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Aziz
Je suis depuis mars 2008 conseiller municipal à la ville de Rouen
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je ne saurais commencer ce premier billet de 2012 sans vous adresser, et
tout particulièrement à ceux d'entre vous à qui je n'ai pas encore eu
l'occasion de le faire de vive voix ou sur les réseaux sociaux, mes
meilleurs vœux pour la nouvelle année. Puisse-t-elle apporter bonheur,
santé et réussites à vous et à vos proches. Nous allons avoir, dans les
prochains mois, fréquemment l'occasion de nous parler ici, vu
l'importance et les enjeux des élections nationales qui se préparent en
France. Elles portent d'ailleurs mal leur nom, en l'occurrence, tant la
gravité de la crise que nous traversons leur donne naturellement une
dimension européenne et internationale. Les résultats de la
présidentielle et des législatives pèseront lourd en dehors de nos
frontières : ils constitueront soit le tremplin pour une inflexion nette
de la construction européenne, sociale et démocratique, et le point de
démarrage pour une nouvelle dynamique de la gauche européenne ... soit
une défaite supplémentaire de cette dernière. Défaite qui avaliserait de
fait le directoire "sarko" et accélérerait un peu plus encore la fin
de l’État Providence construit après guerre.
A Noël je n'ai pas plus envie de rose que je ne voudrais de neige au printemps. J'aime chaque saison pour ce qu'elle apporte.
Shakespeare
Je ne pouvais pas laisser un chef d'état Français insulter les africains, je vous laisse découvrir Le discours inacceptable de Nicolas Sarkozy, par Boubacar Boris
Diop
Il est peut-être écrit quelque part qu´entre Paris et ses anciennes
colonies d´Afrique noire rien ne doit se passer selon les normes admises par le
reste du monde. La brève visite de Nicolas Sarkozy au Sénégal aurait pu passer
inaperçue : elle lui a au contraire servi de prétexte à un discours
inacceptable, que jamais il n´aurait osé tenir hors du pré carré, devant le
plus insignifiant de ses pairs. En Tunisie et en Algérie, il a bien compris
qu´il ne lui serait pas permis de se comporter comme en pays conquis.
Par Boubacar Boris Diop, Intellectuel, Ecrivain et Journaliste sénégalais
Boubacar Boris Diop
Il n´a d´ailleurs pas eu droit au Maghreb à l´accueil
populaire, folklorique à souhait et dégradant, qui lui a été réservé à Dakar. Dans cette
atmosphère rappelant le temps des commandants de cercle, il a prononcé une
sorte de discours sur l´état de l´Union… française, sans même qu´on puisse lui
reprocher de s´être trompé d´époque. Car il ne faut pas s´y laisser prendre :
bien qu'il ait prétendu s´adresser à l´Afrique entière, Sarkozy n´est pas naïf
au point de s´imaginer que la voix de son pays porte aussi loin que
Johannesburg, Mombasa ou Maputo. Si les intellectuels de cette partie du
continent ont, pour une fois, prêté attention aux propos d´un président
français, c´est parce qu´on leur en avait préalablement résumé le contenu.
Depuis quelques jours, ils le découvrent par eux-mêmes avec stupéfaction en
même temps que les réalités de la Françafrique.
On comprend leur colère : même dans les pays francophones où
on croyait avoir touché le fond depuis longtemps, tout le monde est d´avis que
cette fois-ci la mesure est comble.
Etre un chef d´Etat relativement jeune et inexpérimenté ne donne à personne le
droit d´être aussi puéril. Lorsqu´on dirige un pays important, on ne peut
pousser trop loin le jeu du
“moi-je-ne-suis-pas-comme-les-autres”. Ce manque d´humilité d´un homme que l´on
dirait encore choqué d´avoir si aisément atteint son but l´a amené à aligner,
devant un auditoire particulièrement averti, les plus désolants clichés de
l´ethnologie coloniale du dix-neuvième siècle. La science politique
s´intéressera peut-être un jour à ce cas de figure unique : un président
étranger faisant, du haut de son mètre soixante quatre, le procès de tous les
habitants d´un continent, sommés d´oser enfin s´éloigner de la nature, pour
entrer dans l´histoire humaine et s´inventer un destin. Remises au goût du jour
par des auteurs français surtout soucieux de flatter la négrophobie ambiante,
ces thèses servent à conforter une lecture révisionniste de la colonisation, du
génocide des Tutsi du Rwanda et de la Traite négrière. La phrase “Ce sont des
Africains qui ont vendu aux négriers d´autres Africains” est d´une colossale
ineptie, elle est tout simplement indigne d´un président de la République. C´est
une insulte à la mémoire des victimes et une infâme relativisation de la
violence fondamentale du commerce triangulaire. Jamais, dans toute l´histoire
de l´humanité, une nation n´en a opprimé une autre sans avoir bénéficié de la
complicité, voire du zèle des élites du pays conquis. Aux dires de Robert
Paxton – dont le travail sur Vichy est une référence absolue – Adolf Hitler
n´était pas spécialement intéressé par l´occupation totale de la France : il
lui suffisait de la neutraliser et d´en faire une simple base arrière. Ce sont
les autorités étatiques françaises de l´époque qui l´auraient vivement pressé
de se montrer un peu plus ambitieux, que diable. Et qui donc, sinon l´écrivain
Charles Maurras, a salué comme une “divine surprise” l´entrée des chars
allemands dans Paris le 14 juin 1940 ?
Le constat vaut pour d´autres parties du globe. Sans les coupables hésitations
de Moctezuma – un homme de faible caractère à la tête du puissant empire
aztèque – et le concours des caciques de nombreuses tribus indiennes, Hernàn
Cortès et sa poignée de conquistadors n´auraient pas réussi à soumettre à leur
loi la quasi-totalité de l´actuelle Amérique latine.
Le président français a dépassé les limites du tolérable et – bien au-delà des
fameux “pays du champ “ – beaucoup de descendants d´esclaves vont se demander
comment on en est arrivé à une situation oú un responsable européen peut se
permettre de tenir publiquement, sur le lieu même du crime, de tels propos sur
la Traite négrière. La référence à Césaire n´y changera rien. Comparaison n´est
certes pas raison mais Sarkozy n´a pas de chance : au moment même où il
évoquait avec une émotion feinte “ le bruit d´un qu´on jette à la mer”, un
Nègre – ou un Arabe - était enchaîné et roué de coups à l´aéroport de Roissy.
A Dakar, le président de la République française a refusé d´appeler l´université par son nom,
parce qu´il lui en coûtait sans doute de prononcer celui de Cheikh Anta Diop.
Cette attitude ne le grandit pas, pour dire le moins. Elle met à nu les limites
d´un homme pourtant visiblement décidé à montrer ce jour-là qu´il était capable
de parler d´autre chose – et sur un autre ton – que de “racaille” et de
“karcher”. Son désir de proximité avec un public qu´il devait savoir hostile
l´a peut-être un peu perdu. Le rôle de composition qu´il s´est inventé (“Je
suis jeune et je te parle à toi, jeune d´Afrique“) témoignait de toute façon –
soit dit au passage – d´un réel manque de délicatesse à l´égard de son
vénérable hôte.
On n´aura pas la cruauté de faire remarquer à Sarkozy que le tutoiement nous
rappelle, a nous autres, de bien mauvais souvenirs. Cela importe en définitive
moins que son recours répété a un “je” plein de présomption. Il en faut pour
s´imaginer que ni la vie, ni leurs parents ou leurs professeurs n´ont jamais
rien appris aux jeunes Africains, qu´il y a toujours eu un abîme entre la
Vérité et eux et que, lui Nicolas Sarkozy, allait une fois pour toutes le
combler ce 26 juillet 2007. Mais l´étudiant le moins averti de l´assistance
avait déjà maintes fois décortiqué Discours sur le colonialisme et entendu
Césaire y réfuter l´un après l´autre, avec clarté et précision, les arguments
servis par Sarkozy. Ce dernier ne le sait peut-être pas mais son discours de
Dakar est bien plus vieux que lui-même. On peut se croire résolument tourné
vers l´avenir alors qu´on a seulement les yeux rivés sur le rétroviseur de sa
propre histoire.
Nicola Sarkozy a en outre cru devoir inviter son auditoire à distinguer entre
les “bons” et les “mauvais”
colonisateurs. Admettrait-il qu´un Allemand applique la même grille de lecture
à l´histoire de son pays ? La France n´a été occupée par l´Allemagne que
pendant cinq ans – et dans des conditions infiniment moins cruelles que la
colonisation – mais on attend le jour où, au lieu de réfléchir sur un système
de domination étrangère, violent et illégitime par sa nature même, quelqu´un
aura l´audace de faire le tri entre les nazis de bonne volonté et les autres.
Dressant la liste des fléaux du continent, Sarkozy fait une discrète mention,
“des génocides” dont la colonisation n´aurait en rien été “responsable”. Il
faut s´y arrêter, comme chaque fois que l´on voit le mot “génocide” utilisé au
pluriel par un représentant de l´Etat français. Le nouveau président est arrivé
au pouvoir dans un contexte de très forte tension entre Paris et Kigali.
L´implication de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda est si avérée
que l´on sent parfois chez certaines autorités de l´Hexagone comme une
tentation de passer aux aveux. C´est en réalité la seule option rationnelle
dans ce difficile dossier. Malheureusement Paris court le risque, en créant un
tel précédent, de voir s´ouvrir la boîte de Pandorre des sanglantes dérives de la Francafrique. Pour
se tirer d´affaire, on essaie d´accréditer l´idée que le Rwanda n´était, tout
bien considéré, qu´un génocide africain de plus et qu´on aurait tort d´en faire
une grosse histoire. Avant Sarkozy, François Mitterrand et Dominique de
Villepin – pour ne citer que ces deux-là – avaient essayé de se débarrasser,
d´un haussement d´épaules désabusé, du million de morts rwandais. Or, cette
étrange théorie des solutions finales quasi routinières en Afrique ne résiste
pas à l´examen. Il se trouve en effet que le génocide, perçu comme le crime
absolu par la communauté des nations, a été défini de manière particulièrement
stricte par la Convention de Genève de 1948. Et au sens où l´entend celle-ci,
le seul génocide sur le continent, au vingtième siècle, est celui des Tutsi du
Rwanda en 1994. Les deux autres – la Shoah et le génocide arménien – ont eu
lieu en Europe et le quatrième au Cambodge. Sarkozy ne pouvait ignorer cela.
C´est donc à dessein qu´il a tenté de semer la confusion sur ce sujet
douloureux, qui mérite mieux qu´un dérisoire traitement politicien.
Plus soucieux, curieusement, d´évoquer notre passé le plus lointain que le
présent, l´orateur s´est gardé de la moindre allusion à la Françafrique, “le
plus long scandale de la République”, selon le mot du regretté Francois-Xavier
Verschave. Sarkozy était pourtant très attendu sur le sujet, car il aurait eu
bien des choses à dire sur la politique africaine de la France depuis le début
des années soixante. Il sait bien qu´après des independances de façade Paris a
continué, entre coups d'Etat, soutien à des régimes dictatoriaux et contrôle
total des leviers économiques et du personnel dirigeant, à faire la loi dans
ses anciennes colonies. Il en est ainsi depuis le temps du général de Gaulle et
ses successeurs, de gauche ou de droite, s'en sont toujours tenus à une ligne
de conduite en fin de compte si profitable : langue de bois lénifiante sous les
ors des palais et, dans l'ombre, le langage de la force avec son lot de coups
tordus de divers réseaux et services, d'interventions militaires et
d'assassinats ciblés de personnalités politiques.
On n'attendait certes pas de Nicolas Sarkozy qu'il regrette publiquement
l´implication de son pays – qui ne fait plus l'ombre d'un doute – dans le
génocide des Tutsi du Rwanda ; il n'allait pas non plus, dans un brusque accès
de sincérité, se laisser aller à des états d'âme sur le rôle d'Elf et de
certains grands groupes financiers – auxquels on le dit très lié – dans le
pillage des ressources du continent. Personne, même dans ses rêves les plus
fous, n'a jamais espéré le moindre aveu de cette nature : dans le monde tel
qu'il va, les choses ne se passent pas ainsi. Qui ne s´est malgré tout surpris
à guetter, ces dernières semaines, l´indice d´un début de changement ? La
relation françafricaine a atteint, au sommet, un tel degré de putréfaction
qu´elle se sait condamnée à terme. Du Rwanda à la Côte d´Ivoire – en passant
par les péripéties de la succession d´Eyadéma – les avertissements n´ont pas
manqué depuis bientôt quinze ans. Il eût été habile pour Sarkozy de se donner
une aura de réformateur hardi en faisant de nécessité vertu. Mais même ce petit
pas en avant, dicté par une prise en compte lucide des réalités du monde et des
mutations de l´Afrique dite francophone, a paru d´une audace inouïe aux
parrains de la
Françafrique. Le candidat Sarkozy avait cru pouvoir déclarer
que “la France n'a pas besoin de l'Afrique” mais il n´a pas dû être difficile
de démontrer au président l´imprudence de tels propos. Son mutisme remarqué sur
la Francafrique montre clairement qu´il n´a pas l´intention d´opérer une rupture
qui mettrait dans l´embarras Idriss Deby, Sassou Nguesso et surtout son vieux
complice Omar Bongo. Sans parler des amis qu´il ne va pas tarder à se faire :
présidents en poste et jeunes dauphins encore imberbes se bousculent,
paraît-il, au portillon…
Ceux-là l´ont entendu écarter toute idée de repentance le soir même de son
élection et ils n´oseront jamais le fâcher par l´évocation de ce sujet, délicat
entre tous. De toutes les anciennes puissances européennes, la France est la
seule à avoir ce rapport quasi obsessionnel à son passé colonial. Le parlement
y vote, avec une incroyable candeur, des lois négationnistes et sa classe
politique semble faire de la question de la repentance une affaire d´Etat d´une
importance exceptionnelle. On a envie d´inviter toutes ces personnes à plus de
sérénité. Regretter les crimes de ses ancêtres est un acte que seule sa
conscience peut dicter à un être humain. C´est, par ce fait même, un acte qui
perd toute valeur s´il résulte d´une injonction extérieure. Il ne pourra certes
jamais ressusciter les morts ou même guérir complètement les blessures de jadis
mais il peut grandir celui qui est capable de s´élever à une telle hauteur et
aider, parmi les nouvelles générations, à la réconciliation des coeurs et des
esprits. Mais si on n´a pas la force de se repentir, on doit au moins avoir la
décence de se taire. Lorsque Nicolas Sarkozy lance : “Jeunes d'Afrique, je ne
suis pas venu vous parler de repentance”, il commet une grave inversion des
rôles. C´est le privilège de la victime et non du bourreau de décider s´il faut
évoquer ou non des crimes si abominables. La réaffirmation constante par le
second de son refus du repentir est une véritable maladie de l´âme. Une société
dont les dirigeants et tant de citoyens n´ont avec leur passé que ce rapport de
dénégation, compulsif et grimaçant, révèle à son insu le malaise qui le
tenaille et mérite, en vérité, plus de compassion que de haine.
A entendre Nicolas Sarkozy en prendre ainsi à son aise avec la Traite négrière,
on peut perdre de vue qu´elle a fait, sur plusieurs siècles, au moins deux
cents millions de victimes. Ce dernier chiffre est donné par Senghor - dans
l´important ouvrage qui lui est consacré par l´universitaire américaine Janet
G.Vaillant. Peu porté à l´exagération en la matière, l´ancien président
sénégalais explique très sobrement dans une lettre à sa biographe en quoi le
“trafic de bois d´ébène” continue à peser à la fois sur le présent et sur le
destin de l´Afrique.
Le poète de Joal a été cité à plusieurs reprises par Nicolas Sarkozy en des
termes élogieux. Le plus ironique c´est que, quoi que l´on puisse penser de
Senghor, il n´est pas certain qu´il aurait laissé un invité du Sénégal dire de
telles énormités ce 26 juillet sans lui porter la réplique d´une façon ou d´une
autre. Etre un habile politicien ne l´empêchait pas d´avoir, lui, de la fierté
et le sens de l´Histoire.
Au-delà des rapports de suzerain à vassal que Sarkozy peut entretenir avec ses
obligés de la Françafrique, ce qui est arrivé à Dakar interpelle aussi une
certaine intelligentsia africaine francophone. Les désillusions nées des
Indépendances – partis uniques, Guides-Infaillibles-de-la-nation. épidémie de
coups d´Etat militaires et corruption – ont amené certains auteurs à soumettre
l´Afrique à une critique sans complaisance. A partir de la fin des années 80 de
nombreux textes ont été publiés par nos sociologues, historiens ou philosophes,
avec l´intention louable de diagnostiquer le mal africain et de susciter les
conditions psychologiques d´un sursaut. De façon moins élaborée mais souvent
mus par la même volonté de favoriser un électrochoc, les romanciers faisaient
de leur côté, avec la démesure et les effets de dilatation que seule autorise
la fiction, le procès des systèmes politiques post-coloniaux. Les uns et les
autres avaient malheureusement tendance à confondre Etat africain et société
africaine. Celle-ci était soupconnée de couver, par le simple fait qu´elle
restait elle-même, les germes de sa propre destruction, plusieurs fois annoncée
à l´époque – puis aussitôt reportée sine die. C´était là l´exemple achevé d´une
vision purement essentialiste de la réalité africaine, tournant autour
d´elle-même, comme le serpent qui se mord la queue, avec une lassante
monotonie. Négligeant les rapports de force politiques réels et l´impact
décisif de l´Etat francais sur les luttes de pouvoir dans chaque pays de son
ex-Empire d´Afrique subsaharienne, la réflexion se polarisait, avec une
singulière obstination, sur les effets visibles du désastre au détriment de ses
causes profondes, moins spectaculaires il est vrai. Cette littérature, en
principe destinée aux Africains, a été en fait beaucoup plus lue par les
Occidentaux. Ceux-ci en ont fait leurs délices et elle leur a procuré un exquis
sentiment d´innocence. Ces auteurs balisaient à leur insu la voie à une
négrophobie que l´on voit chaque jour un peu plus paisible et décomplexée mais
qui sait être vulgaire et injurieuse à l´occasion. En quelques années,
l´afro-pessimisme a été pour ainsi dire racialisé et vidé de l´énergie
libératrice dont elle était potentiellement porteuse. En France et dans le
reste de l´Occident, des essayistes africanisants s´en sont largement servis
pour donner une seconde vie aux préjugés les plus incongrus sur le continent.
Et très souvent ils se sont abrités derrière ces ouvrages pour convaincre de la
pureté de leurs intentions un public assez peu averti. Il était en effet
difficile de les accuser de racisme puisqu´ils ne faisaient que reprendre les
analyses de leurs homologues de Dakar, Yaoundé ou Abidjan.
Les propos de Nicolas Sarkozy viennent en droite ligne de cet univers vaguement
africanisant, si prompt à fustiger la concurrence mémorielle et une soi-disant
tendance des Nègres à se présenter comme d´éternelles victimes des autres. Son
meeting d´Agen le 25 juin 2006 est particulièrement révélateur de cette intime
filiation. Sarkozy y avait été très dur contre : « ceux qui ont délibérément
choisi de vivre du travail des autres, ceux qui pensent que tout leur est dû
sans qu'eux-mêmes doivent rien à personne, ceux qui veulent tout tout de suite
sans rien faire, ceux qui, au lieu de se donner du mal pour gagner leur vie,
préfèrent chercher dans les replis de l'histoire une dette imaginaire que la
France aurait contractée à leur égard et qu'à leurs yeux elle n'aurait pas
réglée, ceux qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires, pour exiger une
compensation que personne ne leur doit, plutôt que de chercher à s'intégrer par
l'effort et par le travail, ceux qui n'aiment pas la France, ceux qui exigent
tout d'elle sans rien vouloir lui donner, je leur dis qu'ils ne sont pas
obligés de rester sur le territoire national.» Quatre jours plus tôt, il était
l´invité de Franz-Olivier Giesbert à l´émission “Culture et dépendances”. Il y
disait textuellement ceci : « J'ai reçu le père malien et le frère [d'un des
deux jeunes électrocutés dans un transformateur EDF, origine des émeutes de
novembre 2005]. Le père, qui est depuis trente ans en France, ne parlait pas
français. Le fils, qui est né en France et va au Mali seulement pour les
vacances, était en boubou.»
Que ce leader politique ait pu en vouloir à des émigrés maliens en train de
faire le deuil de leur enfant d´être “en boubou” ou de ne pas parler français,
donne la mesure de son mépris pour les Africains et pour leur culture. On
aurait cependant tort d´oublier que cette façon de penser est aujourd´hui assez
répandue en France. La sortie dakaroise de Sarkozy a retenu l´attention parce
qu´il est un chef d´Etat mais il n´a rien dit que l´on n´ait lu ou entendu, au
cours de la décennie écoulée, de la part de nombre d´intellectuels européens
mais aussi, il faut bien le dire, de la part des penseurs africains eux-mêmes.
Pour l´afro-pessimisme, qui a d´ailleurs toujours été un courant philosophique
diffus et quasi insaisissable, l´heure devrait être à une révision déchirante.
D´une partie de l´Afrique à une autre, voire d´un pays à un autre, des
processus historiques singuliers et complexes sont à l´oeuvre. Il n´est pas
raisonnable de s´en interdire l´examen minutieux, loin des a priori réducteurs.
Autrement dit, le choix n´est pas seulement entre une glorification béate du
continent africain et sa diabolisation à outrance. Ce sont là deux façons
identiques de s´enfermer dans un tête-à-tête pernicieux avec un monde
occidental trop souvent pris à témoin – au nom de quoi ? – de nos “temps
glorieux” ou de notre “malédiction”. Instruire le procès des sociétés
africaines est légitime mais il est essentiel de savoir très précisément à qui
l´on parle. Et si l´on ne trouve pas un moyen sûr de s´adresser en priorité aux
Africains, les choses resteront encore longtemps en l´état, au grand dam de nos
populations.
On aimerait bien connaître le bilan que le président francais lui-même a fait,
en son âme et conscience, de sa visite à Dakar. Se peut-il qu´il n´ait pas
compris à quel point nous nous sommes sentis insultés ? D´un point de vue
rigoureusement politique, son discours est une faute. Il ne tardera pas à s´en
rendre compte : les Africains et les Nègres de la diaspora ne le lui
pardonneront jamais. La bonne vieille langue de bois aurait mieux servi les
intérêts de son pays. Elle lui aurait en outre évité ces effets oratoires si
empruntés qu´ils en étaient parfois un peu pathétiques. A l´arrivée on a
presque envie de remercier Nicolas Sarkozy d´être venu nous apporter, bien
malgré lui, la bonne nouvelle : en Françafrique, depuis le 16 mai 2007, le Roi
est nul.
L’être humain est assurément la plus prodigieuse des créatures. Il est la
preuve ardente de l’omniscience divin. Il doit, en conséquence, pour mériter
cette supériorité sur toutes les autres créatures vivantes connues sur terre,
rester digne en toute circonstance. Mais peut-on être digne dans la
pauvreté ? Peut-on s’abstenir de voler, d’escroquer, de marauder,
d’arnaquer lorsque c’est le seul moyen pour survivre ? Peut-on éviter de
mendier lorsque c’est la seule voie pour se nourrir et nourrir sa
famille ?
L’être humain est par ailleurs condamné à vivre en communauté. Malgré son
désir naturel de liberté, il se définit fondamentalement par son appartenance à
un clan, une tribu, une caste, une famille et, par extension, à une Cité.
L’organisation démocratique de la
Cité, qui est érigée en règle universelle et intangible
malgré les dérives totalitaires trouvant leur terrain de prédilection en
Afrique noire notamment, traduit la participation du citoyen à la gestion de
son espace vital, au double plan national et local. Mais comment servir la
communauté, comment exprimer sa citoyenneté lorsque les rigueurs de la
conjoncture confinent les âmes à la recherche du minimum vital ?
Vivre d’abord, philosopher après! «Toute société qui prétend assurer aux
hommes la liberté doit commencer par leur garantir l’existence» disait Léon
Blum. La psychose de la faim conduit souvent les masses appauvries à des
agressions irrationnelles sur les ressources communautaires et même au pillage
du bien public. En effet, le sauve-qui-peut économique conduit à une gestion au
jour le jour, plus consommatrice que protectrice, parfois plus destructrice que
conservatrice qui plonge les masses démunies dans la spirale
Population/Pauvreté/Environnement. Incontestablement, la misère suscite la
précarité, inhibe la rationalité, grignote la dignité et brûle la conscience à
petit feu.
L’existence précaire laisse peu de temps à la réflexion et il apparaît de
plus en plus que l’ignorance et la pauvreté sont les grandes ennemies de la
démocratie et de la citoyenneté. Le paysan qu’on forme sur les droits et les
devoirs du citoyen envers le conseil rural préfère recevoir de l’engrais, du
matériel agricole ou obtenir des marchés d’écoulement. Le temps qu’il passe à
la formation l’empêche d’aller à la recherche de la «dépense quotidienne». De
jeunes délinquants rongés par la faim volent les ampoules et les serrures dans
les stades, écoles et autres édifices publiques pour les revendre à vil prix.
Certains éleveurs démunis des moyens d’accès au forage, cassent les tuyaux de
la société de distribution d’eau pour abreuver leurs troupeaux. Des populations
poussées hors de leurs terroirs d’origines par la péjoration climatique et le
dépérissement des activités agricoles occupent et obstruent la voie publique
par des étalages de pacotilles où reproduisent un habitat villageois en plein
centre urbain.
Dans une Afrique rongée par la pauvreté, le pouvoir est, comme le rappelle
le politologue camerounais Achille Mbembe, «Le lieu du repas». La
fonction ministérielle par exemple, accablée par la psychose du limogeage,
n’est plus un sacerdoce mais un tremplin pour accéder à des privilèges jamais
connus et extirper ses proches de la pauvreté. Au lieu de fructifier leurs
longues années d’études en faisant valoir leur expertise, de hauts
fonctionnaires se contentent de chanter les louanges du Président de la République pour éviter
de se voir le pain retiré de la bouche.
La pauvreté conduit aussi à la marchandisation du vote. De pauvres citoyens
acceptent moyennant des sommes dérisoires et du riz au gras à la mi-journée
d’embarquer dans les cars «Taxi brousse» pour simuler un effet de masse et
applaudir naïvement dans les meetings politiques. D’autres votent, sans
conviction idéologique, pour le parti qui a distribué le plus de sacs de riz
pendant la campagne avec la promesse de récidiver en cas de victoire.
Généralement, le parti au pouvoir a toutes les chances de remporter les
élections parce qu’il sait faire preuve de plus de largesses envers ses
militants y compris en utilisant les moyens de l’Etat. Beaucoup d’électeurs
sont également attirés par le parti au pouvoir pour des raisons alimentaires.
Bien souvent, faire la politique en Afrique ce n’est pas s’inscrire dans une
idéologie, construire un programme ambitieux et le défendre auprès des
électeurs, mais plutôt appâter les citoyens à coups de billets de banques,
trouver des emplois parfois immérités aux militants, distribuer de vivres de
soudure, verser de l’argent aux cas sociaux souvent douteux, bref, donner aux
pauvres de petits poissons au lieu de leur procurer une bonne canne à pêche.
Les partis politiques profitent bien de l’indigence et de l’ignorance des
masses pour leur tendre des appâts financiers pour influencer et parfois
extorquer leurs suffrages. Les gouvernants ont-ils d’ailleurs intérêt à ce que
le peuple s’instruise ? Ne vaut-il pas mieux les laisser dans l’ignorance
afin de continuer à se servir de leur naïveté selon la formule «Abrutir pour
mieux régner» ? Dans les communautés rurales, certains partis politiques
demandent aux paysans de ne plus payer la taxe rurale, dans l’unique dessein de
s’attirer leur sympathie.
La pauvreté est souvent peu conciliable à l’éthique républicaine. Dans bien
des cas, l’attitude des gouvernants et des citoyens en général est inspirée
moins par le respect et la défense du bien public et des institutions
républicaines que par l’empressement de se servir de ce bien public pour se
remplir les poches dans la perspective de lendemains incertains. La
transhumance politique est également à mettre en rapport avec la psychose de la
pauvreté. Généralement, on transhume d’un parti d’opposition ou d’un parti
déchu vers le parti au pouvoir pour accéder à certains privilèges ou les
conserver malgré la défaite. Tout citoyen est libre d’adhérer au parti de son
choix, mais certains revirements spectaculaires suscitent la suspicion et sont
révélateurs du primat des considérations alimentaires sur les options
idéologiques.
Il est évident qu’on ne peut occulter la question de la pauvreté, qui est un
élément fondamental du contexte social, lorsqu’on se propose d’évaluer le degré
de conscience républicaine dans certains pays Africain. Mais le niveau de vie
ne doit jamais être un prétexte dont on abuse pour se soustraire de ses
obligations de citoyen. Bien souvent, ce n’est pas la pauvreté qui explique
l’incivisme mais plutôt l’ignorance et le déficit de culture politique.
Le réchauffement climatique menace des milliards de
personnes et des mesures doivent être prises d'urgence pour prévenir une
catastrophe, a déclaré le ministre kenyan de l'Environnement en ouvrant la 12e conférence
internationale sur le climat.
Sécheresses récurrentes, diminution du rendement des cultures, plusieurs villes
du continent pourraient être partiellement englouties par les eaux : "L'Afrique
est probablement le continent le plus vulnérable à tous les
effets négatifs du changement climatique et celui qui est confronté aux plus
grands défis d'adaptation", avance Oxfam,
Organisation internationale non gouvernementale consacrée à la lutte contre la
pauvreté, dans un document paru en octobre 2006.
"La pauvreté et le changement de climat sont inextricablement liés. Ce
sont les pauvres du monde qui souffrent déjà de façon disproportionnée des
effets du réchauffement climatique", fait valoir l'organisation
Christian Aid dans un rapport publié en mai 2006.
L'Afrique, continent le plus pauvre, est aussi le plus vulnérable au
réchauffement de la Terre, une situation causée par les grands industriels et
entretenue par les politiques occidentales. Pour financer cette pauvreté, on y
va des propositions les plus originales dont celle de l’ancien président
Chirac imposant une taxe sur les billets d’avion…
Raréfaction des terres agricoles
70 % de la population africaine vit de l'agriculture, dont les rendements
dépendent à plus de 95 % des eaux de pluies, selon les Nations Unies.
Le réchauffement de la Terre a déjà de multiples conséquences sur le continent
noir. Comme dans le centre du Kenya, cette région fertile s'est largement
asséchée en dix ans en raison de la raréfaction des pluies. Le nombre
d'agriculteurs y est passé de 300 à 2 en une décennie.
"Le réchauffement va au-delà des variations attendues par les
processus naturels, ce qui renforce l'idée que les gaz à effet de serre
(essentiellement liés à la combustion des énergies fossiles, comme le gaz, le
pétrole et le charbon) sont impliqués", explique l'organisation
humanitaire Oxfam. Et les conséquences du changement
climatique pourraient être bien plus catastrophiques à l'avenir pour l'Afrique.
"Le rendement des cultures céréalières baissera de 5 % (...) d'ici aux
années 2080», estime un rapport des Nations Unies.
«Le nombre de personnes menacées par des inondations côtières passera de 1
million en 1990 à 70 millions en 2080", ajoute ce document publié à
l'occasion de la 12e conférence internationale sur le climat
qui se tient à Nairobi du 6 au 17 novembre.
Dans les régions semi-arides et soudano-sahéliennes qui ont une population plus
dense, les terres perdent entre 60 et 100 kilogrammes
d'azote, phosphore et potassium (APK) par hectare chaque année. Les terres de
ses régions sont peu profondes, souffrent de très mauvaises conditions
météorologiques et sont soumises à des cultures intensives mais avec peu
d'application d'engrais selon un rapport de lIFDC
(International Fertilizer Development Center).
Aucun de ces pays victimes n'intègrent malheureusement la gestion des
ressources naturelles aux politiques économiques et sectorielles. Il n'existe
pas de programme réaliste de préservation des ressources naturelles dans les
politiques des différents gouvernements en place sur le continent africain.
Maladies et déchets toxiques
"L’Europe intoxique l’Afrique". Ce slogan a
été peint par les militants de Greenpeace en grandes lettres
jaunes sur la coque noire du Probo Koala. Greenpeace ne
s’est pas contenté, le 25 septembre, de bloquer avec l’un de ses navires le Probo
Koala dans le port de Paldinski, en Estonie.
L’association de défense de la nature a aussi porté plainte aux
Pays-Bas, le 26 septembre, contre Trafigura, la
société néerlandaise de trading qui a affrété le "bateau- poison".
Objectif : "obtenir une enquête qui soit vraiment fouillée et qui ne
permette pas au Probo Koala de continuer à
naviguer", explique Loes Visser, porte-parole de Greenpeace
à Amsterdam.
"Quelque 185 millions de personnes en Afrique sud-saharienne seulement
pourraient mourir de maladies directement attribuables au changement de climat
d'ici la fin du siècle", comme le paludisme ou la malnutrition, selon
Christian Aid. La liste pourrait s’allonger avec les déchets
toxiques difficiles à stocker.
Plusieurs centaines de tonnes de déchets toxiques ont été déversés à
Abidjan (en Côte d’Ivoire) dans la nuit du 19 au 20
août 2007 par une mystérieuse société ivoirienne, Tommy, qui
les avait déchargés du cargo grec Probo Koala, affrété par la multinationale Trafigura
enregistrée aux Pays-Bas. Les conséquences dans la ville d’Abidjan:
6 morts et 9000 personnes malades des émanations toxiques, 18 personnes
inculpées. La Côte d'Ivoire ne disposant pas des installations
spécifiques qui permettraient de traiter les 6000 tonnes de déchets hautement
toxiques, ceux-ci seront exportés vers Paris à bord de
plusieurs bateaux. Ceci annonce certainement la clôture du dossier.
Pendant ce temps les plages africaines se raréfient avec l’avancée des océans
dans certaines régions (le cas du golfe du bénin par exemple) et les dégazages
sauvages et difficiles à contrôler.
Au-delà des constats, les emplâtres
Devant ce tableau alarmant, des voix se sont élevées à la conférence de Nairobi
pour réclamer des mesures en faveur des pays en développement. L'Afrique
manque notamment de stations météorologiques pour élaborer des scénarios
climatiques et des stratégies d'adaptation. Elle ne dispose pas d’outil de
traitement des déchets, ni même des instruments de mesure moderne pour la
pollution ou la
radioactivité. Le paradoxe est que l'Afrique
est touchée de plein fouet par les effets de la pollution alors qu'elle est le
continent habité qui produit le moins de gaz à effet de serre (GES).
De son côté, l'Union européenne propose
d’encourager une distribution plus équitable des projets destinés à réduire les
émissions de GES en vertu du Mécanisme de développement propre
(MDP). Le MDP, prévu dans le protocole de Kyoto,
permet aux gros pollueurs de financer des projets de développement propre -
comme l'utilisation de l'énergie éolienne - dans les pays du Sud pour compenser
leurs émissions de GES, et permet ainsi d'injecter de l'argent
dans l'économie locale.
Aujourd'hui, seuls 9 des quelques 400 projets MDP enregistrés
jusqu'à présent se trouvent en Afrique, regrette l'UE.
Pendant ce temps, les taxes vertes se multiplient au Nord. A partir de Novembre
2006 le prix de tous les produits électriques et électroniques est majoré de
0,01 à 13 € afin de financer leur collecte et leur recyclage. On les appelle
les DEEE : déchets d'équipements électriques et électroniques.
Ils ressemblent à un inventaire à la Prévert, englobant les petits appareils
ménagers (sèche-cheveux, cafetière) et les grands (réfrigérateur, lave-linge),
en passant par les ordinateurs, les téléphones et même les jouets et les
lampes.
Ils représentent chaque année, pour le cas de la France, 1,7
million de tonnes. Un chiffre en croissance annuelle de 3 à 5 %, selon l'Ademe
(Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Et dorénavant, l'Europe
veut mieux organiser leur collecte et leur traitement. Une directive impose aux
industriels de mettre au point et de financer la collecte, le recyclage et la
valorisation des appareils électriques et électroniques en fin de vie. Mais ce
surcoût sera inévitablement répercuté sur le prix de vente des produits. Au
final, ce sont donc les consommateurs qui financeront le système.
Depuis quelques années le matériel encombrant est taxé dans des pays d’Europe
comme la Belgique.
On peut compter jusque 1000€ de provision pour frais de
recyclage sur un véhicule neuf. Une grande partie des biens taxés terminent
leur vie dans les villes du Sud, sans aucune prise en charge, nous pensons ici
aux véhicules d’occasion, réfrigérateurs, pneus usagés. Aucune procédure de
transfert ou de récupération de ces écotaxes n’est prévue au programme. Tout se
passe comme si le continent africain était sur une autre planète et pouvait
être tranquillement pollué.
La politique néolibérale de l’Occident, politique imposée à des Etats africains
sans aucune autorité, suscite des contradictions de plus en plus exacerbées en
entravant le développement humain, en ignorant l'environnement, en gaspillant
les ressources. De l'échange inégal aux dettes qui étranglent, il est clair
qu'il ne peut exister de démocratie viable et durable en Afrique
tant que l'ordre politico financier continue à asphyxier la volonté des peuples
d'Afrique, tant que les pays du Nord continuent à protéger les
dictatures et à préserver leurs espaces verts aux dépends de ceux du Sud.
Conclusion
En finalité, pour ce qui concerne la protection de l’environnement, on constate
que le système mis en place est incomplet. Le consommateur occidental paye un
surcoût pour le traitement des biens en fin de vie. La partie qui termine son
existence dans les nombreux dépotoirs à ciel ouvert en Afrique
n’est pas ici prise en considération dans le calcul.
Il y a lieu de dénoncer l’hypocrisie des dirigeants occidentaux qui s’agitent
sur les médias avec des solutions alambiquées pour accorder des prêts et venir
en aide aux pauvres populations du Sud. La taxe sur les billets d’avion est un
exemple de subterfuge pour saigner les populations du Nord ; il aurait été bien
plus simple de prendre l’argent là où il est. Les industriels européens vont
répercuter les écotaxes sur les prix du bien manufacturé mais n’auront pas la
responsabilité de leur reprise. Nous proposons la mise en place d’une "caisse
verte" gérée par une commission indépendante, laquelle récupère les
écotaxes, étudie les destinations finales de ces biens et répartit la manne
excédentaire.
Afin de préserver de manière durable la planète, il conviendrait aussi de
mettre en place des canaux de prévention. Il est aujourd’hui courant de voir
débarquer dans les ports de Nouakchott, Dakar et Abidjan
et dans toute l’Afrique, des véhicules d’un autre temps qui
roulent sous un épais nuage noir. Nous savons que la mauvaise gouvernance et la
corruption généralisée nous empêchent de compter sur les autorités locales pour
un contrôle à l’entrée. Pourquoi ne pas mettre en place dans les pays
exportateurs des canaux de vérification obligatoire pour ces engins de la mort,
aux fins de délivrance d’un certificat d’exportabilité ? En Belgique,
il existe une nouvelle institution pour le contrôle des véhicules d’occasion
avant changement de propriétaire qui a pour rôle d’établir une carte d’identité
du bien cédé sur le territoire national ; ceci ne s’applique pas aux véhicules
exportés.
Plus au Sud, les dirigeants autoproclamés ont très peu de hâte à mettre en
place des système efficace de contrôle et de protection de l'environnement. Les
ministères les plus dispencieux sont, comme en pleine guerre d'Irak
aux Etats-Unis, ceux liés de près ou de loin à la défense du
territoire et des clans au pouvoir.
Les systèmes de protection de la nature n’ont de justification que s’ils
s’appliquent à l’ensemble du système solaire. En dehors de ce cadre, toute
initiative locale s’apparente à une énorme blague.
Quelques jours de vacances ne m'éloigneront pas forcement de vous ! Les technologies permettent aujourd'hui de communiquer quel que soit le lieu où l'on se trouve ! Mais pour autant,un peu de repos,pour "gagner plus" en efficacité à venir! a la rentée ! A.D
Les Africains ont-ils tort de ne pas beaucoup s’intéresser à l’Angolagate, une affaire actuellement en jugement ? Un peu à l’image de l’affaire Elf, cette affaire concerne aussi la Françafrique : Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur de Chirac et ancien baron de la Françafrique, Jean-Christophe Mitterrand, fils de François Mitterrand, surnommé « Papamadit », Jacques Attali, ancien sherpa de Mitterrand notamment, sont soupçonnés d’avoir bénéficié d’une partie des 790 millions de dollars qui ont servi à la livraison de chars, d’hélicoptères, navires de guerre et de munitions au profit du régime de José Eduardo Dos Santos, président de l’Angola. Un « trafic » qui aurait eu pour protagonistes le Français Pierre Falcone et Arcady Gaydamak, l’homme aux cinq passeports.
Pour les uns ce « trafic » a servi « d’alimenter une guerre civile qui, de 1975 à 2002, a fait plus de 500.000 morts ». D'autres, stoïques, considèrent au contraire que cette vente d’armes a permis de mettre fin aux hostilités. Selon ces derniers le procès d’aujourd’hui ne relèverait en fait que d’une « justice coloniale » puisqu’un pays étranger se permet de mettre en cause un chef d’Etat en exercice. Une position guère éloignée de celle défendue par les Angolais : l’avocat de ce pays, Me Francis Teitgen, a d’ailleurs déposé à l'ouverture de la première audience un recours pour que le procès ne se tienne pas, au nom " du respect du secret défense d'un pays étranger ". A ce sujet l'Angola " relève que les droits attachés à sa qualité d'Etat souverain ont été bafoués depuis le début de cette procédure ". Cette demande a peu de chance d’être acceptée, l’Angola en tant qu’Etat ne faisant pas partie de la procédure… Par ailleurs, sur un plan purement juridique la jurisprudence « Jacques Monsieur » milite en faveur de la poursuite sans encombre du procès. En effet en mai 2008 se déroulait au tribunal de grande instance de Bourges le procès d’un Belge bien connu des Congolais nommé Jacques Monsieur. Un marchand d’armes qui a livré des armes (iraniennes ?) à différents pays dont le Congo, pour alimenter la guerre de 1997. Aux avocats de la défense qui plaidaient durant la procédure la nullité des poursuites, puisque les transactions ne s’étaient pas effectuées ou ne passaient pas, matériellement, par la France (un argument repris par les avocats de l'Angolagate) le TGI de Bourges dans son jugement avait maintenu les poursuites pour « commerce illicite d'armes » en s’appuyant sur des principes tirés d’un décret-loi de 1939. Ce texte stipule que la fabrication et le commerce d'armes de guerre « ne peuvent fonctionner et l'activité de leurs intermédiaires ou agents de publicité ne peut s'exercer qu'après autorisation de l'Etat et sous son contrôle » ; ledit texte en outre « sanctionne expressément toute personne qui “ exercera son activité en qualité d'intermédiaire ” à l'occasion de la fabrication ou du commerce des matériels, armes et munitions des catégories visées à l'article 2 du décret, sans qu'aucune condition de nationalité de la personne ne soit édictée… De ce point de vue rien ne s’oppose donc au jugement en France de ce « trafic » qui, loin d’avoir mis directement fin à la guerre en Angola, avait à l’époque sauvé le régime de Dos Santos qui menaçait de s’écrouler, les soldats de Jonas Savimbi ayant pris l’avantage militaire sur le terrain. Restent les pressions politiques.
Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la France cherche à lever à tout prix l'hypothèque de l’Angolagate car celle-ci tend les relations entre les deux pays. La France ne veut en aucun cas s’aliéner les juteux marchés de ce pays dévasté par des décennies de guerres, devenu le 1er producteur de pétrole en Afrique. Lors de son dernier voyage dans ce pays en mai dernier Nicolas Sarkozy n’avait pas caché vouloir effacer cette page sombre de l’histoire des deux pays : « Nous avons décidé de tourner la page des malentendus du passé » avait-il annoncé. Qui doutera que, comme d’habitude, les intérêts économiques et géopolitiques primeront sur le droit et la justice, permettant ainsi aux criminels et aux trafiquants qui viennent endeuiller l’Afrique en complicité avec les gérants de comptoirs africains de continuer à prospérer
Récemment,
en "feuilletant" le blog de Loïc Le Meur, je suis tombé sur un post où
il réaffirmait tout le bonheur qu'il avait ressenti en faisant partie
de l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. Et où il confiait que s'il
votait aux Etats-Unis, il aurait choisi Obama. Ce n'est pas la première
fois que les deux hommes sont comparés. Obama lui-même a encouragé les
analyses rapprochant son profil de celui de Sarkozy en rendant vivement
hommage au président français - pour des raisons que je ne cerne pas.
Obama et Sarkozy m'apparaissent radicalement différents, surtout depuis
que j'ai lu (en français) son fameux discours sur la question raciale.
Tout au long de sa campagne, Sarkozy m'est apparu comme un homme
prospérant dans les lignes de fracture de la société, captivant "sa
France à lui" en lui faisant croire qu'elle est le bon grain à séparer
de l'ivraie. De nombreux Français qui ont élu Sarkozy l'ont fait CONTRE
LEURS VOISINS. Ils représentaient la France qui se lève tôt, et non la
France des flemmards qui réclament l'Etat-providence. Quand Sarkozy
disait : "Aimez la France ou quittez la" aux fils d'immigrés qui ont
des "griefs historiques" contre un pays qui est leur seul pays, ils se
réjouissaient, et pour cause. Cette phrase, ils auraient aimé la lancer
au voisin d'en face, l'intellectuel "black" ou "beur" qui la ramène
tout le temps avec les histoires d'esclavage et de colonisation.
Sarkozy est d'accord avec les envolées d'un Alain Finkielkraut, qui
assimile toute expression de la douleur historique des "Français issus
de la colonisation" à un chantage mémoriel. Il aime les généralités et
joue avec les sous-entendus racistes : le paysan africain n'est jamais
entré dans l'Histoire, n'est-ce pas, et ses petits-enfants viennent
nous reprocher de l'y avoir inséré avec, certes, un peu de brutalité...
Barack Obama - à qui j'ai longtemps préféré Hillary Clinton, exemple de
femme politique aux convictions trempées - est l'anti-Sarkozy. Déjà
parce qu'il témoigne de ses convictions sociales d'homme de gauche là
où Sarkozy cherche dans la génétique une explication rassurante aux
déséquilibres sociaux.
Là où il existe un antagonisme au fond artificiel, Obama fait un
travail de pédagogue pour expliquer les ressentiments et appeler à leur
dépassement. Alors que l'on voulait le piéger avec les déclarations
violentes de son ancien pasteur sur le racisme d'une Amérique blanche
qui mériterait d'être maudite, Barack prend de la hauteur et prouve
qu'il peut être un réconciliateur. Dans la France où Finkielkraut et Dieudonné se
regardent dans les yeux remplis de ressentiment, il faudrait peut-être
un Barack Obama.
Le
Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud,
a choisi, lundi 22 septembre, son vice-président Kgalema Motlanthe,
pour assurer la fonction de président de la République, en remplacement
de Thabo Mbeki, démissionnaire. M. Motlanthe "sera le nouveau
président, pas un président par intérim, il sera le président de la
République [avec les pleins pouvoirs] jusqu'aux élections" générales au
deuxième trimestre 2009, a déclaré le porte-parole du groupe
parlementaire du parti, K. K. Khumalo, à l'issue d'une réunion du
groupe au Cap. Un président par intérim n'aurait pu expédier que les
affaires courantes du pays, alors que les pleins pouvoirs lui
permettent de constituer un vrai gouvernement de transition.
Kgalema Motlanthe doit encore être formellement élu par les députés,
mais sa désignation ne fait aucun doute puisque l'ANC détient plus des
deux-tiers des sièges à la Chambre des députés.
Le nom de la présidente de cette assemblée, Bakela Mbete, une fidèle du
chef de l'ANC, Jacob Zuma, circulait depuis samedi. La vice-présidente
du pays, Phumzile Mlambo-Ngcuka, à qui la loi accorde la préséance,
avait refusé ce poste, affirmant qu'elle partirait avec le chef de
l'Etat.
La fiche de Motlanthe dans le Who's Who sud-africain ici, sa page Wikipedia ici.
l’écologie, c’est comme le suffrage universel et le repos du dimanche
dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de
l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de
l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand
la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles,
on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement rien
ne change.
La prise en compte des exigences écologiques conserve beaucoup
d’adversaires dans le patronat. Mais elle a déjà assez de partisans
patronaux et capitalistes pour que son acceptation par les puissances
d’argent devienne une probabilité sérieuse.
Alors mieux vaut, dés à présent, ne pas jouer à cache-cache : la
lutte écologique n ’est pas une fin en soi, c’est une étape. Elle peut
créer des difficultés au capitalisme et l’obliger à changer ; mais
quand, après avoir longtemp résisté par la force et la ruse, il cédera
finalement parce que l’impasse écologique sera devenue inéluctable, il
intégrera cette contrainte comme il a intégré toutes les autres.
C’est pourquoi il faut d’emblée poser la question franchement : que
voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes
écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui
abolit les contraintes du capitalisme et, par là même, instaure un
nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à
la nature ? Réforme ou révolution ?
Ne répondez surtout pas que cette question est secondaire et que
l’important, c’est de ne pas saloper la planète au point qu’elle
devienne inhabitable. Car la survie non plus n’est pas une fin en soi :
vaut-il la peine de survivre dans "un monde transformé en hôpital
planétaire, en école planétaire, en prison planétaire et où la tâche
principale des ingénieurs de l’âme sera de fabriquer des hommes adaptés
à cette condition" (Illich) ?
Si vous doutez encore que c’est bien ce monde que les technocrates
de l’ordre établi nous préparent, lisez le dossier sur les nouvelles
techniques de "lavage de cerveau" en Allemagne et aux Etats-Unis [1] :
à la suite de psychiatres et de psycho-chirurgiens américains, des
chercheurs attachés à la clinique psychiatrique de l’université de
Hambourg explorent, sous la direction des professeurs Gross et Svab,
des méthodes propres à amputer les individus de cette agressivité qui
les empêche de supporter tranquillement les frustrations les plus
totales : celles que leur imposent le régime pénitentiaire, mais aussi
le travail à la chaîne, l’entassement dans des cités surpeuplées,
l’école, le bureau, l’armée.
Il vaut mieux tenter de définir, dés le départ, pour quoi on lutte
et pas seulement contre quoi. Et il vaut mieux essayer de prévoir
comment le capitalisme sera affecté et changé par les contraintes
écologiques, que de croire que celles-ci provoqueront sa disparition,
sans plus.
Mais d’abord, qu’est-ce, en termes économiques, qu’une contrainte
écologique ? Prenez par exemple les gigantesques complexes chimiques de
la vallée du Rhin, à Ludwigshafen (Basf), à Leverkusen (Bayer) ou
Rotterdam (Akzo). Chaque complexe combine les facteurs suivants :
des
ressources naturelles (air, eau, minéraux) qui passaient jusqu’ici pour
gratuites parce qu’elles n’avaient pas à être reproduites (remplacées) ;
des
moyens de production (machines, bâtiments) qui sont du capital
immobilisé, qui s’usent et dont il faut donc assurer le remplacement
(la reproduction), de préférence, par des moyens plus puissants et plus
efficaces, donnant a la firme un avantage sur ses concurrents ;
de
la force de travail humaine qui, elle aussi, demande à être reproduite
(il faut nourrir, soigner, loger, éduquer les travailleurs).
En économie capitaliste, la combinaison de ces facteurs, au sein du
processus de production, a pour but dominant le maximum de profit
possible (ce qui, pour une firme soucieuse de son avenir, signifie
aussi : le maximum de puissance, donc d’investissements, de présence
sur le marché mondial). La recherche de ce but retentit profondément
sur la façon dont les différents facteurs sont combinés et sur
l’importance relative qui est donnée à chacun d’eux.
La firme, par exemple, ne se demande jamais comment faire pour que
le travail soit le plus plaisant, pour que l’usine ménage au mieux les
équilibres naturels et l’espace de vie des gens, pour que ses produits
servent les fins que se donnent les communautés humaines. Elle se
demande seulement comment faire pour produire le maximum de valeurs
marchandes au moindre coût monétaire. Et à cette dernière question elle
répond : " Il me faut privilégier le fonctionnement parfait des
machines, qui sont rares et chères, par rapport à la santé physique et
psychique des travailleurs qui sont rapidement remplaçables pour pas
cher. Il me faut privilégier les bas coûts de revient par rapport aux
équilibres écologiques dont la destruction ne sera pas à ma charge. Il
me faut produire ce qui peut se vendre cher, même si des choses moins
coûteuses pourraient être plus utiles. "
Tout porte l’empreinte de ces exigences capitalistes : la nature des
produits, la technologie de production, les conditions de travail, la
structure et la dimension des entreprises...
Mais voici que, dans la vallée du Rhin notamment, l’entassement
humain, la pollution de l’air et de l’eau ont atteint un degré tel que
l’industrie chimique, pour continuer de croître ou même seulement de
fonctionner, se voit obligée de filtrer ses fumées et ses effluents,
c’est-à-dire de reproduire des conditions et des ressources qui,
jusqu’ici, passaient pour " naturelles " et gratuites. Cette nécessité
de reproduire l’environnement va avoir des incidences évidentes : il
faut investir dans la dépollution, donc accroître la masse des capitaux
immobilisés : il faut ensuite assurer l’amortissement (la reproduction)
des installations d’épuration : et le produit de celles-ci (la propreté
relative de l’air et de l’eau) ne peut être vendu avec profit.
En somme, il y a augmentation simultanée du poids du capital investi
(de la "composition organique"), du coût de reproduction de celui-ci et
des coûts de production, sans augmentation correspondante des ventes.
Par conséquent, de deux choses l’une : ou bien le taux de profit
baisse, ou bien le prix des produits augmente.
La firme cherchera évidemment à relever ses prix de vente. Mais elle
ne s’en tirera pas aussi facilement : toutes les autres firmes
polluantes (cimenteries, métallurgie, sidérurgie, etc.) chercheront,
elles aussi, à faire payer leurs produits plus cher par le consommateur
final. La prise en compte des exigences écologiques aura finalement
cette conséquence : les prix tendront à augmenter plus vite que les
salaires réels, le pouvoir d’achat populaire sera donc comprimé et tout
se passera comme si le coût de la dépollution était prélevé sur les
ressources dont disposent les gens pour acheter des marchandises. La
production de celles-ci tendra donc à stagner ou à baisser ; les
tendances à la récession ou à la crise s’en trouveront aggravées. Et ce
recul de la croissance et de la production qui, dans un autre système,
aurait pu être un bien (moins de voitures, moins de bruit, plus d’air,
des journées de travail plus courtes, etc.), aura des effets
entièrement négatifs : les productions polluantes deviendront des biens
de luxe, inaccessibles à la masse, sans cesser d’être à la portée des
privilégiés : les inégalités se creuseront : les pauvres deviendront
relativement plus pauvres et les riches plus riches.
La prise en compte des coûts écologiques aura, en somme, les mêmes
effets sociaux et économiques que la crise pétrolière. Et le
capitalisme, loin de succomber à la crise, la gérera comme il l’a
toujours fait : des groupes financiers bien placés profiteront des
difficultés de groupes rivaux pour les absorber à bas prix et étendre
leur mainmise sur l’économie. Le pouvoir central renforcera son
contrôle sur la société : des technocrates calculeront des normes "
optimales" de dépollution et de production, édicteront des
réglementations, étendront les domaines de " vie programmée " et le
champ d’activité des appareils de répression. On détournera la colère
populaire, par des mythes compensateurs, contre des boucs émissaires
commodes (les minorités ethniques ou raciales, par exemple, les
"chevelus", les jeunes...) et l’Etat n’assoira plus son pouvoir que sur
la puissance de ses appareils : bureaucratie, police, armée, milices
rempliront le vide laissé par le discrédit de la politique de parti et
la disparition des partis politiques. Il suffit de regarder autour de
soi pour percevoir, en France et ailleurs, les signes d’une semblable
dégénérescence.
Direz-vous que rien de tout cela n’est inévitable ? Sans doute. Mais
c’est bien ainsi que les choses risquent de se passer si le capitalisme
est contraint de prendre en compte les coûts écologiques sans qu’une
attaque politique, lancée à tous les niveaux, lui arrache la maîtrise
des opérations et lui oppose un tout autre projet de société et de
civilisation. Car les partisans de la croissance ont raison sur un
point au moins : dans le cadre de l’actuelle société et de l’actuel
modèle de consommation, fondés sur l’inégalité, le privilège et la
recherche du profit, la non-croissance ou la croissance négative
peuvent seulement signifier stagnation, chômage, accroissement de
l’écart qui sépare riches et pauvres. Dans le cadre de l’actuel mode de
production, il n’est pas possible de limiter ou de bloquer la
croissance tout en répartissant plus équitablement les biens
disponibles.
En effet, c’est la nature même de ces biens qui interdit le plus
souvent leur répartition équitable : comment voulez-vous répartir
"équitablement" les voyages en Concorde, les Citroèn DS ou SM, les
appartements au sommet des immeubles-tours avec piscine, les mille
produits nouveaux, rares par definition, que l’industrie lance chaque
année pour dévaloriser les modèles anciens et reproduire l’inégalité et
la hiérarchie sociales ? Et comment répartir " équitablement " les
titres universitaires, les postes de contremaître, d’ingénieur en chef
ou de titulaire de chaire.
Comment ne pas voir que le ressort principal de la croissance réside
dans cette fuite en avant généralisée que stimule une inégalité
délibérément entretenue : dans ce que Ivan Illich appelle "la
modernisation de la pauvreté " ? Dès que la masse peut espérer accéder
à ce qui était jusque-là un privilège de l’élite, ce privilège (le bac,
la voiture, le téléviseur) est dévalorisé par là même, le seuil de la
pauvreté est haussé d’un cran, de nouveaux privilèges sont créés dont
la masse est exclue. Recréant sans cesse la rareté pour recréer
l’inégalité et la hiérarchie, la société engendre plus de besoins
insatisfaits qu’elle n’en comble, le taux de croissance de la
frustration excède largement celui de la production " (lllich).
Tant qu’on raisonnera dans les limites de cette civilisation
inégalitaire, la croissance apparaîtra à la masse des gens comme la
promesse - pourtant entièrement illusoire - qu’ils cesseront un jour
d’être " sous-privilégiés", et la non-croissance comme leur
condamnation à la médiocrité sans espoir. Aussi n’est ce pas tant à la
croissance qu’il faut s’attaquer qu’à la mystification qu’elle
entretient, à la dynamique des besoins croissants et toujours frustrés
sur laquelle elle repose, à la compétition qu’elle organise en incitant
les individus à vouloir, chacun, se hisser "au-dessus " des autres. La
devise de cette société pourrait être : Ce qui est bon pour tous ne
vaut rien. Tu ne seras respectable que si tu as " mieux " que les
autres.
Or c’est l’inverse qu’il faut affirmer pour rompre avec l’idéologie
de la croissance : Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul
mérite d’être produit ce qui ne privilégie ni n’abaisse personne. Nous
pouvons être plus heureux avec moins d’opulence, car dans une société
sans privilège, il n ’y a pas de pauvres.
Essayer d’imaginer une société fondée sur ces critères. La
production de tissus pratiquement inusables, de chaussures durant
desannées, de machines faciles à réparer et capables de fonctionner un
siècle, tout cela est, dès à présent, à la portée de la technique et de
la science de même que la multiplication d’installations et de services
collectifs (de transport, de blanchissage, etc.) dispensant chacun de
l’achat de machines coûteuses, fragiles et dévoreuses d’énergie.
Supposez dans chaque immeuble collectif deux ou trois salles de
télévision (une par programme) ; une salle de jeux pour les enfants ;
un atelier bien équipé de bricolage ; une buanderie avec aire de
séchage et de repassage : aurez-vous encore besoin de tous vos
équipements individuels, et irez-vous encore vous embouteiller sur les
routes s’il y a des transports collectifs commodes vers les lieux de
détente, des parcs de bicyclettes et de cyclomoteurs sur place, un
réseau dense de transports en commun pour les banlieues et les villes ?
Imaginez encore que la grande industrie, planifée centralement, se
borne à ne produire que le nécessaire : quatre ou cinq modèles de
chaussures et de vêtements qui durent, trois modèles de voitures
robustes et transformables, plus tout ce qu’il faut pour les
équipements et services collectifs. C’est impossible en économie de
marché ? Oui. Ce serait le chômage massif ? Non : la semaine de vingt
heures, à condition de changer le système. Ce serait l’uniformité et la
grisaille ? Non, car imaginez encore ceci : Chaque quartier, chaque
commune dispose d’ateliers, ouverts jour et nuit, équipés de gammes
aussi complètes que possible d’outils et de machines, où les habitants,
individuellement, collectivement ou en groupes, produiront pour
eux-mêmes, hors marché, le superflu, selon leurs goûts et désirs. Comme
ils ne travailleront que vingt heures par semaine (et peut-être moins)
à produire le nécessaire, les adultes auront tout le temps d’apprendre
ce que les enfants apprendront de leur côté dès l’école primaire :
travail des tissus, du cuir, du bois, de la pierre, des métaux ;
électricité, mécanique, céramique, agriculture...
C’est une utopie ? Ce peut être un programme. Car cette "utopie "
correspond à la forme la plus avancée, et non la plus fruste, du
socialisme : à une société sans bureaucratie, où le marché dépérit, où
il y en a assez pour tous et où les gens sont individuellement et
collectivement libres de façonner leur vie, de choisir ce qu’ils
veulent faire et avoir en plus du nécessaire : une société où "le libre
développement de tous serait à la fois le but et la condition du libre
développement de chacun ". Marx dixit.
Le
processus électoral conduit durant la Transition (2005-2007), et qui a
culminé avec les élections présidentielles tenues en mars 2007, a été
universellement salué comme exemplaire. Il a donné à la Mauritanie une
renommée internationale et ouvert des perspectives sans précédent dans
notre histoire.
Tout mauritanien était fier de décliner sa
nationalité et pouvait s’enorgueillir d’appartenir à ce peuple, arabe,
africain, musulman et pluriethnique, dont le pays est classé parmi les
moins avancés au monde et qui a pu néanmoins conduire à bon port cette
expérience démocratique. un projet de résolution avec la Troïka européenne au lendemain du
second tour de l’élection présidentielle et, à ma grande surprise mais
totale satisfaction, les Ambassadeurs européens commencèrent par dire
qu’avant d’entamer les négociations, il convient d’abord de célébrer le
succès de la démocratie en Mauritanie.
J’étais
fier de cette marque d’estime et de reconnaissance pour le peuple. Ce
sentiment de fierté habitait alors tous les Mauritaniens. Il était
d’autant plus justifié que cette expérience a été, contrairement à
d’autres tentatives menées dans notre aire civilisationnelle, purement
mauritanienne. Elle a été certes engagée à la suite d’un coup d’Etat
militaire mais le peuple mauritanien se l’est totalement appropriée.
Son
aboutissement a été donc salué dans le monde entier et d’innombrables
articles et témoignages de personnalités de tous horizons ont tressé
des lauriers à notre peuple, à sa maturité, à son civisme et à sa
tolérance. Je sais que ce processus électoral n’a pas été exempt de
pressions voire de manipulations en faveur de certains candidats durant
toutes ses étapes, et nul doute que ces limitations expliquent
largement la crise actuelle, mais il n’en demeure pas moins que notre
pays n’a jamais connu d’élections plus propres et plus honnêtes.
Nous
étions le MODELE cité en exemple par les plus grands dirigeants du
monde mais aussi par des milliers de personnes simples et anonymes.
Nous avons commencé à engranger les dividendes de cette situation
unique et des perspectives prometteuses étaient ouvertes devant nous.
Le Président Sidi Mohamed OULD CHEIKH ABDELLAHI
a brutalement arrêté l’élan national enclenché dans notre pays depuis
mai 2007 en demandant, le 8 mai 2008, la démission du Gouvernement et
en formant, dans la foulée, une Equipe incarnant aux yeux de l’Opinion
publique une époque qu’on croyait révolue.
Cette décision
n’était pas une surprise car le Président s’était lancé, quelques mois
auparavant, dans la mise en place d’un parti politique qui a attiré,
comme d’habitude, tous ceux qui sont toujours du coté du pouvoir en
place. La formation de ce parti n’était pas nécessaire.
En
effet le peuple mauritanien n’a pas besoin d’un parti de plus ou de
moins. Il a besoin d’un Gouvernement compétent et honnête et d’une
Administration proche et soucieuse de ses problèmes. Il a besoin de
plus de justice sociale, de services sociaux de meilleure qualité,
d’une bonne et efficiente gestion de ses ressources naturelles et
d’emplois pour ses milliers de jeunes désœuvrés.
Le
Gouvernement qui satisfera ces besoins sera nécessairement populaire.
Et, au lieu de perdre le temps et les énergies dans la formation d’un
parti qui ne pouvait apporter que plus de clientélisme et de
népotisme, il était plus juste de maintenir l’élan pris au départ et de
se concentrer sur la recherche de solutions aux problèmes qui accablent
nos concitoyens.
LEE Kuan Yew, fondateur de Singapour -
cette Ville-Etat devenue l’une des économies les plus dynamiques du
monde - disait qu’il n’a pas de doute que les électeurs lui
renouvelleront continuellement leur confiance car son Gouvernement
créera toujours plus d’emplois, construira de nouvelles écoles, de
nouveaux Centre hospitaliers, de nouveaux logements sociaux, etc.
Eloigné
du pays et de ses réalités durant de longues années, le Président a été
convaincu par les cercles de courtisans qui se sont crées autour de lui
que la mise en place de ce parti était la meilleure manière d’assurer
sa longévité au pouvoir et de lui garantir un second mandat.
Pour
consacrer ce tournant, il a écarté le Premier Ministre – compétent et
dévoué- sans l’appui duquel il n’aurait jamais pu accéder à la
magistrature suprême et nommé à sa place un individu n’ayant jamais osé
se soumettre au suffrage universel, à quelque niveau que ce soit.
Pourtant la raison invoquée fut, ironiquement, la formation d’un Gouvernement politique ! A coté de ce Premier Ministre «politique»,
le Président a fait appel aux personnes qu’il avait sciemment écartées
au départ et qui avaient d’ailleurs été, sauf rares exceptions, battues
aux différentes élections.
Cette équipe ne répondait pas à
l’aspiration au changement exprimée par tous les Mauritaniens lors des
dernières élections, y compris les 25% qui ont voté au premier tour
pour le candidat Sidi Mohamed OULD CHEIKH ABDELLAHI. Tous les candidats avaient d’ailleurs senti ce désir de changement puisqu’aucun d’entre eux ne prônait la continuité.
Cet
état de fait reflétait à la fois une défiance à l’égard de ceux qui ont
géré le pays auparavant et un doute sur leur capacité à apporter le
changement nécessaire. Et ce désir de changement n’est pas un slogan
creux mais une exigence de survie, dans un contexte national, régional
et international difficile.
En tout cas cette volte-face a
soulevé une vague d’indignations dans l’Opinion publique. Elle a en
particulier provoqué le courroux de tous les parlementaires qui n’ont
pas étaient appelés au sein de ce Gouvernement «politique».
Ce
mouvement de contestation a reçu l’appui des Généraux qui avaient
soutenu la candidature du Président et qui ont probablement estimé que
le retour des personnalités «emblématiques» du régime du Président OULD TAYA remet en cause les «acquis» du 3 août 2005.
Le
Président a d’abord brandi la menace de dissolution de l’Assemblée
nationale avant de se rétracter le lendemain en demandant à son
Gouvernement de présenter sa démission.
Le second Gouvernement El Waghf n’a
pas non plus satisfait la classe politique. Dans une situation normale
cette crise pouvait facilement être réglée par les mécanismes
institutionnels mais les conditions des dernières élections ont des
implications qui pèsent aussi bien sur le Président de le République
que sur la Majorité parlementaire.
Après plusieurs péripéties,
le Président a décidé le 6 août dernier de limoger, de manière
rocambolesque, les Généraux. La réaction de ces derniers ne s’est pas
fait attendre : ils ont immédiatement arrêté le Président et annoncé la
mise en place d’un Haut Conseil d’Etat (HCE).
Ce faisant, notre pays renoue avec le pouvoir d’exception et le pays de la «démocratie modèle» est, une nouvelle fois, «l’homme malade» de l’Afrique. Les missions étrangères se succèdent comme en 2005, sauf que les circonstances sont totalement différentes.
En effet Sidi OULD CHEIKH ABDELLAHI
n’avait que quinze mois au pouvoir et son élection a été mondialement
reconnue voire célébrée comme la première élection présidentielle
libre, transparente et démocratique de notre histoire. Elle est de
surcroît l’exemple dont rêvent de nombreux peuples dans notre aire
géographique.
Le «blocage» des Institutions
démocratiques est l’argument principal avancé pour justifier le
renversement du Président mais ces Institutions sont le produit d’une
Constitution révisée en 2006, à l’issue de larges concertations
nationales, et approuvée massivement par voie référendaire.
Les
partisans de la «rectification» invoquent d’autres raisons comme la
«crise» économique, le «maigre» bilan des quinze premiers mois du
mandat présidentiel ou même les agissements de l’épouse de Président
déchu.
Je ne pense pas que de tels arguments méritent d’être
commentés car les deux premiers sont fallacieux tandis que le troisième
est dérisoire face à la gravité de la situation. En tout cas ils
pouvaient justifier un changement de Gouvernement ou de politique,
s’ils étaient exacts, mais pas un coup d’Etat ni même des élections
anticipées.
Le seul problème sérieux qui mérite débat est la
crise qui opposait le Président à sa Majorité parlementaire mais
celle-ci aurait du être résolue par le dialogue politique car, pour
paraphraser Léon TOLSTOI, toute solution imposée par la
violence ne corrigera nullement le mal. Il ne revenait pas en tout cas
à l’Armée de s’impliquer dans cette situation car telle n’est pas sa
mission ni sa vocation.
Mais les évènements ayant pris la
tournure que nous savons, il s’agit aujourd’hui de réfléchir de manière
responsable aux voies et moyens les meilleurs pour sortir de
l’imbroglio dans lequel notre pays se trouve. Il faut d’abord souligner
qu’il s’agit d’une situation sérieuse qui ne concerne pas SEULEMENT la Mauritanie et le peuple mauritanien.
En
effet le monde a profondément changé, contrairement à ce que laissent
croire les déclarations de certaines personnalités, et les «affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale», consacrées en 1945 par la Charte des Nations-Unies, se rétrécissent de jour en jour.
Il
y a moins de vingt ans les démocraties les plus enracinées défendaient
le régime Khmer rouge et nul n’aurait pu s’imaginer simplement
l’inscription d’un changement anti-constitutionnel de Gouvernement à
l’agenda du Conseil de Sécurité.
L’exécution extrajudiciaire- le 12 avril 1980- du Président libérien William TOLBERT, également Président en exercice de l’OUA, par le Sergent Samuel DOE n’a pas suscité la moindre réaction d’Addis Abeba à Alger, ni empêché Samuel DOE de participer au Sommet suivant.
Le Président TOLBERT avait été l’hôte, en juillet précèdent, d’un Sommet de l’OUA auquel avaient pris part la plupart des Chefs d’Etat et de Gouvernement africains.
Aujourd’hui l’Afrique
est dotée de mécanismes institutionnels et d’instruments juridiques
destinés spécifiquement à combattre les changements
anti-constitutionnels de Gouvernement.
Pour ce qui est de l’Europe, la Convention de Cotonou accorde une place centrale aux questions de démocratie et de droits de l’homme, à la différence de la Convention de Yaoundé et des premières Conventions de Lomé.
Les Etats-Unis d’Amérique
font de la promotion de ces mêmes valeurs un axe majeur de leur
politique étrangère, en particulier dans le Monde arabo-musulman.
Le Président George W. BUSH lui-même ne ratait pas une occasion de donner la Mauritanie en exemple et, au moment ou il achève son mandat, il serait contrarié de voir cet «exemple» s’effondrer.
J’ai perçu le même intérêt et la même admiration pour notre expérience
démocratique chez de nombreux dirigeants arabes, y compris des Chefs
d’Etat influents.
L’Union européenne s’est pleinement engagée dans notre processus électoral et la Commission a accepté de nous faire bénéficier pleinement de la «tranche incitative» accordée aux pays ACP ayant de bonnes performances en matière de droits de l’homme et de bonne gouvernance.
Le Commissaire Louis MICHEL
était fasciné par notre expérience et voulait sincèrement la
consolider par l’accroissement de l’aide européenne. Il n’avait pas
hésité, l’année dernière, à annuler- devant moi- un engagement
préalable important pour participer au Groupe consultatif sur notre pays. Le même sentiment animait le Président José Manuel BARROSO.
Et,
sans leur volonté de consolider notre démocratie – volonté partagée
par leurs collègues et par les Gouvernements européens- l’Accord de
pêche n’aurait pas été reconduit dans ses termes actuels.
Le
Gouvernement américain a décidé pour sa part, le 27 juin 2007, de nous
réintégrer à la Liste des pays bénéficiaires de la Loi sur la
croissance et les opportunités en Afrique (AGOA). Et notre pays a été admis, le 12 décembre 2007, à la première phase du Millunium Challenge Coorporation.
Le Président Nicolas SARKOZY a cité notre pays en exemple lors du Sommet euro-africain, à Lisbonne. Le Président Horst KOHLER, a effectué une Visite d’Etat- la première du genre dans notre pays pour un Chef d’Etat allemand. Les Présidents SARKOZY et José Luis ZAPATERO s’étaient engagés également à visiter prochainement notre pays.
Ces trois pays (Allemagne, Espagne et France)
ont inscrit notre pays parmi les Etats prioritaires de leur
coopération. Par conséquent nous devons tous intégrer cette dimension
extérieure d’autant plus que nous avons grandement besoin de tous nos
partenaires.
Abstraction faite de ce que pensent les autres,
nous devons savoir réellement quel est l’intérêt du peuple
mauritanien : Cet intérêt serait-il mieux servi en prolongeant une
situation hybride Régime d’exception / Démocratie limitée ou en
renouant sans délai avec des Institutions réellement démocratiques ?
Des
Journées de concertation ouvertes aux partis politiques et à la Société
civile sont annoncées. Une telle formule avait été expérimentée lors de
la précédente Transition mais je pense que les conditions sont
totalement différentes car nous avons un Parlement élu démocratiquement
qui demeure en place quand bien même le HCE s’est attribué virtuellement ses compétences, par l’article 8 de l’Ordonnance constitutionnelle régissant ses pouvoirs.
Tout débat doit donc se dérouler au sein de cette Institution, en association avec le HCE.
Ceux qui sont en dehors du Parlement ne pourraient, à mon sens,
participer à ce débat qu’en s’exprimant par le biais des médias ou à
travers des formes de consultations que le Parlement jugerait utiles à
l’accomplissement de sa mission.
Le prolongement du statu quo
affaiblira les Institutions démocratiques qui ont été maintenues,
divisera davantage la classe politique, isolera progressivement notre
pays, aura immanquablement des répercussions négatives sur les
conditions de vie des populations et ralentira, au moins, tous les
grands projets d’infrastructures.
La conjugaison de ces
facteurs pourrait provoquer une situation périlleuse tant au niveau
national que sous-régional. L’importance des manifestations de soutien
populaire doit être relativisée car c’est du «déjà vu» et, en
tout état de cause, le niveau de ce soutien baissera avec la fin des
premières vagues de nominations et l’impact de la dégradation probable
des conditions de vie des populations.
L’intérêt national
commande sans le moindre doute de rétablir sans délai une démocratie
réelle, en particulier l’Institution présidentielle qui est
actuellement suspendue.
Le Président, le HCE et le
Parlement doivent mettre l’intérêt national au dessus de toute
considération et s’engager sincèrement dans cette voie. Ils doivent
chercher un compromis pouvant permettre à notre pays de sortir de la
crise actuelle et de cesser définitivement d’être la risée du monde et
le «malade» de le Région.
Ils doivent se rappeler que
nous sommes le seul pays au monde qui a connu, au moins, quatre coups
d’état- réussi ou déjoué- depuis le début du siècle et le seul pays d’Afrique ayant déjà fait l’objet de deux suspensions par l’Union africaine. Et convenir qu’il s’agit là d’un triste «palmarès».
Ce
compromis doit donc être axé principalement sur le rétablissement de
l’Institution présidentielle mais il doit en même temps traiter les
origines de la crise qui a abouti au coup d’état.
Le Président de la République doit présenter formellement sa démission, le HCE
doit fixer la date de la prochaine élection présidentielle dés à
présent et ce dans un délai n’excèdent pas six mois à compter du 6 août
2008.
Durant cette période, il ne doit procéder à des
nominations dans la fonction publique ou au sein des Entreprises
publiques que par nécessité administrative car ces nominations peuvent
constituer un moyen d’influer sur tout processus politique ou électoral.
Le HCE
devra réviser l’article 6, alinéa 2, de sa Charte constitutionnelle en
vue de permettre au Parlement d’interpeller, en cas de besoin, le
Gouvernement et abroger les alinéas 2 et 3 de l’article 8 de la même
Charte afin de rétablir la plénitude des pouvoirs constitutionnels de
la Représentation nationale.
Le Parlement doit, de son coté, organiser en association avec le HCE un débat portant uniquement sur les trois questions suivantes : 1.
Les modalités du rétablissement de l’Institution présidentielle, en
particulier les garanties de transparence et d’honnêteté de l’élection.
Ces garanties doivent être nécessairement meilleures que celles de
2007 ;
2. Les causes de la crise survenue entre le Président et
sa majorité et les leçons à en tirer, y compris l’éventualité de
limiter les pouvoirs du Président de la République et de revoir, le cas
échéant, les conditions de son «empêchement».
L’éventuelle
limitation des pouvoirs présidentiels ne doit pas cependant affaiblir
cette Institution fondamentale car l’existence d’un centre de décision
unique et respecté est indispensable, en particulier dans notre
contexte social.
D’autant plus qu’il s’agit d’une Institution
tirant sa légitimité du suffrage universel direct du peuple tout
entier. Et le pays ne peut pas être gouverné si le Président ne jouit
pas de l’autorité requise et dispose d’une Majorité solide et fidèle ;
3.
La relation entre le Président de la République en tant que Commandant
en Chef des Forces armées et celles-ci, y compris la définition des
conditions d’accès aux emplois supérieurs au sein des Forces armées et
au grade de Général.La durée de ce débat ne doit pas excéder trois
mois.
Il serait loisible au Parlement de faire appel à toute
expertise pouvant mieux l’édifier dans l’élaboration de ses décisions
finales et d’entendre les partis politiques.
Une fois ce
compromis conclu, il devra être solennellement approuvé par les deux
Chambres du Parlement réunies en Congrès et présenté ensuite à nos
principaux partenaires en vue de demander, d’une part,
l’assouplissement des sanctions édictées contre notre pays et leur
assistance dans l’organisation de l’élection présidentielle et d’une
éventuelle révision constitutionnelle, d’autre part.
Je sais
qu’il ne sera pas facile de convaincre les principaux partenaires car
ils ne voient pas de raisons valables pour reprendre l’élection
présidentielle à ce stade mais l’adhésion libre, totale et sincère de
tous les protagonistes à ce compromis finira certainement par les
amener à reconsidérer leurs positions.
Ce scénario évitera à
notre peuple de souffrir de l’isolement et lui permettra de retrouver
progressivement sa place dans le concert des Nations. Ce dernier aspect
ne sera pas aisé car rien n’est plus difficile que la «Construction» de la confiance.
Le monde entier avait bien accueilli le «tournant»
pris par notre pays en 2007 et il nous a réellement manifesté sa
sympathie et sa disponibilité à nous accompagner dans le renouveau et
l’édification de notre pays comme en témoignent les résultats du Groupe consultatif.
Le virage opéré par le Président Sidi OULD CHEIKH ABDELLAHI
en mai dernier n’a pas été bien compris par de nombreux partenaires et
a brisé l’élan lancé depuis le début de son mandat en congédiant un
Gouvernement dont la seule faute est d’avoir cru sincèrement en la
volonté de reforme et de changement. Le coup d’Etat du 6 août a mis fin
à ce «printemps» mauritanien et aux grands espoirs qu’il avait fait naître.
Le successeur du Président OULD CHEIKH ABDELLAHI,
démocratiquement élu, risque de ne pas bénéficier d’emblée du même
niveau de soutien. Il devra nécessairement apporter plus de gages de
stabilité et de pérennité du Système démocratique mais aucun homme (ou
femme) ne pourra fournir, seul, suffisamment de garanties dans ce
domaine. C’est au peuple mauritanien tout entier qu’il reviendra de
donner, à travers ses Corps constitués, ces gages.
Les
Institutions républicaines, les partis politiques et les Forces armées
et de Sécurité doivent adopter un Code d’Honneur garantissant la
normalisation de la vie politique et bannissant le recours à la force
comme mode d’accession au pouvoir.
Il ne peut y avoir que des
«gagnant-gagnant» dans l’établissement d’un tel Code d’Honneur. Notre
pays a beaucoup souffert de l’instabilité et de ses corollaires
néfastes. Il mérite mieux que cela et la mémoire de nos ancêtres qui
ont su édifier une Civilisation rayonnante, dans des conditions
beaucoup plus difficiles, mérite mieux que nos déboires continus.
les Mauritaniens ont besoin d’un sursaut national pour tourner définitivement cette
page sombre et créer les conditions de la renaissance de notre Nation
et de l’édification de notre pays. Nous avons accusé un grand retard
sur tous les Etats qui ont accédé à l’indépendance avec nous et qui
disposent, dans certains cas, de moins de ressources naturelles tout en
étant plus peuplés.
Personne ne construira notre pays à notre
place mais si nous réglons de manière saine nos problèmes internes,
établissons une véritable démocratie et engageons les reformes
nécessaires, il ne fait aucun doute que tous nos partenaires seront,
comme d’habitude, à nos cotés et assumeront leurs responsabilités.
«La balle est donc dans notre camps»
et c’est à nous qu’il incombe de jeter de façon durable les jalons d’un
Système politique adapté à notre époque et à même de gagner la
confiance de la Communauté internationale sans l’assistance de laquelle
aucun progrès n’est possible.
Nous devons songer sérieusement à
la situation de notre pays et à l’héritage que nous voulons laisser aux
générations futures. Nous avons réellement besoin de ce sursaut
national pour avoir une chance de pouvoir enrayer le déclin de notre
pays. Nous devons regarder autour de nous. Tous les pays voisins
avancent tandis que nous reculons.
Nous ne pouvons renverser
cette tendance en étant seulement aussi efficaces et aussi performants
que les autres (ce dont nous sommes très loin) : nous devons offrir de
meilleures conditions sinon nous ne serons pas compétitifs car nous
constituons un marché insignifiant et notre pays est fragile et
instable. Nos concitoyens – et même notre élite- croient, à tort, que
nous sommes un pays riche.
La vérité est que notre sous-sol et
nos eaux territoriales recèlent certaines ressources, qui sont loin
d’être rares ni abondantes, mais nous n’avons ni capital ni savoir-
faire pour les mettre en valeur. Pour attirer ce capital et ce savoir-
faire, il faut avoir la confiance de ceux qui les détiennent.
Cette
confiance se construit patiemment, avec le temps, et elle exige, au
minimum, la stabilité politique, un bon environnement de travail, un
cadre de vie acceptable, de bonnes infrastructures, une justice
indépendante et une main- d’œuvre qualifiée.
Or, sur tous ces plans, nous sommes malheureusement les «derniers de la classe».
Presque cinquante ans après notre indépendance, notre système éducatif
est délabré et nos enfants étudient dans des conditions beaucoup plus
difficiles que celles dans lesquelles leurs parents avaient été formés.
Notre Ecole est une fabrique de chômeurs et d’obscurantistes.
Nous
n’avons pas réellement d’Université. Nos Structures sanitaires sont
totalement défaillantes. Nous dépensons, tous les ans, plus d’argent
dans les évacuations sanitaires. Notre jeunesse n’a pas de perspectives
et est frappée, massivement, par le chômage, la précarité et
l’exclusion.
Le nombre d’ingénieurs par habitant est l’un des
plus bas au monde et les cadres intermédiaires et agents techniques et
professionnels, indispensables au développement, sont quasiment
inexistants.
Nos infrastructures sont en piteux état quand elles
existent. Nous n’avons pas d’aéroport international et il est plus
facile et moins cher d’aller de Las Palmas à Miami qu’à Nouadhibou.
Notre pays est sans doute le seul au monde où il n'y a pas un seul
Hôtel de haut standing ni simplement une seule Suite digne de ce nom.
Nous
ne comptons aucun écrivain de renommée internationale ni un seul
Professeur émérite, dans quelque domaine que ce soit, de réputation
mondiale. Nous sommes connus, dans le Monde arabe, comme le «pays au million de poètes» mais aucun de nos innombrables poètes n’est parvenu à avoir une dimension arabe, faute d’environnement propice.
Le sort réservé à Mohamed OULD TALEB n’est que la dernière illustration du peu de cas que nous faisons de nos «success story» dans ce domaine pourtant porteur comme, du reste, dans d’autres et Sidi Mohamed OULD BAMBA et ses compagnons risquent de ne pas avoir meilleure fortune.
Nos
enfants ignorent notre histoire et même notre géographie car la
superficie de notre pays varie d’un manuel à l’autre. Nos Gouvernants
se vantent encore de pouvoir assurer l’approvisionnement du marché
en…oignons et huile d’arachide, à l’ère de la révolution numérique !
Le seul domaine dans lequel nous avons un «avantage comparatif» est l’instabilité politique et gouvernementale et le taux record d’anciens Ministres qu’elle engendre.
Au
rythme ou nous allons, chaque mauritanien aura été Ministre, au moins
une fois dans sa vie. Ainsi cent personnes environ ont accédé à ce
statut durant les quatre derniers mois !
Cette situation a
totalement déprécié cette fonction qui, dans un Etat normal, couronne
généralement une carrière politique ou administrative. Le sens du
devoir et de la responsabilité exige de se dire toutes ces vérités et
de faire prendre conscience à notre peuple de l’ampleur des défis à
relever. Chaque mauritanien doit assumer sa part de l’effort
collectif, rompre avec la mentalité d’assisté et se soumettre aux
exigences de la vie moderne.
Mais la condition sine qua non pour
relever ces défis et assurer ainsi un avenir pour nos enfants sur cette
terre aride est de rompre définitivement avec l’instabilité et les
régimes d’exception et de rétablir de véritables Institutions
démocratiques.
Je sais pertinemment que la démocratie est un
processus qui se construit avec le temps et le progrès économique et
social, mais celui-ci ne peut être conduit que par un Gouvernement
honnête, déterminé et compétent issu d’élections libres et honnêtes.
Tous les mauritaniens- et leurs nombreux amis à travers le monde avec
eux- avaient cru il y a dix huit mois qu’un tel processus était engagé
de façon irréversible. Ce rêve se trouve aujourd’hui brisé. Notre
génération sera jugée sur sa capacité ou non à faire renaître cet
espoir et, partant, à savoir et pouvoir aller dans le sens de
l’histoire.
La situation de notre pays est dramatique et les travaux d’Hercule annoncés par le Gouvernement mis en place par le HCE
risquent de ne pas connaître un début de réalisation dans le contexte
actuel. Le temps presse. Le contexte régional est plein de périls.
L’environnement international est caractérisé par une compétition
féroce.
Les grandes puissances sont inquiètes face aux nouvelles
menaces du XXI siècle et craignent pour leur avenir. Et nous, nous nous
enfonçons dans la débâcle, comme disait le Général dégaule.
Alors là, je ne comprends plus.
La marque de fabrique de N. Sarkozy, c’est le libéralisme.
Certains Français ne travaillent pas assez, d’autres ne peuvent pas
travailler autant qu’ils le voudraient et tout ça, c’est la faute au
système. Il faut donc laisser le marché réguler tout ça.
L’un des seuls points sur lesquels je suis d’accord avec l’actuel
président, c’est le fait que la conjoncture économique actuelle empêche
l’Etat d’assumer les dépenses qu’il assumait
avant. Certains services publics ne peuvent plus l’être.
Lesquels?
Je n’ai pas de réponses toutes faites. La santé? J’aime mieux pas… La police? La justice? Vaut mieux éviter.
L’instruction? C’est déjà en cours pour le supérieur; pour le secondaire et le primaire, j’espère qu’on n’en arrivera pas là.
L’entretien des infrastructures? L’énergie? Je crois que vous êtes au courant que là aussi le processus de privatisation a commencé.
La culture? J’avoue que là, je sèche. C’est une question complexe que je traiterai plus tard.
Et la télé? Ben la télé, je ne sais pas non plus. Il me
semble essentiel qu’il n’y ait pas que des chaînes commerciales, mais
de là à dire que c’est une dépense prioritaire…
On n’est pas obligé d’en faire une dépense prioritaire… Tout de
suite, les grands mots. On peut trouver un moyen pour que la télé
publique se finance en partie seule, avec la pub…
Quoi? Livrer la télévision publique aux affres du marché!
D’un autre côté, je préfère que mes impôts aillent au service de
santé et à l’entretien des routes, plutôt qu’à Delarue et une énième
fiction inspirée de Maupassant.
D’accord, moins d’argent pour la télé.
Et c’est là que N. Sarkozy annonce qu’il n’y aura plus de pub sur la
télé publique, que cette dernière sera financée par une taxe payée par
les autres chaines.
Certains parlent d’un cadeau à Bouygues. D’autres d’une préparation de
la privatisation de France Télévision. Franchement, je n’en sais rien.
Il est juste très étonnant qu’après avoir condamné l’idée d’une
augmentation de la redevance télé, N. Sarkozy supprime aussi la pub.
Moins de services publics, ça veut pas dire plus de service du tout.
Comme tant d'autres, ce bébé échappera-t-il au calvaire des filles ?

L’excision est pratiquée depuis la nuit des temps et puise ses
racines en Egypte entre 5000 et 6000 ans avant JC. Elle est donc
apparue bien avant les religions.
J’ai
depuis très longtemps été sensible à ce sujet. Un livre que je lisais
il y a bientôt 30 ans d’Aïssata Thiam m’avait bouleversée.
En mars 2005 était projeté le film de Ousmane Sembéne « MOOLADE ».
Deux émissions récentes ont de nouveau ravivé le débat contre
l’excision.
La dernière en date a été diffusée vendredi 23 Mars dernier sur France
3 à 23h30.
Bien sûr je ne vous cacherai pas mon inquiétude de voir que
malheureusement à l’aube du XXI ème siècle, cette mutilation est encore
couramment pratiquée dans de nombreux pays d'Afrique. En Amérique et en
Europe, entre autre les personnes qui commandent ou pratiquent cette
intervention, sont passibles de peine de prison. En France la peine est
passée de 13 ans à 20 ans de prison.
Depuis j’ai essayé de mieux comprendre et de ne pas juger, toutefois
le problème se pose encore et très récemment mes inquiétudes se sont
réveillées alors que je faisais la connaissance d’une famille habitant
Paris.
L’excision est pratiquée depuis la nuit des temps et puise ses
racines en Egypte entre 5000 et 6000 ans avant JC. Elle est donc
apparue bien avant les religions. Au Soudan et en Afrique de l’Est,
on l' appelait « excision pharaonique » ou « infibulation pharaonique »
. Elle était pratiquée sutout pour éviter qu’au moment des razzias par
les arabes, les femmes ne soient violées.
Fait surprenant au moment de la colonisation, cette pratique de
l'excision ne soulève aucune polémique, mais notée comme simple coutume
africaine.
Ce que l’on n’ébruite pas par ailleurs, c’est que cette excision ou
« clitoridectomie » était une pratique médicale en Europe et était
utilisée pour soigner les cas d’hystérie, de migraines et d’épilepsie.
Cette intervention fit la renomée du médecin gynécologue Isaac
Baker-Brown dans les années 1820.Toutefois cette intervention pratiquée
sur de trop nombreuses patientes à qui il enlevait le Clitoris et les
petites lèvres, fut très vite décriée et puis interdite.
La lutte contre l’excision dans les pays d’Afrique a toujours été un
sujet tabou. Bien avant l’indépendance, dans les années 1955, une femme
gynécologue, Henriette Kouyaté, milite au Mali pour l’abolition des
mutilations génitales féminines.
De nos jours on estime que la clitoridectomie est pratiquée dans 28
pays du monde et touche 75 millions de femmes. Chauqe années des
milliers de filles subiraient une MGF (mutilations génitales féminines).
Qu’est-ce que l’excision ? C’est l’ablation du clitoris et des
petites lèvres ainsi que toute la partie externe des organes génitaux.
C’est la forme la plus répendue .
L’infibulation pharaonique connue au sénégal sous le nom de « taf » ,
« hara », en Egypte, et de gudniin en Somalie, consiste à l’ablation du
clitoris et de la totalité des parties génitales externes des petites
lèvres et des deux tiers des grandes lèvres, puis couture et
rétrécissement de l’orifice vaginal. C’est la forme la plus douloureuse.
Il y a d’autres pratiques tels la cautérisation par brûlures du clitoris et des tissus environnants,
l’étirement ou élongations du clitoris et des tissus environnants,
le grattage raclage ou coupure du vagin et des tissus environnants,
ou encore l’absorption de breuvage asséchant le vagin.
Ces opérations sont pratiquées par une femme du village, une matrone
ou tradipraticienne.
Au Sénégal et au Mali cette femme appartient à la caste des « forgerons
». La matrone utilise pour l’opération des couteaux spéciaux, des lames
de rasoir.
Les raisons qui poussent des milliers de parents à mutiler leurs
enfants sont liées d’abord à des contraintes sociales, qui les amènent
à réagir selon le respect de coutumes. Ils ne pensent pas faire du mal
à leur progéniture. Toutefois c’est le résultat de l’ignorance dans
lequel baignent la plupart des groupes ethniques qui pratiquent
l’excision. Les conséquences sont désastreuses. Il y a risque de
contamination du SIDA, car les couteaux utilisés ne sont pas
stérilisés. Il y a traumatisme, violence est telle que les êtres ainsi
marqués dans leur chair, en gardent la trace à vie et c’est un handicap
irréversible. Sans compter que la mort est aussi un risque encourue
fréquemment suite à des hémorragies, qui est mise sous le coup d’une
malédiction.
Une violence physique et psychique à lieu au vu et au su de
l’humanité sous couvert de la culture. La santé de millions de
fillettes est en jeu au nom de croyances vétustes et d’une vénérable
tradition.
 «Combat le diable avec cette chose que l’on appelle l’amour.» dit Bob Marley, l' insoumis génial. Il aurait 62 ans ce mois de Juillet ! Nesta Robert Marley né en Jamaïque le 6 février 1945 et décédé Miami le 11 mai 1981. Superstar du Reggae et prophète rasta, Bob Marley reste une des principales icônes du monde contemporain. Phénomène plutôt rare, Bob Marley est à la fois adulé du grand public, qui découvrit le reggae avec lui, et des connaisseurs les plus exigeants. Pur génie évadé des hautes galaxies idéelles pour délivrer un fulgurant message libérateur, démocratisé et musicalisé, Bob Marley 1945-1981 à ce jour probablement inégalé dans la puissance révolutionnaire et prolifique de l’art musical est une source nutritionnelle à se ré-administrer souvent. Question de s’imprégner d’une thérapeutique curato-affranchissante dont la pertinence a suspendu le temps. Ecriture généreuse et efficace, pensée fertile et dévastatrice, la musique de Bob Marley est une virulente et sensible esthétique de la parole, du dire la paix. L’acuité du verbe, l’empathie qui prédispose le verbe inimitable à une infinité de réceptions de par le monde, la simplicité déconcertante de l’expression toujours transversale à l’humain, ne sont-ce pas là quelques caractères indélébiles de l’essence marleysienne (...) Bob Marley a excellé dans cet art musical et oratoire, cette faculté à dire pour les autres, imaginer pour eux et pour lui-même les mots, les situations, les phrases rebelles immortelles, celles pour lesquelles la postérité lui saura gré. Le titre culte Babylon system s’inscrit dans le chapelet de ces chefs-d’œuvre proprement révolutionnaires à la lisière de la mystique. Le génie jamaïcain ici sublime par la justesse des mots, l’osmose du dire et du chanter, l’idéal musico-transcendantal de la révolution, du refus de l’aliénation, de la lutte de liberté. Le tout rendu avec une quintessence époustouflante. Et le prophète de scander : We refuse to be What you wanted us to be; We are what we are: That's the way (way) it's going to be. You don't know. ècrit Ze Belinga Babylon system - Nous refusons d'être ce que vous voulez que nous soyons
- Nous sommes ce que nous sommes
- Il en est ainsi (si vous ne le savez pas)
- Vous ne pouvez pas m'éduquer pour quelque opportunité que se soit
- En parlant de ma liberté et celle du peuple
- Nous avons été écrasés par le pressoir
- Bien trop longtemps rebelle, rebelle
- Le sytème de Babylone est le vampire
- Qui suce le sang des enfants jour après après jour
- Je dis que le système de Babylon est le vampire
- Qui suce le sang des malades
- Qui construit les églises et les universités
- Qui décoit les gens continuellement
- Et qui décerne un diplôme aux voleurs et aux meurtriers
- Prends garde maintenant
- Ils sucent le sang des malades
- Dis la vérité aux enfants, dis la vérité aux enfants
- Viens et dis la vérité aux enfants
- Car nous avons été écrasés par le pressoir
- Bien trop longtemps rebelle, rebelle
- Et nous avons été pris pour être décorés
- Bien trop longtemps rebelle, rebelle...
Bob Marley

"L’autobiographie de Malcolm X" a été élu par le Times comme étant l'un des 10 essais les plus importants du 20e siècle.
Malcolm
X a été assassiné Le 21 février 1965... Plus "radical" que Martin
Luther King, Malcolm X est l'un des leaders noirs les plus importants
de l'histoire contemporaine.
« Tant que nous détestions l’Afrique, nous nous détestions
nous-mêmes. Tant que nous détestions les prétendues caractéristiques
africaines, nous détestions notre propre aspect. Et vous m’appelez le
prédicateur de la haine. Mais c’est vous qui avez appris au monde à
haïr une race toute entière et, maintenant vous avez l’audace de nous
reprocher de vous détester pour la simple raison que nous n’aimons pas
la corde que vous avez mis à notre cou.» Malcolm X.
Bio express :
Malcolm Little n'a que 6 ans lorsque son père est assassiné. Il est
ensuite arraché à sa famille par les services sociaux et placé dans une
famille d'accueil. A 15 ans, il se rend aux ghettos noirs de Boston
puis de Harlem où il vit de petits boulots et de trafics divers. En
1946, il est condamné à dix ans de prison pour cambriolage. Il y
rejoint la Nation of Islam -partisane de la création d'un état noir
indépendant sur le sol américain- et se convertit à l'islam. Libéré en
1952, il abandonne son nom d'esclave et devient Malcolm X. Devenu
pasteur, il se fait le porte-parole de l'idée de fierté et
d'auto-défense des Noirs et contribue au formidable essor de la NOI.
Mais peu à peu, il rompt avec la conception sectaire de la lutte de la
NOI -il en est d'ailleurs exclu- en comprenant la nécessité d'un combat
unitaire transcendant les barrières raciales et les frontières
étatiques. Aussi accepte-t-il l'aide extérieure des Blancs, de
s'associer à d'autres leaders et commence à jouer le rôle de pivot
entre les luttes anti-impérialistes d'autres pays tels Cuba et le
Congo. En 1964, il effectue son pélerinage à la Mecque et à son retour,
est tenu par les médias responsable de l'embrasement des ghettos. Se
sachant menacé, il meurt assassiné dans le temple de Harlem.
***Consultez le site Iphri net pour le commentaire du livre l'autobiographie de Malcolm X.
90 ans ce vendredi 18 juillet
Né
le 18 juillet 1918, Nelson Mandela fête aujourd’hui ses 90 ans. A cette
occasion Afrik.com revient sur l’histoire de ce grand homme à travers
deux vidéos de l’INA. De ses débuts en tant qu’avocat à son long séjour
en prison, jusqu’à sa libération et son élection à la présidence de
l’Afrique du Sud. Portrait en images d’un être d’exception.
 Nelson Mandela
Rolihlahla
Mandela est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, près d’Umtata dans le
Transkei, région située dans l’est de la province du Cap-Oriental.
Madiba, comme on le surnomme affectueusement, est le fils d’Henry
Mandela, le principal conseiller du chef du Thembuland. Après la mort
de son père, il devient pupille du chef afin d’être formé à la charge
héritée de son père.Très vite, le règlement des litiges qui sont
présentés à la cour et le glorieux passé de ses ancêtres dans la
défense des intérêts de leurs concitoyens détermineront son avenir.
C’est donc naturellement qu’il devient avocat, perpétuant ainsi le
combat de ses aînés. Dans la foulée, le jeune Mandela s’engage aussi en
politique. Il intègre en 1943 le Congrès national africain (ANC), le
mouvement qui deviendra celui de la défense des droits des Noirs
soumis, à partir de 1948, au régime ségrégationniste de l’Apartheid.
Son activisme lui vaudra 27 années d’emprisonnement à Robben Island.
Mais
les barreaux ne l’empêchent pas d’être au devant de la scène politique
nationale. En 1990, le président sud-africain Frederik de Klerk libère
Mandela. Les deux hommes partageront le prix Nobel de la Paix en 1993
pour leur action en faveur de fin de la ségrégation raciale en Afrique
du Sud. Elu président de l’ANC en 1991, Nelson Mandela devient en 1994,
l’année où l’Apartheid est officiellement aboli, le premier chef d’Etat
noir de son pays, le chef d’une Afrique du Sud ressuscitée. Son destin
de chef traditionnel du Thembuland s’est ainsi accompli au-delà des
frontières de son village et de son pays. Sa vie et son action sont
devenus un modèle pour la planète entière. Portrait de Nelson MandelaNelson
Mandela, chef historique de l’ANC, a été libéré cet après midi après 27
ans de prison. Rétrospective retraçant sa vie et sa lutte contre
l’Apartheid. Edition spéciale d’Antenne 2 (France 2) du 11 février
1990. Durée 10m15s Cliquez sur ce lien pour voir les 2 vidéos : http://www.afrik.com/article14822.html
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| SOUNDIATA KEITA FONDATEUR DE L ' EMPIRE DU MALI AU XIIeme siecle |
 Le
soleil en ce milieu d'après midi écrase encore de sa chaleur la petite
batisse de pisé qui fait office de salle de classe et s'etire sur le
terre plain de de sable . Un unique petit flamboyant jette une tache un
peu plus sombre sur le sol où sont assis en rond un petit groupe
d'écoliers Soma , les jambes repliées et entourées par ses bras
maigrichons, le menton posé sur ses genoux ,écoute avec attention le
récit que Abdoulaye l'instituteur vient de commencer , "ce sont les griots qui au fil du temps ont mené jusqu'à nous l'histoire de notre peuple . Savez
vous ce qu'est un griot ? Interroge l'instituteur en embrassant du
regard les enfants . Tous lèvent la main en même temps ,pointant leur
index vers le ciel , l' étirant le plus haut possible , et chacun
espère que c'est son prenom que va prononcer Abdoulaye , ce jeune homme
qui depuis le début de l'année passe de longues heures avec eux pour
leur apprendre les bases du savoir . Avec lui ils apprennent ce que
leurs parents ne sauraient leur enseigner , les choses essentielles
dans la vie d'aujourd'hui : lire ecrire compter mais aussi l'histoire
de leur pays.
Abdoulaye d'un mouvement de tête a choisi , et
Ahmed très fier prend la parole . Il se lève et d''une voix monocorde
dans laquelle transparait la crainte de se tromper il récite d'un trait
le texte bien appris : les griots sont les détenteurs de la parole du
chant et de la musique , on est griot de père en fils et chaque famille
noble a une famille de griots qui le suit à travers le temps pour en
raconter l'histoire.
Tu as raison réponds doucement
Abdoulaye joignant un large sourire à ses paroles ,et faisant un geste
pour lui demander de se rasseoir . On nait griot et les griots sont
liés par le sang . Peut etre connaissez vous le nom d'une personne
célèbre dans le monde et qui fait partie d'une famille de griots ?
Ajoute t'il en jetant un regard aux gamins Les petits doigts à
nouveau se lèvent . Mory Kanté répond d'une voix mal assurée une
adorable gamine qui, la reponse donnée ,se rasseoit aussitôt
précipitamment , comme si elle venait de faire quelque chose de mal .
Les filles sont en minorité dans la classe et il est toujours un peu
éprouvant de devoir prendre la parole devant les garçons qui sont si
moqueurs. Oui , tu as raison ...sa maman est du mali et son père de Guinée.
eh bien je vais aujourd'hui vous raconter l'histoire d'un enfant qui devenu adulte sera le fondateur de l'empire du mali . J'ai
choisi de ne pas rester dans la classe parce que le griot le plus
souvent s'installait sous l 'arbre du village pour y prendre la parole
et faire voyager à travers le temps ses auditeurs Il y a bien
longtemps vint au monde dans la ville de Niani le petit Soundiata keita
. Son père , le roi d'un petit royaume , lui offrit un griot qui allait
l'accompagner tout au long de sa vie et c'est grace à cette homme que
cette histoire nous est parvenue Normalement vous le savez
l'histoire des familles ne se perpétue que dans les familles auxquelles
elles appartiennent mais depuis quelques années nous apprenons nous
aussi , l'histoire des grands hommes . A cette époque donc , la
région d' Afrique où nous nous trouvons était constituée par une
multitude de petits royaumes que traversaient les grandes caravanes
menées par les musulmans , transportant de l'or de l'ivoire mais aussi
des hommes qui au hasard d'un combat perdu était devenu des esclaves au
lieu de continuer leur vie d'homme libre .
Soundiata vécu
quelques années auprès de son père avec le reste de sa famille mais la
première femme de son père craignant que l'enfant prit une place trop
importante dans les pensées de son époux se debrouilla pour que le roi
demande à son puiné (cela veut dire cadet) de quitter le royaume. Accompagné de sa mère c'est ce qu'il fit et après des mois d'errances il devint maître chasseur Nous sommes au XII eme siecle pour les chrétiens, et les commerçants arabes recherchent cette marchandise humaine si prisée . Dans
le pays manding des combats opposent cette multitude de chefferies qui
constitue la région . Soumaoro Kanté du royaume sosso faisait partie du
clan des forgerons , hostiles à Islam. IL profita de la mésentente de
ces petits rois pour les attaquer et les faire plier sous son joug ,
pendant 20ans les hommes acceptèrent bien malgré eux d'obéir à ce
terrible roi.... Mais un jour les choses changèrent , Soundiata
etait un adulte de 40 ans et si autrefois il était chétif et meme
boiteux les années, la volonté et peut etre aussi le devin , l'on
transformé et fait de lui un homme puissant par sa force et son
intelligence. Il parvint à rassembler autour de lui tous ces
petits villages qui n'en pouvaient plus et après forces combats
parvient à prendre le dessus .On raconte que Soumaoro Kanté , ce
mechant roi , se retrouva acculé au pied de la montagne et plutot que
de se rendre se transforma en pierre. Soudiata pendant plus de 30
ans permit à son royaume de faire une grande avancée , il développa le
commerce , introduisit le cotonnier , et implanta une solide
organisation ,il permit la coexistance pacifique entre Islam et
l'animisme dans son empire, qui , lorsqu'il mourru à l'age de 65 ans ,
s'étend de l'Atlantique au Moyen Niger et de la forêt au désert. Il
avait choisi pour capitale ,la ville de Niani où il était né....
La
voix de Abdoulaye s'eteint dans le silence de la cours d'école , mais
les enfants ont les yeux encore remplis par les combats qui ont opposé
le courageux Soundiata au méchant roi du clan des forgerons ...
VOUS SOUHAITEZ EN APPRENDRE PLUS SUR SOUNDIATA?
L'Epopée de Soundiata Keita
Konaté Dialiba
|
Alain
Joyandet, secrétaire d'Etat chargé de la coopération, veut "
accompagner l'Afrique qui entreprend ". Son prédécesseur, qui voulait "
en finir avec la Françafrique ", avait été écarté.
Finis les états d'âme sur le manque de démocratie ou la corruption en Afrique : la France doit " défendre ses parts de marché "
menacées par les pays émergents comme la Chine ou l'Inde. Le
discours-programme tenu par Alain Joyandet, nouveau secrétaire d'Etat
chargé de la coopération et de la francophonie, jeudi 19 juin à Paris,
marque un tournant vers la défense des intérêts économiques de la
France. Paris " va changer de cap " et " se repositionner sur le continent africain " pendant que sa politique de coopération va " changer de voilure ", a promis M. Joyandet. Sur un continent " où la croissance redémarre ", l'aide au développement économique, " meilleur vecteur de la démocratie ", va être privilégiée. Alain Joyandet
Il y a six mois, son prédécesseur, l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, avait fait sensation en déclarant vouloir " signer l'acte de décès de la Françafrique ",
dénonçant la dilapidation de l'aide de la France par certains potentats
africains. Les vigoureuses protestations des intéressés, notamment le
président gabonais Omar Bongo, avaient abouti, en mars, au remplacement
de M. Bockel par M. Joyandet, par ailleurs peu apprécié du ministre des
affaires étrangères, Bernard Kouchner.
En
trois mois, le nouveau secrétaire d'Etat a visité une vingtaine de
pays, principalement africains. Son tout premier voyage, en avril,
avait été réservé au chef de l'Etat gabonais, afin de " mettre fin à une ambiance pas très bonne ", s'est justifié, jeudi, M. Joyandet. A présent, il s'agit de " mettre fin à une certaine période de naïveté " et, " loin du discours compassionnel ", d'" accompagner l'Afrique qui marche, l'Afrique qui entreprend ". Parmi les " chantiers " annoncés, celui visant à " conforter l'audiovisuel extérieur " invite ainsi RFI, TV5 et France 24 à mieux couvrir " les bonnes nouvelles en provenance du continent ". Mais l'essentiel, pour le nouveau secrétaire d'Etat, est désormais d'" encourager l'initiative des acteurs économiques tant africains que français ". Alors
que les traditionnelles positions françaises sont affaiblies par le
recul drastique et déjà ancien des budgets de coopération, ainsi que
par les appétits asiatiques, M. Joyandet affirme que la France doit " réaffirmer ses ambitions ". " Sinon, le nouveau frémissement sera happé par nos concurrents ", prévient-il. Dans ce but, 1 milliard d'euros supplémentaires va être " engagé "
chaque année par l'Agence française de développement (AFD), soit une
augmentation de 25 %. Cette annonce, déjà partiellement faite par
Nicolas Sarkozy au Cap (Afrique du Sud), concerne pour la moitié la
distribution de prêts bonifiés à des " jeunes Africains qui veulent entreprendre chez eux ". Le
montant de ces prêts entrera dans le calcul de l'aide publique au
développement sans ponctionner le budget de l'Etat. La mesure doit
s'accompagner d'une réforme de l'AFD dont l'autonomie à l'égard des
choix de l'Etat est critiquée. Alain Joyandet souhaite aussi " relancer l'agriculture " et " valoriser le rôle des femmes dans l'économie ". Il a annoncé la " multiplication par trois " du nombre de volontaires français " sur le terrain " et une augmentation de la part de l'aide publique au développement transitant par les organisations non gouvernementales (ONG). La prestation du secrétaire d'Etat n'a pas convaincu l'ONG Oxfam France-Agir ici, qui reproche à Alain Joyandet de " n'envisager l'aide au développement qu'au service des intérêts de la France ". Il n'a pas prononcé le mot " pauvreté ", poursuit Oxfam, et " refuse le moindre effort budgétaire ", contrairement aux objectifs de l'ONU. Alors
que la France a réduit de 15 % son budget d'aide au développement en
2007, le secrétaire d'Etat a reconnu que le pays avait " du mal " à tenir ses engagements, mais en avait " la volonté ". Philippe Bernard
Note : Source : Le Monde daté du 21 Juin 2008 - Le 20 Juin 2008

Ce Dernier Roi d'Ecosse rime avec les titres que le dictateur
ougandais Amin Dada se donnait : "Conquérant de l'Empire britannique "
et " Seigneur de toutes les Bêtes de la Terre et des Poissons".
Idi
Amin Dada intrigue, déclenche l'hilarité, irrite, inquiète, terrorise.
Lorsqu'il offre au peuple britannique dans le besoin une cargaison de
bananes, il met les rieurs de son côté. Lorsqu'il séquestre un
ressortissant anglais et exige que la reine Elisabeth vienne humblement
lui mendier la liberté de son sujet, il fait grincer. Lorsque les corps
de ses adversaires politiques jetés aux crocodiles échouent en grappes
sur les rives du Nil, il fait frémir. Idi Amin Dada est un plaisantin
avec qui il vaut mieux ne pas trop plaisanter. Il prétend connaître la
date de sa mort et. en attendant, il trucide avec truculence quiconque
ose lui tenir tête. Selon la Commission Internationale des Juristes, il
a quelque 25 000 cadavres sur ce qui lui tient lieu de conscience. En
expulsant du jour au lendemain les Indous et les Européens, il a plongé
dans un chaos inimaginable l'économie florissante de l'Ouganda, que
Winston Churchill appelait la « perle de l'Afrique.
Oscar de meilleur acteur pour Forest Whitaker, même si le fils de l'ancien dictateur lui reproche certains détails.
2 critiques...
Quelle performance de Forest Whitaker ! Sa performance est tout
bonnement irréprochable - l'accent africain y compris pour ceux qui
verront ce film en VO. C'est avec une grande aisance qu'il parvient à
incarner un Idi Amin jovial et sympathique avant de vous faire froid
dans le dos l'instant suivant. Le scénario signé Peter Morgan ne laisse
la place à aucun temps mort et le réalisateur parvient à transmettre au
spectateur le stress et le malaise qu'éprouve le personnage de James
McAvoy, lui aussi très bon. Un très bon film qui ne pourra vous laisser
indifférent aux atrocités commises par Idi Amin ni au talent de Forest
Whitaker. Ne passez pas à côté !
Le dernier roi d'Ecosse, film de Kevin Macdonald, s'intéresse à la
dictature d'Idi Amin Dada en Ouganda au début des années 70. Ce film
malheureusement inspiré de faits réels. Le dernier roi d'Ecossedébute
par l'histoire d'un jeune médecin écossais fictif, qui se rend en
Ouganda un peu par hasard puis s'engage une mission humanitaire et qui
se retrouve en fait dans le sillage et dans l'entourage d'Idi Amin
Dada, il en devient même son médecin personnel. La réalisation, la mise
en scène, la reconstitution de l'époque sont trés biens ce qui doit
surement venir du fait que Kevin Macdonald, le réalisateur, a débuté
dans le documentaire. Le scénario mélange habilement fiction et
réalité. D'un coté, il y a l'histoire de Nicholas totalement fictive et
de l'autre coté on nous montre les premiers temps d'une dictature qui
durera huit ans. Au delà de la peinture de la dictature, le récit pose
les questions de la fidélité, de l'amité, de la loyauté, de la
confiance à l'image de ce que dit Amin Dada à propos de Nicholas, qu'il
est la personne en qui il a le plus confiance et de l'autre coté, il y
a le thème de la manipulation qui tient une place trés importante. Le
film doit également beaucoup à l'énorme prestation d'un Forest Whitaker
en grande forme. Il incarne parfaitement cet homme à la fois leader
charismatique et cruel dictateur. L'acteur est sensationnel dans ce
rôle d'assassin cruel, de démagogue égocentrique mais pourtant charmeur
et aussi souvent puéril. Rôle qui a été récompensé d'un Golden Globe
del'oscar d'un meilleur acteur. Le jeune médecin du tyran Nicholas
Garrigan qui se place en témoin de l'Histoire est interprété par un
James Mcavoy trés convaincant qui tient là son meilleur rôle. A leurs
cotés, nous retrouvons la trop rare Gillian Anderson dans le rôle d'une
humanitaire et Kerry Washington dans le rôle d'une femme d'Idi Amin
Dada. Trés bon film, à voir n'est ce pas jah !
De la Françafrique à la mafiafrique
François-Xavier Verschave
"Qu'est-ce
que c'est que cette histoire de Françafrique ? D'où ça vient ? Et
comment le peuple français a-t-il été roulé dans cette affaire ?
De la Françafrique à la mafiafrique François-Xavier Verschave
La politique franco-africaine, autrement appelée Francafrique, est
extrêmement nocive.
Après la proclamation de l'indépendance des anciennes colonies
françaises d'Afrique, des réseaux politiciens ont assuré la continuité
du pillage du continent noir au profit notamment des hommes de pouvoir
en France en placant des dictateurs corrompus à la tête des Etats
nouvellement indépendants.
Ce texte, retranscription d'une conférence donnée fin 2003, nous
propose de survoler les rouages de la Françafrique et ses dérives
mafieuses
--et nous propose quelques pistes pour de nouveaux rapports avec les
peuples du tiers monde en approfondissant la dénloeratïë à l'échelle
planétaire.
François-Xavier Verschave (1945-2005) a présidé, les dix dernières années de sa vie,
l'association Survie qui milite, entre autres, sur les questions de relations franco-africaines et de bien publics mondiaux.
Auteur et co-auteur d’une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels :
Nord-Sud : De l’aide au contrat. Pour un développement équitable
(1991); Noir silence (2000); De la Françafrique à la Mafiafrique
(2004); Au mépris des peuples : Le néocolonialisme franco-africain
(2004); Négrophobie, réponse aux « Négrologues », journalistes
françafricains et autres falsificateurs de l’information (2005);
l’écrivain militant reverse l’intégralité de ses droits à l’association
SURVIE.
François-Xavier Verschave meurt le 29 juin 2005 sans jamais avoir dérogé à ses principes d’humanité.
repose en paix François.
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