les intérêts de son pays. Elle lui aurait en outre évité ces effets oratoires si empruntés qu´ils en étaient parfois un peu pathétiques. A l´arrivée on a presque envie de remercier Nicolas Sarkozy d´être venu nous apporter, bien malgré lui, la bonne nouvelle : en Françafrique, depuis le 16 mai 2007, le Roi est nul.

Vivre d'abord philosopher aprés!

Par Aziz :: 29/12/2011 à 22:36

 

 

L’être humain est assurément la plus prodigieuse des créatures. Il est la preuve ardente de l’omniscience divin. Il doit, en conséquence, pour mériter cette supériorité sur toutes les autres créatures vivantes connues sur terre, rester digne en toute circonstance. Mais peut-on être digne dans la pauvreté ? Peut-on s’abstenir de voler, d’escroquer, de marauder, d’arnaquer lorsque c’est le seul moyen pour survivre ? Peut-on éviter de mendier lorsque c’est la seule voie pour se nourrir et nourrir sa famille ?

L’être humain est par ailleurs condamné à vivre en communauté. Malgré son désir naturel de liberté, il se définit fondamentalement par son appartenance à un clan, une tribu, une caste, une famille et, par extension, à une Cité. L’organisation démocratique de la Cité, qui est érigée en règle universelle et intangible malgré les dérives totalitaires trouvant leur terrain de prédilection en Afrique noire notamment, traduit la participation du citoyen à la gestion de son espace vital, au double plan national et local. Mais comment servir la communauté, comment exprimer sa citoyenneté lorsque les rigueurs de la conjoncture confinent les âmes à la recherche du minimum vital ?

Vivre d’abord, philosopher après! «Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté doit commencer par leur garantir l’existence» disait Léon Blum. La psychose de la faim conduit souvent les masses appauvries à des agressions irrationnelles sur les ressources communautaires et même au pillage du bien public. En effet, le sauve-qui-peut économique conduit à une gestion au jour le jour, plus consommatrice que protectrice, parfois plus destructrice que conservatrice qui plonge les masses démunies dans la spirale Population/Pauvreté/Environnement. Incontestablement, la misère suscite la précarité, inhibe la rationalité, grignote la dignité et brûle la conscience à petit feu.

L’existence précaire laisse peu de temps à la réflexion et il apparaît de plus en plus que l’ignorance et la pauvreté sont les grandes ennemies de la démocratie et de la citoyenneté. Le paysan qu’on forme sur les droits et les devoirs du citoyen envers le conseil rural préfère recevoir de l’engrais, du matériel agricole ou obtenir des marchés d’écoulement. Le temps qu’il passe à la formation l’empêche d’aller à la recherche de la «dépense quotidienne». De jeunes délinquants rongés par la faim volent les ampoules et les serrures dans les stades, écoles et autres édifices publiques pour les revendre à vil prix. Certains éleveurs démunis des moyens d’accès au forage, cassent les tuyaux de la société de distribution d’eau pour abreuver leurs troupeaux. Des populations poussées hors de leurs terroirs d’origines par la péjoration climatique et le dépérissement des activités agricoles occupent et obstruent la voie publique par des étalages de pacotilles où reproduisent un habitat villageois en plein centre urbain.

Dans une Afrique rongée par la pauvreté, le pouvoir est, comme le rappelle le politologue camerounais Achille Mbembe, «Le lieu du repas». La fonction ministérielle par exemple, accablée par la psychose du limogeage, n’est plus un sacerdoce mais un tremplin pour accéder à des privilèges jamais connus et extirper ses proches de la pauvreté. Au lieu de fructifier leurs longues années d’études en faisant valoir leur expertise, de hauts fonctionnaires se contentent de chanter les louanges du Président de la République pour éviter de se voir le pain retiré de la bouche.

La pauvreté conduit aussi à la marchandisation du vote. De pauvres citoyens acceptent moyennant des sommes dérisoires et du riz au gras à la mi-journée d’embarquer dans les cars «Taxi brousse» pour simuler un effet de masse et applaudir naïvement dans les meetings politiques. D’autres votent, sans conviction idéologique, pour le parti qui a distribué le plus de sacs de riz pendant la campagne avec la promesse de récidiver en cas de victoire. Généralement, le parti au pouvoir a toutes les chances de remporter les élections parce qu’il sait faire preuve de plus de largesses envers ses militants y compris en utilisant les moyens de l’Etat. Beaucoup d’électeurs sont également attirés par le parti au pouvoir pour des raisons alimentaires.

Bien souvent, faire la politique en Afrique ce n’est pas s’inscrire dans une idéologie, construire un programme ambitieux et le défendre auprès des électeurs, mais plutôt appâter les citoyens à coups de billets de banques, trouver des emplois parfois immérités aux militants, distribuer de vivres de soudure, verser de l’argent aux cas sociaux souvent douteux, bref, donner aux pauvres de petits poissons au lieu de leur procurer une bonne canne à pêche. Les partis politiques profitent bien de l’indigence et de l’ignorance des masses pour leur tendre des appâts financiers pour influencer et parfois extorquer leurs suffrages. Les gouvernants ont-ils d’ailleurs intérêt à ce que le peuple s’instruise ? Ne vaut-il pas mieux les laisser dans l’ignorance afin de continuer à se servir de leur naïveté selon la formule «Abrutir pour mieux régner» ? Dans les communautés rurales, certains partis politiques demandent aux paysans de ne plus payer la taxe rurale, dans l’unique dessein de s’attirer leur sympathie.

La pauvreté est souvent peu conciliable à l’éthique républicaine. Dans bien des cas, l’attitude des gouvernants et des citoyens en général est inspirée moins par le respect et la défense du bien public et des institutions républicaines que par l’empressement de se servir de ce bien public pour se remplir les poches dans la perspective de lendemains incertains. La transhumance politique est également à mettre en rapport avec la psychose de la pauvreté. Généralement, on transhume d’un parti d’opposition ou d’un parti déchu vers le parti au pouvoir pour accéder à certains privilèges ou les conserver malgré la défaite. Tout citoyen est libre d’adhérer au parti de son choix, mais certains revirements spectaculaires suscitent la suspicion et sont révélateurs du primat des considérations alimentaires sur les options idéologiques.

Il est évident qu’on ne peut occulter la question de la pauvreté, qui est un élément fondamental du contexte social, lorsqu’on se propose d’évaluer le degré de conscience républicaine dans certains pays Africain. Mais le niveau de vie ne doit jamais être un prétexte dont on abuse pour se soustraire de ses obligations de citoyen. Bien souvent, ce n’est pas la pauvreté qui explique l’incivisme mais plutôt l’ignorance et le déficit de culture politique.

Le rechauffement Climatique!

Par Aziz :: 29/12/2011 à 22:27

Le réchauffement climatique menace des milliards de personnes et des mesures doivent être prises d'urgence pour prévenir une catastrophe, a déclaré le ministre kenyan de l'Environnement en ouvrant la 12e conférence internationale sur le climat.

Sécheresses récurrentes, diminution du rendement des cultures, plusieurs villes du continent pourraient être partiellement englouties par les eaux : "L'Afrique est probablement le continent le plus vulnérable à tous les effets négatifs du changement climatique et celui qui est confronté aux plus grands défis d'adaptation", avance Oxfam, Organisation internationale non gouvernementale consacrée à la lutte contre la pauvreté, dans un document paru en octobre 2006.

"La pauvreté et le changement de climat sont inextricablement liés. Ce sont les pauvres du monde qui souffrent déjà de façon disproportionnée des effets du réchauffement climatique", fait valoir l'organisation Christian Aid dans un rapport publié en mai 2006.



L'Afrique, continent le plus pauvre, est aussi le plus vulnérable au réchauffement de la Terre, une situation causée par les grands industriels et entretenue par les politiques occidentales. Pour financer cette pauvreté, on y va des propositions les plus originales dont celle de l’ancien président Chirac imposant une taxe sur les billets d’avion…

Raréfaction des terres agricoles

70 % de la population africaine vit de l'agriculture, dont les rendements dépendent à plus de 95 % des eaux de pluies, selon les Nations Unies. Le réchauffement de la Terre a déjà de multiples conséquences sur le continent noir. Comme dans le centre du Kenya, cette région fertile s'est largement asséchée en dix ans en raison de la raréfaction des pluies. Le nombre d'agriculteurs y est passé de 300 à 2 en une décennie.

"Le réchauffement va au-delà des variations attendues par les processus naturels, ce qui renforce l'idée que les gaz à effet de serre (essentiellement liés à la combustion des énergies fossiles, comme le gaz, le pétrole et le charbon) sont impliqués", explique l'organisation humanitaire Oxfam. Et les conséquences du changement climatique pourraient être bien plus catastrophiques à l'avenir pour l'Afrique.

"Le rendement des cultures céréalières baissera de 5 % (...) d'ici aux années 2080», estime un rapport des Nations Unies. «Le nombre de personnes menacées par des inondations côtières passera de 1 million en 1990 à 70 millions en 2080", ajoute ce document publié à l'occasion de la 12e conférence internationale sur le climat qui se tient à Nairobi du 6 au 17 novembre.

Dans les régions semi-arides et soudano-sahéliennes qui ont une population plus dense, les terres perdent entre 60 et 100 kilogrammes d'azote, phosphore et potassium (APK) par hectare chaque année. Les terres de ses régions sont peu profondes, souffrent de très mauvaises conditions météorologiques et sont soumises à des cultures intensives mais avec peu d'application d'engrais selon un rapport de lIFDC (International Fertilizer Development Center).

Aucun de ces pays victimes n'intègrent malheureusement la gestion des ressources naturelles aux politiques économiques et sectorielles. Il n'existe pas de programme réaliste de préservation des ressources naturelles dans les politiques des différents gouvernements en place sur le continent africain.

Maladies et déchets toxiques

"L’Europe intoxique l’Afrique". Ce slogan a été peint par les militants de Greenpeace en grandes lettres jaunes sur la coque noire du Probo Koala. Greenpeace ne s’est pas contenté, le 25 septembre, de bloquer avec l’un de ses navires le Probo Koala dans le port de Paldinski, en Estonie. L’association de défense de la nature a aussi porté plainte aux Pays-Bas, le 26 septembre, contre Trafigura, la société néerlandaise de trading qui a affrété le "bateau- poison". Objectif : "obtenir une enquête qui soit vraiment fouillée et qui ne permette pas au Probo Koala de continuer à naviguer", explique Loes Visser, porte-parole de Greenpeace à Amsterdam.

"Quelque 185 millions de personnes en Afrique sud-saharienne seulement pourraient mourir de maladies directement attribuables au changement de climat d'ici la fin du siècle", comme le paludisme ou la malnutrition, selon Christian Aid. La liste pourrait s’allonger avec les déchets toxiques difficiles à stocker.

Plusieurs centaines de tonnes de déchets toxiques ont été déversés à Abidjan (en Côte d’Ivoire) dans la nuit du 19 au 20 août 2007 par une mystérieuse société ivoirienne, Tommy, qui les avait déchargés du cargo grec Probo Koala, affrété par la multinationale Trafigura enregistrée aux Pays-Bas. Les conséquences dans la ville d’Abidjan: 6 morts et 9000 personnes malades des émanations toxiques, 18 personnes inculpées. La Côte d'Ivoire ne disposant pas des installations spécifiques qui permettraient de traiter les 6000 tonnes de déchets hautement toxiques, ceux-ci seront exportés vers Paris à bord de plusieurs bateaux. Ceci annonce certainement la clôture du dossier.

Pendant ce temps les plages africaines se raréfient avec l’avancée des océans dans certaines régions (le cas du golfe du bénin par exemple) et les dégazages sauvages et difficiles à contrôler.

Au-delà des constats, les emplâtres

Devant ce tableau alarmant, des voix se sont élevées à la conférence de Nairobi pour réclamer des mesures en faveur des pays en développement. L'Afrique manque notamment de stations météorologiques pour élaborer des scénarios climatiques et des stratégies d'adaptation. Elle ne dispose pas d’outil de traitement des déchets, ni même des instruments de mesure moderne pour la pollution ou la radioactivité. Le paradoxe est que l'Afrique est touchée de plein fouet par les effets de la pollution alors qu'elle est le continent habité qui produit le moins de gaz à effet de serre (GES).

De son côté, l'Union européenne propose d’encourager une distribution plus équitable des projets destinés à réduire les émissions de GES en vertu du Mécanisme de développement propre (MDP). Le MDP, prévu dans le protocole de Kyoto, permet aux gros pollueurs de financer des projets de développement propre - comme l'utilisation de l'énergie éolienne - dans les pays du Sud pour compenser leurs émissions de GES, et permet ainsi d'injecter de l'argent dans l'économie locale.

Aujourd'hui, seuls 9 des quelques 400 projets MDP enregistrés jusqu'à présent se trouvent en Afrique, regrette l'UE.

Pendant ce temps, les taxes vertes se multiplient au Nord. A partir de Novembre 2006 le prix de tous les produits électriques et électroniques est majoré de 0,01 à 13 € afin de financer leur collecte et leur recyclage. On les appelle les DEEE : déchets d'équipements électriques et électroniques. Ils ressemblent à un inventaire à la Prévert, englobant les petits appareils ménagers (sèche-cheveux, cafetière) et les grands (réfrigérateur, lave-linge), en passant par les ordinateurs, les téléphones et même les jouets et les lampes.

Ils représentent chaque année, pour le cas de la France, 1,7 million de tonnes. Un chiffre en croissance annuelle de 3 à 5 %, selon l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Et dorénavant, l'Europe veut mieux organiser leur collecte et leur traitement. Une directive impose aux industriels de mettre au point et de financer la collecte, le recyclage et la valorisation des appareils électriques et électroniques en fin de vie. Mais ce surcoût sera inévitablement répercuté sur le prix de vente des produits. Au final, ce sont donc les consommateurs qui financeront le système.

Depuis quelques années le matériel encombrant est taxé dans des pays d’Europe comme la Belgique. On peut compter jusque 1000€ de provision pour frais de recyclage sur un véhicule neuf. Une grande partie des biens taxés terminent leur vie dans les villes du Sud, sans aucune prise en charge, nous pensons ici aux véhicules d’occasion, réfrigérateurs, pneus usagés. Aucune procédure de transfert ou de récupération de ces écotaxes n’est prévue au programme. Tout se passe comme si le continent africain était sur une autre planète et pouvait être tranquillement pollué.

La politique néolibérale de l’Occident, politique imposée à des Etats africains sans aucune autorité, suscite des contradictions de plus en plus exacerbées en entravant le développement humain, en ignorant l'environnement, en gaspillant les ressources. De l'échange inégal aux dettes qui étranglent, il est clair qu'il ne peut exister de démocratie viable et durable en Afrique tant que l'ordre politico financier continue à asphyxier la volonté des peuples d'Afrique, tant que les pays du Nord continuent à protéger les dictatures et à préserver leurs espaces verts aux dépends de ceux du Sud.

Conclusion

En finalité, pour ce qui concerne la protection de l’environnement, on constate que le système mis en place est incomplet. Le consommateur occidental paye un surcoût pour le traitement des biens en fin de vie. La partie qui termine son existence dans les nombreux dépotoirs à ciel ouvert en Afrique n’est pas ici prise en considération dans le calcul.

Il y a lieu de dénoncer l’hypocrisie des dirigeants occidentaux qui s’agitent sur les médias avec des solutions alambiquées pour accorder des prêts et venir en aide aux pauvres populations du Sud. La taxe sur les billets d’avion est un exemple de subterfuge pour saigner les populations du Nord ; il aurait été bien plus simple de prendre l’argent là où il est. Les industriels européens vont répercuter les écotaxes sur les prix du bien manufacturé mais n’auront pas la responsabilité de leur reprise. Nous proposons la mise en place d’une "caisse verte" gérée par une commission indépendante, laquelle récupère les écotaxes, étudie les destinations finales de ces biens et répartit la manne excédentaire.

Afin de préserver de manière durable la planète, il conviendrait aussi de mettre en place des canaux de prévention. Il est aujourd’hui courant de voir débarquer dans les ports de Nouakchott, Dakar et Abidjan et dans toute l’Afrique, des véhicules d’un autre temps qui roulent sous un épais nuage noir. Nous savons que la mauvaise gouvernance et la corruption généralisée nous empêchent de compter sur les autorités locales pour un contrôle à l’entrée. Pourquoi ne pas mettre en place dans les pays exportateurs des canaux de vérification obligatoire pour ces engins de la mort, aux fins de délivrance d’un certificat d’exportabilité ? En Belgique, il existe une nouvelle institution pour le contrôle des véhicules d’occasion avant changement de propriétaire qui a pour rôle d’établir une carte d’identité du bien cédé sur le territoire national ; ceci ne s’applique pas aux véhicules exportés.

Plus au Sud, les dirigeants autoproclamés ont très peu de hâte à mettre en place des système efficace de contrôle et de protection de l'environnement. Les ministères les plus dispencieux sont, comme en pleine guerre d'Irak aux Etats-Unis, ceux liés de près ou de loin à la défense du territoire et des clans au pouvoir.

Les systèmes de protection de la nature n’ont de justification que s’ils s’appliquent à l’ensemble du système solaire. En dehors de ce cadre, toute initiative locale s’apparente à une énorme blague.

Bonnes vacances !

Par Aziz :: 08/08/2009 à 0:37
Quelques jours de vacances ne m'éloigneront pas forcement de vous !
Les technologies permettent aujourd'hui de communiquer quel que soit le lieu où l'on se trouve !
Mais pour autant,un peu de repos,pour "gagner plus" en efficacité à venir!
a la rentée !
A.D

l'Angolagate

Par Aziz :: 20/10/2008 à 20:42

Les Africains ont-ils tort de ne pas beaucoup s’intéresser à l’Angolagate, une affaire actuellement en jugement  ? Un peu à l’image de l’affaire Elf, cette affaire concerne aussi la Françafrique : Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur de Chirac et ancien baron de la Françafrique, Jean-Christophe Mitterrand, fils de François Mitterrand, surnommé « Papamadit », Jacques Attali, ancien sherpa de Mitterrand notamment, sont soupçonnés d’avoir bénéficié d’une partie des 790 millions de dollars qui ont servi à la livraison de chars, d’hélicoptères, navires de guerre et de munitions au profit du régime de José Eduardo Dos Santos, président de l’Angola. Un « trafic » qui aurait eu pour protagonistes le Français Pierre Falcone et Arcady Gaydamak, l’homme aux cinq passeports.

 

Pour les uns ce « trafic » a servi « d’alimenter une guerre civile qui, de 1975 à 2002, a fait plus de 500.000 morts ». D'autres, stoïques, considèrent au contraire que cette vente d’armes a permis de mettre fin aux hostilités. Selon ces derniers le procès d’aujourd’hui ne relèverait en fait que d’une « justice coloniale » puisqu’un pays étranger se permet de mettre en cause un chef d’Etat en exercice. Une position guère éloignée de celle défendue par les Angolais : l’avocat de ce pays, Me Francis Teitgen, a d’ailleurs déposé à l'ouverture de la première audience un recours pour que le procès ne se tienne pas, au nom " du respect du secret défense d'un pays étranger ".  A ce sujet l'Angola " relève que les droits attachés à sa qualité d'Etat souverain ont été bafoués depuis le début de cette procédure ".

Cette demande a peu de chance d’être acceptée, l’Angola en tant qu’Etat ne faisant pas partie de la procédure…

Par ailleurs, sur un plan purement juridique la jurisprudence « Jacques Monsieur » milite en faveur de la poursuite sans encombre du procès.

En effet en  mai 2008 se déroulait au tribunal de grande instance de Bourges le procès d’un Belge bien connu des Congolais nommé Jacques Monsieur. Un marchand d’armes qui a livré des armes (iraniennes ?) à différents pays dont le Congo, pour alimenter la guerre de 1997.

Aux avocats de la défense qui plaidaient durant la procédure la nullité des poursuites, puisque les transactions ne s’étaient pas effectuées ou ne passaient pas, matériellement, par la France (un argument repris par les avocats de l'Angolagate)  le TGI de Bourges dans son jugement avait maintenu les poursuites  pour « commerce illicite d'armes » en s’appuyant sur des principes tirés d’un décret-loi de 1939. Ce texte stipule que la fabrication et le commerce d'armes de guerre « ne peuvent fonctionner et l'activité de leurs intermédiaires ou agents de publicité ne peut s'exercer qu'après autorisation de l'Etat et sous son contrôle » ; ledit texte en outre « sanctionne expressément toute personne qui “ exercera son activité en qualité d'intermédiaire ” à l'occasion de la fabrication ou du commerce des matériels, armes et munitions des catégories visées à l'article 2 du décret, sans qu'aucune condition de nationalité de la personne ne soit édictée…

De ce point de vue rien ne s’oppose donc au jugement en France de ce « trafic » qui, loin d’avoir mis directement fin à la guerre en Angola, avait à l’époque sauvé le régime de Dos Santos qui menaçait de s’écrouler, les soldats de Jonas Savimbi ayant pris l’avantage militaire sur le terrain.

Restent les pressions politiques.


Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la France cherche à lever à tout prix l'hypothèque de l’Angolagate car celle-ci tend les relations entre les deux pays.  La France ne veut en aucun cas s’aliéner les juteux marchés de ce pays dévasté par des décennies de guerres, devenu le 1er producteur de pétrole en Afrique.

Lors de son dernier voyage dans ce pays en mai dernier Nicolas Sarkozy n’avait pas caché vouloir effacer cette page sombre de l’histoire des deux pays : « Nous avons décidé de tourner la page des malentendus du passé » avait-il annoncé.

Qui doutera que, comme d’habitude, les intérêts économiques et géopolitiques primeront sur le droit et la justice, permettant ainsi aux criminels et aux trafiquants qui viennent endeuiller l’Afrique en complicité avec les gérants de comptoirs africains de continuer à prospérer

Obama et Sarkozy : Y'a pas photo !!

Par Aziz :: 12/10/2008 à 22:25


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Récemment, en "feuilletant" le blog de Loïc Le Meur, je suis tombé sur un post où il réaffirmait tout le bonheur qu'il avait ressenti en faisant partie de l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. Et où il confiait que s'il votait aux Etats-Unis, il aurait choisi Obama. Ce n'est pas la première fois que les deux hommes sont comparés. Obama lui-même a encouragé les analyses rapprochant son profil de celui de Sarkozy en rendant vivement hommage au président français - pour des raisons que je ne cerne pas.
Obama et Sarkozy m'apparaissent radicalement différents, surtout depuis que j'ai lu (en français) son fameux discours sur la question raciale.
Tout au long de sa campagne, Sarkozy m'est apparu comme un homme prospérant dans les lignes de fracture de la société, captivant "sa France à lui" en lui faisant croire qu'elle est le bon grain à séparer de l'ivraie. De nombreux Français qui ont élu Sarkozy l'ont fait CONTRE LEURS VOISINS. Ils représentaient la France qui se lève tôt, et non la France des flemmards qui réclament l'Etat-providence. Quand Sarkozy disait : "Aimez la France ou quittez la" aux fils d'immigrés qui ont des "griefs historiques" contre un pays qui est leur seul pays, ils se réjouissaient, et pour cause. Cette phrase, ils auraient aimé la lancer au voisin d'en face, l'intellectuel "black" ou "beur" qui la ramène tout le temps avec les histoires d'esclavage et de colonisation.
Sarkozy est d'accord avec les envolées d'un Alain Finkielkraut, qui assimile toute expression de la douleur historique des "Français issus de la colonisation" à un chantage mémoriel. Il aime les généralités et joue avec les sous-entendus racistes : le paysan africain n'est jamais entré dans l'Histoire, n'est-ce pas, et ses petits-enfants viennent nous reprocher de l'y avoir inséré avec, certes, un peu de brutalité...
Barack Obama - à qui j'ai longtemps préféré Hillary Clinton, exemple de femme politique aux convictions trempées - est l'anti-Sarkozy. Déjà parce qu'il témoigne de ses convictions sociales d'homme de gauche là où Sarkozy cherche dans la génétique une explication rassurante aux déséquilibres sociaux.
Là où il existe un antagonisme au fond artificiel, Obama fait un travail de pédagogue pour expliquer les ressentiments et appeler à leur dépassement. Alors que l'on voulait le piéger avec les déclarations violentes de son ancien pasteur sur le racisme d'une Amérique blanche qui mériterait d'être maudite, Barack prend de la hauteur et prouve qu'il peut être un réconciliateur.   Dans la France où Finkielkraut et Dieudonné se regardent dans les yeux remplis de ressentiment, il faudrait peut-être un Barack Obama.

Kgalema Motlanthe, nouveau président de l'Afrique du Sud

Par Aziz :: 12/10/2008 à 22:09


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Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a choisi, lundi 22 septembre, son vice-président Kgalema Motlanthe, pour assurer la fonction de président de la République, en remplacement de Thabo Mbeki, démissionnaire. M. Motlanthe "sera le nouveau président, pas un président par intérim, il sera le président de la République [avec les pleins pouvoirs] jusqu'aux élections" générales au deuxième trimestre 2009, a déclaré le porte-parole du groupe parlementaire du parti, K. K. Khumalo, à l'issue d'une réunion du groupe au Cap. Un président par intérim n'aurait pu expédier que les affaires courantes du pays, alors que les pleins pouvoirs lui permettent de constituer un vrai gouvernement de transition.
Kgalema Motlanthe doit encore être formellement élu par les députés, mais sa désignation ne fait aucun doute puisque l'ANC détient plus des deux-tiers des sièges à la Chambre des députés.
Le nom de la présidente de cette assemblée, Bakela Mbete, une fidèle du chef de l'ANC, Jacob Zuma, circulait depuis samedi. La vice-présidente du pays, Phumzile Mlambo-Ngcuka, à qui la loi accorde la préséance, avait refusé ce poste, affirmant qu'elle partirait avec le chef de l'Etat.

La fiche de Motlanthe dans le Who's Who sud-africain ici, sa page Wikipedia ici.

Leur écologie et la Notre

Par Aziz :: 20/09/2008 à 22:27
l’écologie, c’est comme le suffrage universel et le repos du dimanche dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement rien ne change.

La prise en compte des exigences écologiques conserve beaucoup d’adversaires dans le patronat. Mais elle a déjà assez de partisans patronaux et capitalistes pour que son acceptation par les puissances d’argent devienne une probabilité sérieuse.

Alors mieux vaut, dés à présent, ne pas jouer à cache-cache : la lutte écologique n ’est pas une fin en soi, c’est une étape. Elle peut créer des difficultés au capitalisme et l’obliger à changer ; mais quand, après avoir longtemp résisté par la force et la ruse, il cédera finalement parce que l’impasse écologique sera devenue inéluctable, il intégrera cette contrainte comme il a intégré toutes les autres.

C’est pourquoi il faut d’emblée poser la question franchement : que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et, par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature ? Réforme ou révolution ?

Ne répondez surtout pas que cette question est secondaire et que l’important, c’est de ne pas saloper la planète au point qu’elle devienne inhabitable. Car la survie non plus n’est pas une fin en soi : vaut-il la peine de survivre dans "un monde transformé en hôpital planétaire, en école planétaire, en prison planétaire et où la tâche principale des ingénieurs de l’âme sera de fabriquer des hommes adaptés à cette condition" (Illich) ?

Si vous doutez encore que c’est bien ce monde que les technocrates de l’ordre établi nous préparent, lisez le dossier sur les nouvelles techniques de "lavage de cerveau" en Allemagne et aux Etats-Unis [1] : à la suite de psychiatres et de psycho-chirurgiens américains, des chercheurs attachés à la clinique psychiatrique de l’université de Hambourg explorent, sous la direction des professeurs Gross et Svab, des méthodes propres à amputer les individus de cette agressivité qui les empêche de supporter tranquillement les frustrations les plus totales : celles que leur imposent le régime pénitentiaire, mais aussi le travail à la chaîne, l’entassement dans des cités surpeuplées, l’école, le bureau, l’armée.

Il vaut mieux tenter de définir, dés le départ, pour quoi on lutte et pas seulement contre quoi. Et il vaut mieux essayer de prévoir comment le capitalisme sera affecté et changé par les contraintes écologiques, que de croire que celles-ci provoqueront sa disparition, sans plus.

Mais d’abord, qu’est-ce, en termes économiques, qu’une contrainte écologique ? Prenez par exemple les gigantesques complexes chimiques de la vallée du Rhin, à Ludwigshafen (Basf), à Leverkusen (Bayer) ou Rotterdam (Akzo). Chaque complexe combine les facteurs suivants :

- des ressources naturelles (air, eau, minéraux) qui passaient jusqu’ici pour gratuites parce qu’elles n’avaient pas à être reproduites (remplacées) ;

- des moyens de production (machines, bâtiments) qui sont du capital immobilisé, qui s’usent et dont il faut donc assurer le remplacement (la reproduction), de préférence, par des moyens plus puissants et plus efficaces, donnant a la firme un avantage sur ses concurrents ;

- de la force de travail humaine qui, elle aussi, demande à être reproduite (il faut nourrir, soigner, loger, éduquer les travailleurs).

En économie capitaliste, la combinaison de ces facteurs, au sein du processus de production, a pour but dominant le maximum de profit possible (ce qui, pour une firme soucieuse de son avenir, signifie aussi : le maximum de puissance, donc d’investissements, de présence sur le marché mondial). La recherche de ce but retentit profondément sur la façon dont les différents facteurs sont combinés et sur l’importance relative qui est donnée à chacun d’eux.

La firme, par exemple, ne se demande jamais comment faire pour que le travail soit le plus plaisant, pour que l’usine ménage au mieux les équilibres naturels et l’espace de vie des gens, pour que ses produits servent les fins que se donnent les communautés humaines. Elle se demande seulement comment faire pour produire le maximum de valeurs marchandes au moindre coût monétaire. Et à cette dernière question elle répond : " Il me faut privilégier le fonctionnement parfait des machines, qui sont rares et chères, par rapport à la santé physique et psychique des travailleurs qui sont rapidement remplaçables pour pas cher. Il me faut privilégier les bas coûts de revient par rapport aux équilibres écologiques dont la destruction ne sera pas à ma charge. Il me faut produire ce qui peut se vendre cher, même si des choses moins coûteuses pourraient être plus utiles. "

Tout porte l’empreinte de ces exigences capitalistes : la nature des produits, la technologie de production, les conditions de travail, la structure et la dimension des entreprises...

Mais voici que, dans la vallée du Rhin notamment, l’entassement humain, la pollution de l’air et de l’eau ont atteint un degré tel que l’industrie chimique, pour continuer de croître ou même seulement de fonctionner, se voit obligée de filtrer ses fumées et ses effluents, c’est-à-dire de reproduire des conditions et des ressources qui, jusqu’ici, passaient pour " naturelles " et gratuites. Cette nécessité de reproduire l’environnement va avoir des incidences évidentes : il faut investir dans la dépollution, donc accroître la masse des capitaux immobilisés : il faut ensuite assurer l’amortissement (la reproduction) des installations d’épuration : et le produit de celles-ci (la propreté relative de l’air et de l’eau) ne peut être vendu avec profit.

En somme, il y a augmentation simultanée du poids du capital investi (de la "composition organique"), du coût de reproduction de celui-ci et des coûts de production, sans augmentation correspondante des ventes. Par conséquent, de deux choses l’une : ou bien le taux de profit baisse, ou bien le prix des produits augmente.

La firme cherchera évidemment à relever ses prix de vente. Mais elle ne s’en tirera pas aussi facilement : toutes les autres firmes polluantes (cimenteries, métallurgie, sidérurgie, etc.) chercheront, elles aussi, à faire payer leurs produits plus cher par le consommateur final. La prise en compte des exigences écologiques aura finalement cette conséquence : les prix tendront à augmenter plus vite que les salaires réels, le pouvoir d’achat populaire sera donc comprimé et tout se passera comme si le coût de la dépollution était prélevé sur les ressources dont disposent les gens pour acheter des marchandises. La production de celles-ci tendra donc à stagner ou à baisser ; les tendances à la récession ou à la crise s’en trouveront aggravées. Et ce recul de la croissance et de la production qui, dans un autre système, aurait pu être un bien (moins de voitures, moins de bruit, plus d’air, des journées de travail plus courtes, etc.), aura des effets entièrement négatifs : les productions polluantes deviendront des biens de luxe, inaccessibles à la masse, sans cesser d’être à la portée des privilégiés : les inégalités se creuseront : les pauvres deviendront relativement plus pauvres et les riches plus riches.

La prise en compte des coûts écologiques aura, en somme, les mêmes effets sociaux et économiques que la crise pétrolière. Et le capitalisme, loin de succomber à la crise, la gérera comme il l’a toujours fait : des groupes financiers bien placés profiteront des difficultés de groupes rivaux pour les absorber à bas prix et étendre leur mainmise sur l’économie. Le pouvoir central renforcera son contrôle sur la société : des technocrates calculeront des normes " optimales" de dépollution et de production, édicteront des réglementations, étendront les domaines de " vie programmée " et le champ d’activité des appareils de répression. On détournera la colère populaire, par des mythes compensateurs, contre des boucs émissaires commodes (les minorités ethniques ou raciales, par exemple, les "chevelus", les jeunes...) et l’Etat n’assoira plus son pouvoir que sur la puissance de ses appareils : bureaucratie, police, armée, milices rempliront le vide laissé par le discrédit de la politique de parti et la disparition des partis politiques. Il suffit de regarder autour de soi pour percevoir, en France et ailleurs, les signes d’une semblable dégénérescence.

Direz-vous que rien de tout cela n’est inévitable ? Sans doute. Mais c’est bien ainsi que les choses risquent de se passer si le capitalisme est contraint de prendre en compte les coûts écologiques sans qu’une attaque politique, lancée à tous les niveaux, lui arrache la maîtrise des opérations et lui oppose un tout autre projet de société et de civilisation. Car les partisans de la croissance ont raison sur un point au moins : dans le cadre de l’actuelle société et de l’actuel modèle de consommation, fondés sur l’inégalité, le privilège et la recherche du profit, la non-croissance ou la croissance négative peuvent seulement signifier stagnation, chômage, accroissement de l’écart qui sépare riches et pauvres. Dans le cadre de l’actuel mode de production, il n’est pas possible de limiter ou de bloquer la croissance tout en répartissant plus équitablement les biens disponibles.

En effet, c’est la nature même de ces biens qui interdit le plus souvent leur répartition équitable : comment voulez-vous répartir "équitablement" les voyages en Concorde, les Citroèn DS ou SM, les appartements au sommet des immeubles-tours avec piscine, les mille produits nouveaux, rares par definition, que l’industrie lance chaque année pour dévaloriser les modèles anciens et reproduire l’inégalité et la hiérarchie sociales ? Et comment répartir " équitablement " les titres universitaires, les postes de contremaître, d’ingénieur en chef ou de titulaire de chaire.

Comment ne pas voir que le ressort principal de la croissance réside dans cette fuite en avant généralisée que stimule une inégalité délibérément entretenue : dans ce que Ivan Illich appelle "la modernisation de la pauvreté " ? Dès que la masse peut espérer accéder à ce qui était jusque-là un privilège de l’élite, ce privilège (le bac, la voiture, le téléviseur) est dévalorisé par là même, le seuil de la pauvreté est haussé d’un cran, de nouveaux privilèges sont créés dont la masse est exclue. Recréant sans cesse la rareté pour recréer l’inégalité et la hiérarchie, la société engendre plus de besoins insatisfaits qu’elle n’en comble, le taux de croissance de la frustration excède largement celui de la production " (lllich).

Tant qu’on raisonnera dans les limites de cette civilisation inégalitaire, la croissance apparaîtra à la masse des gens comme la promesse - pourtant entièrement illusoire - qu’ils cesseront un jour d’être " sous-privilégiés", et la non-croissance comme leur condamnation à la médiocrité sans espoir. Aussi n’est ce pas tant à la croissance qu’il faut s’attaquer qu’à la mystification qu’elle entretient, à la dynamique des besoins croissants et toujours frustrés sur laquelle elle repose, à la compétition qu’elle organise en incitant les individus à vouloir, chacun, se hisser "au-dessus " des autres. La devise de cette société pourrait être : Ce qui est bon pour tous ne vaut rien. Tu ne seras respectable que si tu as " mieux " que les autres.

Or c’est l’inverse qu’il faut affirmer pour rompre avec l’idéologie de la croissance : Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d’être produit ce qui ne privilégie ni n’abaisse personne. Nous pouvons être plus heureux avec moins d’opulence, car dans une société sans privilège, il n ’y a pas de pauvres.

Essayer d’imaginer une société fondée sur ces critères. La production de tissus pratiquement inusables, de chaussures durant desannées, de machines faciles à réparer et capables de fonctionner un siècle, tout cela est, dès à présent, à la portée de la technique et de la science de même que la multiplication d’installations et de services collectifs (de transport, de blanchissage, etc.) dispensant chacun de l’achat de machines coûteuses, fragiles et dévoreuses d’énergie.

Supposez dans chaque immeuble collectif deux ou trois salles de télévision (une par programme) ; une salle de jeux pour les enfants ; un atelier bien équipé de bricolage ; une buanderie avec aire de séchage et de repassage : aurez-vous encore besoin de tous vos équipements individuels, et irez-vous encore vous embouteiller sur les routes s’il y a des transports collectifs commodes vers les lieux de détente, des parcs de bicyclettes et de cyclomoteurs sur place, un réseau dense de transports en commun pour les banlieues et les villes ?

Imaginez encore que la grande industrie, planifée centralement, se borne à ne produire que le nécessaire : quatre ou cinq modèles de chaussures et de vêtements qui durent, trois modèles de voitures robustes et transformables, plus tout ce qu’il faut pour les équipements et services collectifs. C’est impossible en économie de marché ? Oui. Ce serait le chômage massif ? Non : la semaine de vingt heures, à condition de changer le système. Ce serait l’uniformité et la grisaille ? Non, car imaginez encore ceci : Chaque quartier, chaque commune dispose d’ateliers, ouverts jour et nuit, équipés de gammes aussi complètes que possible d’outils et de machines, où les habitants, individuellement, collectivement ou en groupes, produiront pour eux-mêmes, hors marché, le superflu, selon leurs goûts et désirs. Comme ils ne travailleront que vingt heures par semaine (et peut-être moins) à produire le nécessaire, les adultes auront tout le temps d’apprendre ce que les enfants apprendront de leur côté dès l’école primaire : travail des tissus, du cuir, du bois, de la pierre, des métaux ; électricité, mécanique, céramique, agriculture...

C’est une utopie ? Ce peut être un programme. Car cette "utopie " correspond à la forme la plus avancée, et non la plus fruste, du socialisme : à une société sans bureaucratie, où le marché dépérit, où il y en a assez pour tous et où les gens sont individuellement et collectivement libres de façonner leur vie, de choisir ce qu’ils veulent faire et avoir en plus du nécessaire : une société où "le libre développement de tous serait à la fois le but et la condition du libre développement de chacun ". Marx dixit.

Le Rêve brisé !

Par Aziz :: 17/09/2008 à 21:33

Le processus électoral conduit durant la Transition (2005-2007), et qui a culminé avec les élections présidentielles tenues en mars 2007, a été universellement salué comme exemplaire. Il a donné à la Mauritanie une renommée internationale et ouvert des perspectives sans précédent dans notre histoire.

Tout mauritanien était fier de décliner sa nationalité et pouvait s’enorgueillir d’appartenir à ce peuple, arabe, africain, musulman et pluriethnique, dont le pays est classé parmi les moins avancés au monde et qui a pu néanmoins conduire à bon port cette expérience démocratique.
 un projet de résolution avec la Troïka européenne au lendemain du second tour de l’élection présidentielle et, à ma grande surprise mais totale satisfaction, les Ambassadeurs européens commencèrent par dire qu’avant d’entamer les négociations, il convient d’abord de célébrer le succès de la démocratie en Mauritanie.

J’étais fier de cette marque d’estime et de reconnaissance pour le peuple. Ce sentiment de fierté habitait alors tous les Mauritaniens. Il était d’autant plus justifié que cette expérience a été, contrairement à d’autres tentatives menées dans notre aire civilisationnelle, purement mauritanienne. Elle a été certes engagée à la suite d’un coup d’Etat militaire mais le peuple mauritanien se l’est totalement appropriée.

Son aboutissement a été donc salué dans le monde entier et d’innombrables articles et témoignages de personnalités de tous horizons ont tressé des lauriers à notre peuple, à sa maturité, à son civisme et à sa tolérance. Je sais que ce processus électoral n’a pas été exempt de pressions voire de manipulations en faveur de certains candidats durant toutes ses étapes, et nul doute que ces limitations expliquent largement la crise actuelle, mais il n’en demeure pas moins que notre pays n’a jamais connu d’élections plus propres et plus honnêtes.

Nous étions le MODELE cité en exemple par les plus grands dirigeants du monde mais aussi par des milliers de personnes simples et anonymes. Nous avons commencé à engranger les dividendes de cette situation unique et des perspectives prometteuses étaient ouvertes devant nous.

Le Président Sidi Mohamed OULD CHEIKH ABDELLAHI a brutalement arrêté l’élan national enclenché dans notre pays depuis mai 2007 en demandant, le 8 mai 2008, la démission du Gouvernement et en formant, dans la foulée, une Equipe incarnant aux yeux de l’Opinion publique une époque qu’on croyait révolue.

Cette décision n’était pas une surprise car le Président s’était lancé, quelques mois auparavant, dans la mise en place d’un parti politique qui a attiré, comme d’habitude, tous ceux qui sont toujours du coté du pouvoir en place. La formation de ce parti n’était pas nécessaire.



En effet le peuple mauritanien n’a pas besoin d’un parti de plus ou de moins. Il a besoin d’un Gouvernement compétent et honnête et d’une Administration proche et soucieuse de ses problèmes. Il a besoin de plus de justice sociale, de services sociaux de meilleure qualité, d’une bonne et efficiente gestion de ses ressources naturelles et d’emplois pour ses milliers de jeunes désœuvrés.

Le Gouvernement qui satisfera ces besoins sera nécessairement populaire. Et, au lieu de perdre le temps et les énergies dans la formation d’un parti qui ne pouvait apporter que plus de clientélisme et  de népotisme, il était plus juste de maintenir l’élan pris au départ et de se concentrer sur la recherche de solutions aux problèmes qui accablent nos concitoyens.

LEE Kuan Yew, fondateur de Singapour - cette Ville-Etat devenue l’une des  économies les plus dynamiques du monde - disait qu’il n’a pas de doute que les électeurs lui renouvelleront continuellement leur confiance car son Gouvernement créera toujours plus d’emplois, construira de nouvelles écoles, de nouveaux Centre hospitaliers, de nouveaux logements sociaux, etc.

Eloigné du pays et de ses réalités durant de longues années, le Président a été convaincu par les cercles de courtisans qui se sont crées autour de lui que la mise en place de ce parti était la meilleure manière d’assurer sa longévité au pouvoir et de lui garantir un second mandat.

Pour consacrer ce tournant, il a écarté le Premier Ministre – compétent et dévoué- sans l’appui duquel il n’aurait jamais pu accéder à la magistrature suprême et nommé à sa place un individu n’ayant jamais osé se soumettre au suffrage universel, à quelque niveau que ce soit.

Pourtant la raison invoquée fut, ironiquement, la formation d’un Gouvernement politique ! A coté de ce Premier Ministre «politique», le Président a fait appel aux personnes qu’il avait sciemment écartées au départ et qui avaient d’ailleurs été, sauf rares exceptions, battues aux différentes élections.

Cette équipe ne répondait pas à l’aspiration au changement exprimée par tous les Mauritaniens lors des dernières élections, y compris les 25% qui ont voté au premier tour pour le candidat Sidi Mohamed OULD CHEIKH ABDELLAHI. Tous les candidats avaient d’ailleurs senti ce désir de changement puisqu’aucun d’entre eux ne prônait la continuité.

Cet état de fait reflétait à la fois une défiance à l’égard de ceux qui ont géré le pays auparavant et un doute sur leur capacité à apporter le changement nécessaire. Et ce désir de changement n’est pas un slogan creux mais une exigence de survie, dans un contexte national, régional et international difficile.

En tout cas cette volte-face a soulevé une vague d’indignations dans l’Opinion publique. Elle a en particulier provoqué le courroux de tous les parlementaires qui n’ont pas étaient appelés au sein de ce Gouvernement «politique».

Ce mouvement de contestation a reçu l’appui des Généraux qui avaient soutenu la candidature du Président et qui ont probablement estimé que le retour des personnalités «emblématiques» du régime du Président OULD TAYA remet en cause les «acquis» du 3 août 2005.

Le Président a d’abord brandi la menace de dissolution de l’Assemblée nationale avant de se rétracter le lendemain en demandant à son Gouvernement de présenter sa démission.

Le second Gouvernement El Waghf n’a pas non plus satisfait la classe politique. Dans une situation normale cette crise pouvait facilement être réglée par les mécanismes institutionnels mais les conditions des dernières élections ont des implications qui pèsent aussi bien sur le Président de le République que sur la Majorité parlementaire.

Après plusieurs péripéties, le Président a décidé le 6 août dernier de limoger, de manière rocambolesque, les Généraux. La réaction de ces derniers ne s’est pas fait attendre : ils ont immédiatement arrêté le Président et annoncé la mise en place d’un Haut Conseil d’Etat (HCE).

Ce faisant, notre pays renoue avec le pouvoir d’exception et le pays de la «démocratie modèle» est, une nouvelle fois, «l’homme malade» de l’Afrique. Les missions étrangères se succèdent comme en 2005, sauf que les circonstances sont totalement différentes.

En effet Sidi OULD CHEIKH ABDELLAHI n’avait que quinze mois au pouvoir et son élection a été mondialement reconnue voire célébrée comme la première élection présidentielle libre, transparente et démocratique de notre histoire. Elle est de surcroît l’exemple  dont rêvent de nombreux peuples dans notre aire géographique.

Le «blocage» des Institutions démocratiques est l’argument principal avancé pour justifier le renversement du Président mais ces Institutions sont le produit d’une Constitution révisée en 2006, à l’issue de larges concertations nationales, et approuvée massivement par voie référendaire.

Les partisans de la «rectification» invoquent d’autres raisons comme la «crise» économique, le «maigre» bilan des quinze premiers mois du mandat présidentiel ou même les agissements de l’épouse de Président déchu.

Je ne pense pas que de tels arguments méritent d’être commentés car les deux premiers sont fallacieux tandis que le troisième est dérisoire face à la gravité de la situation. En tout cas ils pouvaient justifier un changement de Gouvernement ou de politique, s’ils étaient exacts, mais pas un coup d’Etat ni même des élections anticipées.

Le seul problème sérieux qui mérite débat est la crise qui opposait le Président à sa Majorité parlementaire mais celle-ci aurait du être résolue par le dialogue politique car, pour  paraphraser Léon TOLSTOI, toute solution imposée par la violence ne corrigera nullement le mal. Il ne revenait pas en tout cas à l’Armée de s’impliquer dans cette situation car telle n’est pas sa mission ni sa vocation.

Mais les évènements ayant pris la tournure que nous savons, il s’agit aujourd’hui de réfléchir de manière responsable aux voies et moyens les meilleurs pour sortir de l’imbroglio dans lequel notre pays se trouve. Il faut d’abord souligner qu’il s’agit d’une situation sérieuse qui ne concerne pas SEULEMENT la Mauritanie et le peuple mauritanien.

En effet le monde a profondément changé, contrairement à ce que laissent croire les déclarations de certaines personnalités, et les «affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale», consacrées en 1945 par la Charte des Nations-Unies, se rétrécissent de jour en jour.

Il y a moins de vingt ans les démocraties les plus enracinées défendaient le régime Khmer rouge et nul n’aurait pu s’imaginer simplement l’inscription d’un changement anti-constitutionnel de Gouvernement à l’agenda du Conseil de Sécurité.

L’exécution extrajudiciaire- le 12 avril 1980- du Président libérien William TOLBERT, également  Président en exercice de l’OUA, par le Sergent Samuel DOE n’a pas suscité la moindre réaction d’Addis Abeba à Alger, ni empêché Samuel DOE de participer au Sommet suivant.

Le Président TOLBERT avait été l’hôte, en juillet précèdent, d’un Sommet de l’OUA auquel avaient pris part la plupart des Chefs d’Etat et de Gouvernement africains.

Aujourd’hui l’Afrique est dotée de mécanismes institutionnels et d’instruments juridiques destinés spécifiquement à combattre les changements anti-constitutionnels de Gouvernement.

Pour ce qui est de l’Europe, la Convention de Cotonou accorde une place centrale aux questions de démocratie et de droits de l’homme, à la différence de la Convention de Yaoundé et des premières Conventions de Lomé.

Les Etats-Unis d’Amérique font de la promotion de ces mêmes valeurs un axe majeur de leur politique étrangère, en particulier dans le Monde arabo-musulman.

Le Président George W. BUSH lui-même ne ratait pas une occasion de donner la Mauritanie en exemple et, au moment ou il achève son mandat, il serait contrarié de voir cet «exemple» s’effondrer.

J’ai perçu le même intérêt et la même admiration pour notre expérience démocratique chez de nombreux dirigeants arabes, y compris des Chefs d’Etat influents.

L’Union européenne s’est pleinement engagée dans notre processus électoral et la Commission a accepté de nous faire bénéficier pleinement de la «tranche incitative» accordée aux pays ACP ayant de bonnes performances en matière de droits de l’homme et de bonne gouvernance.

Le Commissaire Louis MICHEL était fasciné par notre expérience et voulait  sincèrement la consolider par l’accroissement de l’aide européenne. Il n’avait pas hésité, l’année dernière, à annuler- devant moi- un engagement préalable important pour participer au Groupe consultatif sur notre pays. Le même sentiment animait le Président José Manuel BARROSO.

Et, sans leur volonté de consolider notre démocratie –  volonté partagée par leurs collègues et par les Gouvernements européens- l’Accord de pêche n’aurait pas été reconduit dans ses termes actuels.

Le Gouvernement américain a décidé pour sa part, le 27 juin 2007, de nous réintégrer à la Liste des pays bénéficiaires de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA). Et notre pays a été admis, le 12 décembre 2007, à la première phase du Millunium Challenge Coorporation.

Le Président Nicolas SARKOZY a cité notre pays en exemple lors du Sommet euro-africain, à Lisbonne. Le Président Horst KOHLER, a effectué une Visite d’Etat- la première du genre dans notre pays pour un Chef d’Etat allemand. Les Présidents SARKOZY et José Luis ZAPATERO s’étaient engagés également à visiter prochainement notre pays.



Ces trois pays (Allemagne, Espagne et France) ont inscrit  notre pays parmi les Etats prioritaires de leur coopération. Par conséquent nous devons tous intégrer cette dimension extérieure d’autant plus que nous avons grandement besoin de tous nos partenaires.

Abstraction faite de ce que pensent les autres, nous devons savoir réellement quel est l’intérêt du peuple mauritanien : Cet intérêt serait-il mieux servi en prolongeant une situation hybride Régime d’exception / Démocratie limitée ou en renouant sans délai avec des Institutions réellement démocratiques ?

Des Journées de concertation ouvertes aux partis politiques et à la Société civile sont annoncées. Une telle formule avait été expérimentée lors de la précédente Transition mais je pense que les conditions sont totalement différentes car nous avons un Parlement élu démocratiquement qui demeure en place quand bien même le HCE s’est attribué virtuellement ses compétences, par l’article 8 de l’Ordonnance constitutionnelle régissant ses pouvoirs.

Tout débat doit donc se dérouler au sein de cette Institution, en association avec le HCE. Ceux qui sont en dehors du Parlement ne pourraient, à mon sens, participer à ce débat qu’en s’exprimant par le biais des médias ou à travers des formes de consultations que le Parlement jugerait utiles à l’accomplissement de sa mission.

Le prolongement du statu quo affaiblira les Institutions démocratiques qui ont été maintenues, divisera davantage la classe politique, isolera progressivement notre pays, aura immanquablement des répercussions négatives sur les conditions de vie des populations et ralentira, au moins, tous les grands projets d’infrastructures.

La conjugaison de ces facteurs pourrait provoquer une situation périlleuse tant au niveau national que sous-régional. L’importance des manifestations de soutien populaire doit être relativisée car c’est du «déjà vu» et, en tout état de cause, le niveau de ce soutien baissera avec la fin des premières vagues de nominations et l’impact de la dégradation probable des conditions de vie des populations.

L’intérêt national commande sans le moindre doute de rétablir sans délai une démocratie réelle, en particulier l’Institution présidentielle qui est actuellement suspendue.

Le Président, le HCE et le Parlement doivent mettre l’intérêt national au dessus de toute considération et s’engager sincèrement dans cette voie. Ils doivent chercher un compromis  pouvant permettre à notre pays de sortir de la crise actuelle et de cesser définitivement d’être la risée du monde et le «malade» de le Région.

Ils doivent se rappeler que nous sommes le seul pays au monde qui a connu, au moins, quatre coups d’état- réussi ou déjoué- depuis le début du siècle et le seul pays d’Afrique ayant déjà fait l’objet de deux suspensions par l’Union africaine. Et convenir qu’il s’agit là d’un triste «palmarès».

Ce compromis doit donc être axé principalement sur le rétablissement de l’Institution présidentielle mais il doit en même temps traiter les origines de la crise qui a abouti au coup d’état.

Le Président de la République doit présenter formellement sa démission, le HCE doit fixer la date de la prochaine élection présidentielle dés à présent et ce dans un délai n’excèdent pas six mois à compter du 6 août 2008.

Durant cette période, il ne doit procéder à des nominations dans la fonction publique ou au sein des Entreprises publiques que par nécessité administrative car ces nominations peuvent constituer un moyen d’influer sur tout processus politique ou électoral.

Le HCE devra réviser l’article 6, alinéa 2, de sa Charte constitutionnelle en vue de permettre au Parlement d’interpeller, en cas de besoin, le Gouvernement et abroger les alinéas 2 et 3 de l’article 8 de la même Charte afin de rétablir la plénitude des pouvoirs constitutionnels de la Représentation nationale.

Le Parlement doit, de son coté, organiser en association avec le HCE un débat portant uniquement sur les trois questions suivantes :
1. Les modalités du rétablissement de l’Institution présidentielle, en particulier les garanties de transparence et d’honnêteté de l’élection. Ces garanties doivent être nécessairement meilleures que celles de 2007 ;

2. Les causes de la crise survenue entre le Président et sa majorité et les leçons à en tirer, y compris l’éventualité de limiter les pouvoirs du Président de la République et de revoir, le cas échéant, les conditions de son «empêchement».

L’éventuelle limitation des pouvoirs présidentiels ne doit pas cependant affaiblir cette Institution fondamentale car l’existence d’un centre de décision unique et respecté est indispensable, en particulier dans notre contexte social.

D’autant plus qu’il s’agit d’une Institution tirant sa légitimité du suffrage universel direct du peuple tout entier. Et le pays ne peut pas être gouverné si le Président ne jouit pas de l’autorité requise et dispose d’une Majorité solide et fidèle ;

3. La relation entre le Président de la République en tant que Commandant en Chef des Forces armées et celles-ci, y compris la définition des conditions d’accès aux emplois supérieurs au sein des Forces armées et au grade de Général.La durée de ce débat ne doit pas excéder trois mois.

Il serait loisible au Parlement de faire appel à toute expertise pouvant mieux l’édifier dans l’élaboration de ses décisions finales et d’entendre les partis politiques.

Une fois ce compromis conclu, il devra être solennellement approuvé par les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès et présenté ensuite à nos principaux partenaires en vue de demander, d’une part, l’assouplissement des sanctions édictées contre notre pays et leur assistance dans l’organisation de l’élection présidentielle et d’une éventuelle  révision constitutionnelle, d’autre part.

Je sais qu’il ne sera pas facile de convaincre les principaux partenaires car ils ne voient pas de raisons valables pour reprendre l’élection présidentielle à ce stade mais l’adhésion libre, totale et sincère de tous les protagonistes à ce compromis finira certainement par les amener à reconsidérer leurs positions.

Ce scénario évitera à notre peuple de souffrir de l’isolement et lui permettra de retrouver progressivement sa place dans le concert des Nations. Ce dernier aspect ne sera pas aisé car rien n’est plus difficile que la «Construction» de la confiance.

Le monde entier avait  bien accueilli le «tournant» pris par notre pays en 2007 et il nous a réellement manifesté sa sympathie et sa disponibilité à nous accompagner dans le renouveau et l’édification de notre pays comme en témoignent les résultats du Groupe consultatif.

Le virage opéré par le Président Sidi OULD CHEIKH ABDELLAHI en mai dernier n’a pas été bien compris par de nombreux partenaires et a brisé l’élan lancé depuis le début de son mandat en congédiant un Gouvernement dont la seule faute est d’avoir cru sincèrement en la volonté de reforme et de changement. Le coup d’Etat du 6 août a mis fin à ce «printemps» mauritanien et aux grands espoirs qu’il avait fait naître.

Le successeur du Président OULD CHEIKH ABDELLAHI, démocratiquement élu, risque de ne pas bénéficier d’emblée du même niveau de soutien. Il devra nécessairement apporter plus de gages de stabilité et de pérennité du Système démocratique mais aucun homme (ou femme) ne pourra fournir, seul, suffisamment de garanties dans ce domaine. C’est au peuple mauritanien tout entier qu’il reviendra de donner, à travers ses Corps constitués, ces gages.

Les Institutions républicaines, les partis politiques et les Forces armées et de Sécurité doivent  adopter un Code d’Honneur garantissant la normalisation de la vie politique et bannissant le recours à la force comme mode d’accession au pouvoir.

Il ne peut y avoir que des «gagnant-gagnant» dans l’établissement d’un tel Code d’Honneur. Notre pays a beaucoup souffert de l’instabilité et de ses corollaires néfastes. Il mérite mieux que cela et la mémoire de nos ancêtres qui ont su édifier une Civilisation rayonnante, dans des conditions beaucoup plus difficiles, mérite mieux que nos déboires continus.

 les Mauritaniens ont besoin d’un sursaut national pour tourner définitivement cette page sombre et créer les conditions de la renaissance de notre Nation et de l’édification de notre pays. Nous avons accusé un grand retard sur tous les Etats qui ont accédé à l’indépendance avec nous et qui disposent, dans certains cas, de moins de ressources naturelles tout en étant plus peuplés.

Personne ne construira notre pays à notre place mais si nous réglons de manière saine nos problèmes internes, établissons une véritable démocratie et engageons les reformes nécessaires, il ne fait aucun doute que tous nos partenaires seront, comme d’habitude, à nos cotés et assumeront leurs responsabilités.

«La balle est donc dans notre camps» et c’est à nous qu’il incombe de jeter de façon durable les jalons d’un Système politique adapté à notre époque et à même de gagner la confiance de la Communauté internationale sans l’assistance de laquelle aucun progrès n’est possible.

Nous devons songer sérieusement à la situation de notre pays et à l’héritage que nous voulons laisser aux générations futures. Nous avons réellement besoin de ce sursaut national pour avoir une chance de pouvoir enrayer le déclin de notre pays. Nous devons regarder autour de nous. Tous les pays voisins avancent tandis que nous reculons.

Nous ne pouvons renverser cette tendance en étant seulement aussi efficaces et aussi performants que les autres (ce dont nous sommes très loin) : nous devons offrir de meilleures conditions sinon nous ne serons pas compétitifs car nous constituons un marché insignifiant et notre pays est fragile et instable. Nos concitoyens – et même notre élite- croient, à tort, que nous sommes un pays riche.

La vérité est que notre sous-sol et nos eaux territoriales recèlent certaines ressources, qui sont loin d’être rares ni abondantes, mais nous n’avons ni capital ni savoir- faire pour les mettre en valeur. Pour attirer ce capital et ce savoir- faire, il faut avoir la confiance de ceux qui les détiennent.

Cette confiance se construit patiemment, avec le temps, et elle exige, au minimum, la stabilité politique, un bon environnement de travail, un cadre de vie acceptable, de bonnes infrastructures, une justice indépendante et une main- d’œuvre qualifiée.

Or, sur tous ces plans, nous sommes malheureusement les «derniers de la classe». Presque cinquante ans après notre indépendance, notre système éducatif est délabré et nos enfants étudient dans des conditions beaucoup plus difficiles que celles dans lesquelles leurs parents avaient été formés. Notre Ecole est une fabrique de chômeurs et d’obscurantistes.

Nous n’avons pas réellement d’Université. Nos Structures sanitaires sont totalement défaillantes. Nous dépensons, tous les ans, plus d’argent dans les évacuations sanitaires. Notre jeunesse n’a pas de perspectives et est frappée, massivement, par le chômage, la précarité et l’exclusion.

Le nombre d’ingénieurs par habitant est l’un des plus bas au monde et les cadres intermédiaires et agents techniques et professionnels, indispensables au développement, sont quasiment inexistants.

Nos infrastructures sont en piteux état quand elles existent. Nous n’avons pas d’aéroport international et il est plus facile et moins cher d’aller de Las Palmas à Miami qu’à Nouadhibou. Notre pays est sans doute le seul au monde où il n'y a pas un seul Hôtel de haut standing ni simplement une seule Suite digne de ce nom.

Nous ne comptons aucun écrivain de renommée internationale ni un seul Professeur émérite, dans quelque domaine que ce soit, de réputation mondiale. Nous sommes connus, dans le Monde arabe, comme le «pays au million de poètes» mais aucun de nos innombrables poètes n’est parvenu à avoir une dimension arabe, faute d’environnement propice.

Le sort réservé à Mohamed OULD TALEB n’est que la dernière illustration du peu de cas que nous faisons de nos «success story» dans ce domaine pourtant porteur comme, du reste, dans d’autres et Sidi Mohamed OULD BAMBA et ses compagnons risquent de ne pas avoir meilleure fortune.

Nos enfants ignorent notre histoire et même notre géographie car la superficie de notre pays varie d’un manuel à l’autre. Nos Gouvernants se vantent  encore de pouvoir assurer l’approvisionnement du marché en…oignons et huile d’arachide, à l’ère de la révolution numérique !

Le seul domaine dans lequel nous avons un «avantage comparatif» est l’instabilité politique et gouvernementale et le taux record d’anciens Ministres qu’elle engendre.

Au rythme ou nous allons, chaque mauritanien aura été Ministre, au moins une fois dans sa vie. Ainsi cent personnes environ ont accédé à ce statut durant les quatre derniers mois !

Cette situation a totalement déprécié cette fonction qui, dans un Etat normal, couronne généralement une carrière politique ou administrative. Le sens du devoir et de la responsabilité exige de se dire toutes ces vérités et de faire prendre conscience à notre peuple de l’ampleur des défis à relever. Chaque mauritanien doit assumer  sa part de l’effort collectif, rompre avec la mentalité d’assisté et se soumettre aux exigences de la vie moderne.

Mais la condition sine qua non pour relever ces défis et assurer ainsi un avenir pour nos enfants sur cette terre aride est de rompre définitivement avec l’instabilité et les régimes d’exception et de rétablir de véritables Institutions démocratiques.

Je sais pertinemment que la démocratie est un processus qui se construit avec le temps et le progrès économique et social, mais celui-ci ne peut être conduit que par un Gouvernement honnête, déterminé et compétent issu d’élections libres et honnêtes.

Tous les mauritaniens- et leurs nombreux amis à travers le monde avec eux- avaient cru il y a dix huit mois qu’un tel processus était engagé de façon irréversible. Ce rêve se trouve aujourd’hui brisé. Notre génération sera jugée sur sa capacité ou non à faire renaître cet espoir et, partant, à savoir et pouvoir aller dans le sens de l’histoire.

La situation de notre pays est dramatique et les travaux d’Hercule annoncés par le Gouvernement mis en place par le HCE risquent de ne pas connaître un début de réalisation dans le contexte actuel. Le temps presse. Le contexte régional est plein de périls. L’environnement  international est caractérisé par une compétition féroce.

Les grandes puissances sont inquiètes face aux nouvelles menaces du XXI siècle et craignent pour leur avenir. Et nous, nous nous enfonçons dans la débâcle, comme disait le Général dégaule.

PUBLICI( té)

Par Aziz :: 22/07/2008 à 18:45

Alors là, je ne comprends plus.

La marque de fabrique de N. Sarkozy, c’est le libéralisme.
Certains Français ne travaillent pas assez, d’autres ne peuvent pas travailler autant qu’ils le voudraient et tout ça, c’est la faute au système. Il faut donc laisser le marché réguler tout ça.
L’un des seuls points sur lesquels je suis d’accord avec l’actuel président, c’est le fait que la conjoncture économique actuelle empêche l’Etat d’assumer les dépenses qu’il assumait
avant. Certains services publics ne peuvent plus l’être.

Lesquels?
Je n’ai pas de réponses toutes faites. La santé? J’aime mieux pas… La police? La justice? Vaut mieux éviter.
L’instruction? C’est déjà en cours pour le supérieur; pour le secondaire et le primaire, j’espère qu’on n’en arrivera pas là.
L’entretien des infrastructures? L’énergie? Je crois que vous êtes au courant que là aussi le processus de privatisation a commencé.
La culture? J’avoue que là, je sèche. C’est une question complexe que je traiterai plus tard.

Et la télé? Ben la télé, je ne sais pas non plus. Il me semble essentiel qu’il n’y ait pas que des chaînes commerciales, mais de là à dire que c’est une dépense prioritaire…
On n’est pas obligé d’en faire une dépense prioritaire… Tout de suite, les grands mots. On peut trouver un moyen pour que la télé publique se finance en partie seule, avec la pub…
Quoi? Livrer la télévision publique aux affres du marché!
D’un autre côté, je préfère que mes impôts aillent au service de santé et à l’entretien des routes, plutôt qu’à Delarue et une énième fiction inspirée de Maupassant.
D’accord, moins d’argent pour la télé.

Et c’est là que N. Sarkozy annonce qu’il n’y aura plus de pub sur la télé publique, que cette dernière sera financée par une taxe payée par les autres chaines.
Certains parlent d’un cadeau à Bouygues. D’autres d’une préparation de la privatisation de France Télévision. Franchement, je n’en sais rien.
Il est juste très étonnant qu’après avoir condamné l’idée d’une augmentation de la redevance télé, N. Sarkozy supprime aussi la pub.

Moins de services publics, ça veut pas dire plus de service du tout.

l'excision : l'autre mal

Par Aziz :: 22/07/2008 à 18:21


Comme tant d'autres, ce bébé échappera-t-il au calvaire des filles ?

L’excision est pratiquée depuis la nuit des temps et puise ses racines en Egypte entre 5000 et 6000 ans avant JC. Elle est donc apparue bien avant les religions.

J’ai depuis très longtemps été sensible à ce sujet. Un livre que je lisais il y a bientôt 30 ans d’Aïssata Thiam m’avait bouleversée. En mars 2005 était projeté le film de Ousmane Sembéne « MOOLADE ». Deux émissions récentes ont de nouveau ravivé le débat contre l’excision. La dernière en date a été diffusée vendredi 23 Mars dernier sur France 3 à 23h30.

Bien sûr je ne vous cacherai pas mon inquiétude de voir que malheureusement à l’aube du XXI ème siècle, cette mutilation est encore couramment pratiquée dans de nombreux pays d'Afrique. En Amérique et en Europe, entre autre les personnes qui commandent ou pratiquent cette intervention, sont passibles de peine de prison. En France la peine est passée de 13 ans à 20 ans de prison.

Depuis j’ai essayé de mieux comprendre et de ne pas juger, toutefois le problème se pose encore et très récemment mes inquiétudes se sont réveillées alors que je faisais la connaissance d’une famille habitant Paris.

L’excision est pratiquée depuis la nuit des temps et puise ses racines en Egypte entre 5000 et 6000 ans avant JC. Elle est donc apparue bien avant les religions. Au Soudan et en Afrique de l’Est, on l' appelait « excision pharaonique » ou « infibulation pharaonique » . Elle était pratiquée sutout pour éviter qu’au moment des razzias par les arabes, les femmes ne soient violées.

Fait surprenant au moment de la colonisation, cette pratique de l'excision ne soulève aucune polémique, mais notée comme simple coutume africaine.

Ce que l’on n’ébruite pas par ailleurs, c’est que cette excision ou « clitoridectomie » était une pratique médicale en Europe et était utilisée pour soigner les cas d’hystérie, de migraines et d’épilepsie. Cette intervention fit la renomée du médecin gynécologue Isaac Baker-Brown dans les années 1820.Toutefois cette intervention pratiquée sur de trop nombreuses patientes à qui il enlevait le Clitoris et les petites lèvres, fut très vite décriée et puis interdite.

La lutte contre l’excision dans les pays d’Afrique a toujours été un sujet tabou. Bien avant l’indépendance, dans les années 1955, une femme gynécologue, Henriette Kouyaté, milite au Mali pour l’abolition des mutilations génitales féminines.

De nos jours on estime que la clitoridectomie est pratiquée dans 28 pays du monde et touche 75 millions de femmes. Chauqe années des milliers de filles subiraient une MGF (mutilations génitales féminines).

Qu’est-ce que l’excision ? C’est l’ablation du clitoris et des petites lèvres ainsi que toute la partie externe des organes génitaux. C’est la forme la plus répendue . L’infibulation pharaonique connue au sénégal sous le nom de « taf » , « hara », en Egypte, et de gudniin en Somalie, consiste à l’ablation du clitoris et de la totalité des parties génitales externes des petites lèvres et des deux tiers des grandes lèvres, puis couture et rétrécissement de l’orifice vaginal. C’est la forme la plus douloureuse.

Il y a d’autres pratiques tels la cautérisation par brûlures du clitoris et des tissus environnants, l’étirement ou élongations du clitoris et des tissus environnants, le grattage raclage ou coupure du vagin et des tissus environnants, ou encore l’absorption de breuvage asséchant le vagin.

Ces opérations sont pratiquées par une femme du village, une matrone ou tradipraticienne. Au Sénégal et au Mali cette femme appartient à la caste des « forgerons ». La matrone utilise pour l’opération des couteaux spéciaux, des lames de rasoir.

Les raisons qui poussent des milliers de parents à mutiler leurs enfants sont liées d’abord à des contraintes sociales, qui les amènent à réagir selon le respect de coutumes. Ils ne pensent pas faire du mal à leur progéniture. Toutefois c’est le résultat de l’ignorance dans lequel baignent la plupart des groupes ethniques qui pratiquent l’excision. Les conséquences sont désastreuses. Il y a risque de contamination du SIDA, car les couteaux utilisés ne sont pas stérilisés. Il y a traumatisme, violence est telle que les êtres ainsi marqués dans leur chair, en gardent la trace à vie et c’est un handicap irréversible. Sans compter que la mort est aussi un risque encourue fréquemment suite à des hémorragies, qui est mise sous le coup d’une malédiction.

Une violence physique et psychique à lieu au vu et au su de l’humanité sous couvert de la culture. La santé de millions de fillettes est en jeu au nom de croyances vétustes et d’une vénérable tradition.

Bob Marley

Par Aziz :: 22/07/2008 à 18:16


«Combat le diable avec cette chose que l’on appelle l’amour.» dit Bob Marley, l' insoumis génial.

Il aurait 62 ans ce mois de Juillet !

Nesta Robert Marley né en Jamaïque le 6 février 1945 et décédé Miami le 11 mai 1981.

Superstar du Reggae et prophète rasta, Bob Marley reste une des principales icônes du monde contemporain. Phénomène plutôt rare, Bob Marley est à la fois adulé du grand public, qui découvrit le reggae avec lui, et des connaisseurs les plus exigeants.

Pur génie évadé des hautes galaxies idéelles pour délivrer un fulgurant message libérateur, démocratisé et musicalisé, Bob Marley 1945-1981 à ce jour probablement inégalé dans la puissance révolutionnaire et prolifique de l’art musical est une source nutritionnelle à se ré-administrer souvent. Question de s’imprégner d’une thérapeutique curato-affranchissante dont la pertinence a suspendu le temps.

Ecriture généreuse et efficace, pensée fertile et dévastatrice, la musique de Bob Marley est une virulente et sensible esthétique de la parole, du dire la paix. L’acuité du verbe, l’empathie qui prédispose le verbe inimitable à une infinité de réceptions de par le monde, la simplicité déconcertante de l’expression toujours transversale à l’humain, ne sont-ce pas là quelques caractères indélébiles de l’essence marleysienne (...) Bob Marley a excellé dans cet art musical et oratoire, cette faculté à dire pour les autres, imaginer pour eux et pour lui-même les mots, les situations, les phrases rebelles immortelles, celles pour lesquelles la postérité lui saura gré. Le titre culte Babylon system s’inscrit dans le chapelet de ces chefs-d’œuvre proprement révolutionnaires à la lisière de la mystique. Le génie jamaïcain ici sublime par la justesse des mots, l’osmose du dire et du chanter, l’idéal musico-transcendantal de la révolution, du refus de l’aliénation, de la lutte de liberté. Le tout rendu avec une quintessence époustouflante.

Et le prophète de scander : We refuse to be What you wanted us to be; We are what we are: That's the way (way) it's going to be. You don't know. ècrit Ze Belinga

Babylon system
  • Nous refusons d'être ce que vous voulez que nous soyons
  • Nous sommes ce que nous sommes
  • Il en est ainsi (si vous ne le savez pas)
  • Vous ne pouvez pas m'éduquer pour quelque opportunité que se soit
  • En parlant de ma liberté et celle du peuple
  • Nous avons été écrasés par le pressoir
  • Bien trop longtemps rebelle, rebelle
  • Le sytème de Babylone est le vampire
  • Qui suce le sang des enfants jour après après jour
  • Je dis que le système de Babylon est le vampire
  • Qui suce le sang des malades
  • Qui construit les églises et les universités
  • Qui décoit les gens continuellement
  • Et qui décerne un diplôme aux voleurs et aux meurtriers
  • Prends garde maintenant
  • Ils sucent le sang des malades
  • Dis la vérité aux enfants, dis la vérité aux enfants
  • Viens et dis la vérité aux enfants
  • Car nous avons été écrasés par le pressoir
  • Bien trop longtemps rebelle, rebelle
  • Et nous avons été pris pour être décorés
  • Bien trop longtemps rebelle, rebelle...

Bob Marley

Malcolm X

Par Aziz :: 22/07/2008 à 18:12


"L’autobiographie de Malcolm X" a été élu par le Times comme étant l'un des 10 essais les plus importants du 20e siècle.

Malcolm X a été assassiné Le 21 février 1965... Plus "radical" que Martin Luther King, Malcolm X est l'un des leaders noirs les plus importants de l'histoire contemporaine.

« Tant que nous détestions l’Afrique, nous nous détestions nous-mêmes. Tant que nous détestions les prétendues caractéristiques africaines, nous détestions notre propre aspect. Et vous m’appelez le prédicateur de la haine. Mais c’est vous qui avez appris au monde à haïr une race toute entière et, maintenant vous avez l’audace de nous reprocher de vous détester pour la simple raison que nous n’aimons pas la corde que vous avez mis à notre cou.» Malcolm X.

Bio express :

Malcolm Little n'a que 6 ans lorsque son père est assassiné. Il est ensuite arraché à sa famille par les services sociaux et placé dans une famille d'accueil. A 15 ans, il se rend aux ghettos noirs de Boston puis de Harlem où il vit de petits boulots et de trafics divers. En 1946, il est condamné à dix ans de prison pour cambriolage. Il y rejoint la Nation of Islam -partisane de la création d'un état noir indépendant sur le sol américain- et se convertit à l'islam. Libéré en 1952, il abandonne son nom d'esclave et devient Malcolm X. Devenu pasteur, il se fait le porte-parole de l'idée de fierté et d'auto-défense des Noirs et contribue au formidable essor de la NOI. Mais peu à peu, il rompt avec la conception sectaire de la lutte de la NOI -il en est d'ailleurs exclu- en comprenant la nécessité d'un combat unitaire transcendant les barrières raciales et les frontières étatiques. Aussi accepte-t-il l'aide extérieure des Blancs, de s'associer à d'autres leaders et commence à jouer le rôle de pivot entre les luttes anti-impérialistes d'autres pays tels Cuba et le Congo. En 1964, il effectue son pélerinage à la Mecque et à son retour, est tenu par les médias responsable de l'embrasement des ghettos. Se sachant menacé, il meurt assassiné dans le temple de Harlem.


***Consultez le site Iphri net pour le commentaire du livre l'autobiographie de Malcolm X.

Bon anniversaire Monsieur Mandela !

Par Aziz :: 19/07/2008 à 17:06

90 ans ce vendredi 18 juillet

Né le 18 juillet 1918, Nelson Mandela fête aujourd’hui ses 90 ans. A cette occasion Afrik.com revient sur l’histoire de ce grand homme à travers deux vidéos de l’INA. De ses débuts en tant qu’avocat à son long séjour en prison, jusqu’à sa libération et son élection à la présidence de l’Afrique du Sud. Portrait en images d’un être d’exception.

                                 
                                                        Nelson Mandela

Rolihlahla Mandela est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, près d’Umtata dans le Transkei, région située dans l’est de la province du Cap-Oriental. Madiba, comme on le surnomme affectueusement, est le fils d’Henry Mandela, le principal conseiller du chef du Thembuland. Après la mort de son père, il devient pupille du chef afin d’être formé à la charge héritée de son père.Très vite, le règlement des litiges qui sont présentés à la cour et le glorieux passé de ses ancêtres dans la défense des intérêts de leurs concitoyens détermineront son avenir. C’est donc naturellement qu’il devient avocat, perpétuant ainsi le combat de ses aînés. Dans la foulée, le jeune Mandela s’engage aussi en politique. Il intègre en 1943 le Congrès national africain (ANC), le mouvement qui deviendra celui de la défense des droits des Noirs soumis, à partir de 1948, au régime ségrégationniste de l’Apartheid. Son activisme lui vaudra 27 années d’emprisonnement à Robben Island.


Mais les barreaux ne l’empêchent pas d’être au devant de la scène politique nationale. En 1990, le président sud-africain Frederik de Klerk libère Mandela. Les deux hommes partageront le prix Nobel de la Paix en 1993 pour leur action en faveur de fin de la ségrégation raciale en Afrique du Sud. Elu président de l’ANC en 1991, Nelson Mandela devient en 1994, l’année où l’Apartheid est officiellement aboli, le premier chef d’Etat noir de son pays, le chef d’une Afrique du Sud ressuscitée. Son destin de chef traditionnel du Thembuland s’est ainsi accompli au-delà des frontières de son village et de son pays. Sa vie et son action sont devenus un modèle pour la planète entière.

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Portrait de Nelson Mandela


Nelson Mandela, chef historique de l’ANC, a été libéré cet après midi après 27 ans de prison. Rétrospective retraçant sa vie et sa lutte contre l’Apartheid. Edition spéciale d’Antenne 2 (France 2) du 11 février 1990. Durée 10m15s


Cliquez sur ce lien pour voir les 2 vidéos : http://www.afrik.com/article14822.html




l'Epopée de Soundiata Keita

Par Aziz :: 27/06/2008 à 18:10

SOUNDIATA KEITA FONDATEUR DE L ' EMPIRE DU MALI AU XIIeme siecle

Le soleil en ce milieu d'après midi écrase encore de sa chaleur la petite batisse de pisé qui fait office de salle de classe et s'etire sur le terre plain de de sable . Un unique petit flamboyant jette une tache un peu plus sombre sur le sol où sont assis en rond un petit groupe d'écoliers
Soma , les jambes repliées et entourées par ses bras maigrichons, le menton posé sur ses genoux ,écoute avec attention le récit que Abdoulaye l'instituteur vient de commencer ,
"ce sont les griots qui au fil du temps ont mené jusqu'à nous l'histoire de notre peuple .
Savez vous ce qu'est un griot ? Interroge l'instituteur en embrassant du regard les enfants . Tous lèvent la main en même temps ,pointant leur index vers le ciel , l' étirant le plus haut possible , et chacun espère que c'est son prenom que va prononcer Abdoulaye , ce jeune homme qui depuis le début de l'année passe de longues heures avec eux pour leur apprendre les bases du savoir . Avec lui ils apprennent ce que leurs parents ne sauraient leur enseigner , les choses essentielles dans la vie d'aujourd'hui : lire ecrire compter mais aussi l'histoire de leur pays.

Abdoulaye d'un mouvement de tête a choisi , et Ahmed très fier prend la parole . Il se lève et d''une voix monocorde dans laquelle transparait la crainte de se tromper il récite d'un trait le texte bien appris : les griots sont les détenteurs de la parole du chant et de la musique , on est griot de père en fils et chaque famille noble a une famille de griots qui le suit à travers le temps pour en raconter l'histoire.


Tu as raison réponds doucement Abdoulaye joignant un large sourire à ses paroles ,et faisant un geste pour lui demander de se rasseoir . On nait griot et les griots sont liés par le sang .
Peut etre connaissez vous le nom d'une personne célèbre dans le monde et qui fait partie d'une famille de griots ? Ajoute t'il en jetant un regard aux gamins
Les petits doigts à nouveau se lèvent . Mory Kanté répond d'une voix mal assurée une adorable gamine qui, la reponse donnée ,se rasseoit aussitôt précipitamment , comme si elle venait de faire quelque chose de mal . Les filles sont en minorité dans la classe et il est toujours un peu éprouvant de devoir prendre la parole devant les garçons qui sont si moqueurs.
Oui , tu as raison ...sa maman est du mali et son père de Guinée.

eh bien je vais aujourd'hui vous raconter l'histoire d'un enfant qui devenu adulte sera le fondateur de l'empire du mali .
J'ai choisi de ne pas rester dans la classe parce que le griot le plus souvent s'installait sous l 'arbre du village pour y prendre la parole et faire voyager à travers le temps ses auditeurs
Il y a bien longtemps vint au monde dans la ville de Niani le petit Soundiata keita . Son père , le roi d'un petit royaume , lui offrit un griot qui allait l'accompagner tout au long de sa vie et c'est grace à cette homme que cette histoire nous est parvenue
Normalement vous le savez l'histoire des familles ne se perpétue que dans les familles auxquelles elles appartiennent mais depuis quelques années nous apprenons nous aussi , l'histoire des grands hommes .
A cette époque donc , la région d' Afrique où nous nous trouvons était constituée par une multitude de petits royaumes que traversaient les grandes caravanes menées par les musulmans , transportant de l'or de l'ivoire mais aussi des hommes qui au hasard d'un combat perdu était devenu des esclaves au lieu de continuer leur vie d'homme libre .

Soundiata vécu quelques années auprès de son père avec le reste de sa famille mais la première femme de son père craignant que l'enfant prit une place trop importante dans les pensées de son époux se debrouilla pour que le roi demande à son puiné (cela veut dire cadet) de quitter le royaume.
Accompagné de sa mère c'est ce qu'il fit et après des mois d'errances il devint maître chasseur
Nous sommes au XII eme siecle pour les chrétiens, et les commerçants arabes recherchent cette marchandise humaine si prisée .
Dans le pays manding des combats opposent cette multitude de chefferies qui constitue la région . Soumaoro Kanté du royaume sosso faisait partie du clan des forgerons , hostiles à Islam. IL profita de la mésentente de ces petits rois pour les attaquer et les faire plier sous son joug , pendant 20ans les hommes acceptèrent bien malgré eux d'obéir à ce terrible roi....
Mais un jour les choses changèrent , Soundiata etait un adulte de 40 ans et si autrefois il était chétif et meme boiteux les années, la volonté et peut etre aussi le devin , l'on transformé et fait de lui un homme puissant par sa force et son intelligence.
Il parvint à rassembler autour de lui tous ces petits villages qui n'en pouvaient plus et après forces combats parvient à prendre le dessus .On raconte que Soumaoro Kanté , ce mechant roi , se retrouva acculé au pied de la montagne et plutot que de se rendre se transforma en pierre.
Soudiata pendant plus de 30 ans permit à son royaume de faire une grande avancée , il développa le commerce , introduisit le cotonnier , et implanta une solide organisation ,il permit la coexistance pacifique entre Islam et l'animisme dans son empire, qui , lorsqu'il mourru à l'age de 65 ans , s'étend de l'Atlantique au Moyen Niger et de la forêt au désert. Il avait choisi pour capitale ,la ville de Niani où il était né....

La voix de Abdoulaye s'eteint dans le silence de la cours d'école , mais les enfants ont les yeux encore remplis par les combats qui ont opposé le courageux Soundiata au méchant roi du clan des forgerons ...

 

VOUS SOUHAITEZ EN APPRENDRE PLUS SUR SOUNDIATA?

L'Epopée de Soundiata Keita

Konaté Dialiba                          

 


La diplomatie française en Afrique au service des intérêts économiques

Par Aziz :: 21/06/2008 à 9:15

Alain Joyandet, secrétaire d'Etat chargé de la coopération, veut " accompagner l'Afrique qui entreprend ". Son prédécesseur, qui voulait " en finir avec la Françafrique ", avait été écarté.

Finis les états d'âme sur le manque de démocratie ou la corruption en Afrique : la France doit " défendre ses parts de marché " menacées par les pays émergents comme la Chine ou l'Inde. Le discours-programme tenu par Alain Joyandet, nouveau secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la francophonie, jeudi 19 juin à Paris, marque un tournant vers la défense des intérêts économiques de la France. Paris " va changer de cap " et " se repositionner sur le continent africain " pendant que sa politique de coopération va " changer de voilure ", a promis M. Joyandet. Sur un continent " où la croissance redémarre ", l'aide au développement économique, " meilleur vecteur de la démocratie ", va être privilégiée.


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                                                    Alain Joyandet

Il y a six mois, son prédécesseur, l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, avait fait sensation en déclarant vouloir " signer l'acte de décès de la Françafrique ", dénonçant la dilapidation de l'aide de la France par certains potentats africains. Les vigoureuses protestations des intéressés, notamment le président gabonais Omar Bongo, avaient abouti, en mars, au remplacement de M. Bockel par M. Joyandet, par ailleurs peu apprécié du ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner.



En trois mois, le nouveau secrétaire d'Etat a visité une vingtaine de pays, principalement africains. Son tout premier voyage, en avril, avait été réservé au chef de l'Etat gabonais, afin de " mettre fin à une ambiance pas très bonne ", s'est justifié, jeudi, M. Joyandet. A présent, il s'agit de " mettre fin à une certaine période de naïveté " et, " loin du discours compassionnel ", d'" accompagner l'Afrique qui marche, l'Afrique qui entreprend ".

Parmi les " chantiers " annoncés, celui visant à " conforter l'audiovisuel extérieur " invite ainsi RFI, TV5 et France 24 à mieux couvrir " les bonnes nouvelles en provenance du continent ". Mais l'essentiel, pour le nouveau secrétaire d'Etat, est désormais d'" encourager l'initiative des acteurs économiques tant africains que français ".

Alors que les traditionnelles positions françaises sont affaiblies par le recul drastique et déjà ancien des budgets de coopération, ainsi que par les appétits asiatiques, M. Joyandet affirme que la France doit " réaffirmer ses ambitions ". " Sinon, le nouveau frémissement sera happé par nos concurrents ", prévient-il.

Dans ce but, 1 milliard d'euros supplémentaires va être " engagé " chaque année par l'Agence française de développement (AFD), soit une augmentation de 25 %. Cette annonce, déjà partiellement faite par Nicolas Sarkozy au Cap (Afrique du Sud), concerne pour la moitié la distribution de prêts bonifiés à des " jeunes Africains qui veulent entreprendre chez eux ".

Le montant de ces prêts entrera dans le calcul de l'aide publique au développement sans ponctionner le budget de l'Etat. La mesure doit s'accompagner d'une réforme de l'AFD dont l'autonomie à l'égard des choix de l'Etat est critiquée.

Alain Joyandet souhaite aussi " relancer l'agriculture " et " valoriser le rôle des femmes dans l'économie ". Il a annoncé la " multiplication par trois " du nombre de volontaires français " sur le terrain " et une augmentation de la part de l'aide publique au développement transitant par les organisations non gouvernementales (ONG).

La prestation du secrétaire d'Etat n'a pas convaincu l'ONG Oxfam France-Agir ici, qui reproche à Alain Joyandet de " n'envisager l'aide au développement qu'au service des intérêts de la France ". Il n'a pas prononcé le mot " pauvreté ", poursuit Oxfam, et " refuse le moindre effort budgétaire ", contrairement aux objectifs de l'ONU.

Alors que la France a réduit de 15 % son budget d'aide au développement en 2007, le secrétaire d'Etat a reconnu que le pays avait " du mal " à tenir ses engagements, mais en avait " la volonté ".


Philippe Bernard




Note : Source : Le Monde daté du 21 Juin 2008 - Le 20 Juin 2008

Le dernier roi d'Ecosse

Par Aziz :: 20/06/2008 à 23:12


Ce Dernier Roi d'Ecosse rime avec les titres que le dictateur ougandais Amin Dada se donnait : "Conquérant de l'Empire britannique " et " Seigneur de toutes les Bêtes de la Terre et des Poissons".

Idi Amin Dada intrigue, déclenche l'hilarité, irrite, inquiète, terrorise. Lorsqu'il offre au peuple britannique dans le besoin une cargaison de bananes, il met les rieurs de son côté. Lorsqu'il séquestre un ressortissant anglais et exige que la reine Elisabeth vienne humblement lui mendier la liberté de son sujet, il fait grincer. Lorsque les corps de ses adversaires politiques jetés aux crocodiles échouent en grappes sur les rives du Nil, il fait frémir. Idi Amin Dada est un plaisantin avec qui il vaut mieux ne pas trop plaisanter. Il prétend connaître la date de sa mort et. en attendant, il trucide avec truculence quiconque ose lui tenir tête. Selon la Commission Internationale des Juristes, il a quelque 25 000 cadavres sur ce qui lui tient lieu de conscience. En expulsant du jour au lendemain les Indous et les Européens, il a plongé dans un chaos inimaginable l'économie florissante de l'Ouganda, que Winston Churchill appelait la « perle de l'Afrique.

Oscar de meilleur acteur pour Forest Whitaker, même si le fils de l'ancien dictateur lui reproche certains détails.

2 critiques...

Quelle performance de Forest Whitaker ! Sa performance est tout bonnement irréprochable - l'accent africain y compris pour ceux qui verront ce film en VO. C'est avec une grande aisance qu'il parvient à incarner un Idi Amin jovial et sympathique avant de vous faire froid dans le dos l'instant suivant. Le scénario signé Peter Morgan ne laisse la place à aucun temps mort et le réalisateur parvient à transmettre au spectateur le stress et le malaise qu'éprouve le personnage de James McAvoy, lui aussi très bon. Un très bon film qui ne pourra vous laisser indifférent aux atrocités commises par Idi Amin ni au talent de Forest Whitaker. Ne passez pas à côté !

Le dernier roi d'Ecosse, film de Kevin Macdonald, s'intéresse à la dictature d'Idi Amin Dada en Ouganda au début des années 70. Ce film malheureusement inspiré de faits réels. Le dernier roi d'Ecossedébute par l'histoire d'un jeune médecin écossais fictif, qui se rend en Ouganda un peu par hasard puis s'engage une mission humanitaire et qui se retrouve en fait dans le sillage et dans l'entourage d'Idi Amin Dada, il en devient même son médecin personnel. La réalisation, la mise en scène, la reconstitution de l'époque sont trés biens ce qui doit surement venir du fait que Kevin Macdonald, le réalisateur, a débuté dans le documentaire. Le scénario mélange habilement fiction et réalité. D'un coté, il y a l'histoire de Nicholas totalement fictive et de l'autre coté on nous montre les premiers temps d'une dictature qui durera huit ans. Au delà de la peinture de la dictature, le récit pose les questions de la fidélité, de l'amité, de la loyauté, de la confiance à l'image de ce que dit Amin Dada à propos de Nicholas, qu'il est la personne en qui il a le plus confiance et de l'autre coté, il y a le thème de la manipulation qui tient une place trés importante. Le film doit également beaucoup à l'énorme prestation d'un Forest Whitaker en grande forme. Il incarne parfaitement cet homme à la fois leader charismatique et cruel dictateur. L'acteur est sensationnel dans ce rôle d'assassin cruel, de démagogue égocentrique mais pourtant charmeur et aussi souvent puéril. Rôle qui a été récompensé d'un Golden Globe del'oscar d'un meilleur acteur. Le jeune médecin du tyran Nicholas Garrigan qui se place en témoin de l'Histoire est interprété par un James Mcavoy trés convaincant qui tient là son meilleur rôle. A leurs cotés, nous retrouvons la trop rare Gillian Anderson dans le rôle d'une humanitaire et Kerry Washington dans le rôle d'une femme d'Idi Amin Dada. Trés bon film, à voir  n'est ce pas jah !

LA Françafrique à la Mafiafrique

Par Aziz :: 20/06/2008 à 23:00


De la Françafrique à la mafiafrique François-Xavier Verschave

"Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Françafrique ? D'où ça vient ? Et comment le peuple français a-t-il été roulé dans cette affaire ?

De la Françafrique à la mafiafrique François-Xavier Verschave

La politique franco-africaine, autrement appelée Francafrique, est extrêmement nocive. Après la proclamation de l'indépendance des anciennes colonies françaises d'Afrique, des réseaux politiciens ont assuré la continuité du pillage du continent noir au profit notamment des hommes de pouvoir en France en placant des dictateurs corrompus à la tête des Etats nouvellement indépendants. Ce texte, retranscription d'une conférence donnée fin 2003, nous propose de survoler les rouages de la Françafrique et ses dérives mafieuses --et nous propose quelques pistes pour de nouveaux rapports avec les peuples du tiers monde en approfondissant la dénloeratïë à l'échelle planétaire.

François-Xavier Verschave (1945-2005) a présidé, les dix dernières années de sa vie,

l'association Survie qui milite, entre autres, sur les questions de relations franco-africaines et de bien publics mondiaux. Auteur et co-auteur d’une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels :

Nord-Sud : De l’aide au contrat. Pour un développement équitable (1991); Noir silence (2000); De la Françafrique à la Mafiafrique (2004); Au mépris des peuples : Le néocolonialisme franco-africain (2004); Négrophobie, réponse aux « Négrologues », journalistes françafricains et autres falsificateurs de l’information (2005); l’écrivain militant reverse l’intégralité de ses droits à l’association SURVIE.

François-Xavier Verschave meurt le 29 juin 2005 sans jamais avoir dérogé à ses principes d’humanité.

repose en paix François.

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